Eu­rope : élites et peuples en op­po­si­tion

La Montagne (Vichy) - - Vichy Vivre Sa Ville - Sté­pha­nie Mé­na ste­pha­nie.me­na@cen­tre­france.com ➔ Pra­tique. Cours de Gé­rard Nau­dy sur les en­jeux des élec­tions eu­ro­péennes de 18 h 15 à 19 h 45, à l’Uni­ver­si­té po­pu­laire de Vi­chy, 18 rue du 4-Sep­tembre, et mer­cre­di 5 dé­cembre, mêmes ho­raires et lieux. Ad

Les élec­tions eu­ro­péennes des 23 et 26 mai 2019 se­ront les pre­mières de­puis la crise mi­gra­toire et le Brexit. Ces évé­ne­ments ont bou­le­ver­sé nos fa­çons de pen­ser, par­tout en Eu­rope, ex­plique Gé­rard Nau­dy, pro­fes­seur d’his­toire-géo­gra­phie au ly­cée de Mou­lins qui vient don­ner une confé­rence sur ce thème à Vi­chy, la se­maine pro­chaine.

Les Fran­çais vo­te­ront­ils aux pro­chaines élec­tions eu­ro­péennes ? Gé­rard Nau­dy es­père que l’abs­ten­tion se­ra moins forte qu’en 2014 (56 %).

« La crise mi­gra­toire, les consé­quences de la crise fi­nan­cière de 2008 et le ter­ro­risme ont ré­veillé les gens, leur peur et leur ré­sis­tance, dans toute l’Eu­rope. Mais il se­rait stu­pide de faire de ces élec­tions un ré­fé­ren­dum pour ou contre l’Eu­rope. L’idée, c’est comment ? J’es­père qu’il y au­ra des dé­bats. »

Les na­tio­na­lismes mon­tants dans chaque pays, na­tio­na­lismes de droite ou de gauche, s’ex­pri­me­ront sans doute, es­time le pro­fes­seur. « L’idéo­lo­gie de la mon­dia­li­sa­tion est do­mi­ nante mais elle n’est pas ma­jo­ri­taire ». Ces élec­tions se­ront aus­si l’oc­ca­sion pour les par­tis fran­çais d’es­ti­mer leurs forces, l’avè­ne­ment de LERM ayant re­bat­tu les cartes.

« Chaque pays fait la po­li­tique de sa géo­gra­phie. Par exemple, la Hon­grie long­temps sous le joug de l’em­pire des Habs­bourg puis de l’URSS, est at­ta­chée à sa sou­ve­rai­ne­té. Les Hon­grois ne sont pas prêts à se fondre dans la mon­dia­li­sa­tion. Pour­tant, ils sont très eu­ro­péens. Quand ils ont in­té­gré l’Union en 2004, il y avait de grandes ma­ni­fes­ta­tions de joie. Que s’est­il pas­sé en 10 ans ? Ils se sont ren­du compte que les pro­messes de paix et de pros­pé­ri­té sont res­tées vaines : la guerre en Ukraine, le chô­mage en­dé­mique… En Ita­lie, la si­tua­tion est si­mi­laire : les Ita­liens ne sont pas contre l’Eu­rope mais ils n’ont pas ai­mé être lais­sés seuls face aux mi­grants. Il s’agit de ré­for­mer. D’après moi, il faut re­ve­nir à la vi­sion gaul­lienne de l’Eu­rope, moins d’union, de la plu­ra­li­té, des pro­jets eu­ro­péens concrets. Nous nous sommes amé­ri­ca­ni­sés. Nous pen­sons “es­pace” mais l’Eu­rope s’est construite avec des “mes­sages”. Nous sommes des peuples, des cul­tures, des ter­ri­toires… Cette réa­li­té rat­trape les élites. Mais ces sen­ti­ments na­tio­na­listes ne sont pas for­cé­ment né­ga­tifs. Faire ré­fé­rence au pas­sé n’em­pêche l’éclo­sion de nou­veau­tés. Re­gar­dez la Re­nais­sance fai­sait sans cesse ré­fé­rence à l’An­ti­qui­té. » ■

« L’idéo­lo­gie de la mon­dia­li­sa­tion est do­mi­nante, pas ma­jo­ri­taire »

mer­cre­di 13 no­vembre,

PROF. Gé­rard Nau­dy.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.