Paim­pol : Le col­lège pu­blic dé­jà à l’étroit dans ses murs

Le col­lège Chombart de Lauwe manque-t-il de place ? Avec une classe en plus cette an­née et des ef­fec­tifs qui grimpent, les pa­rents d’élèves évoquent un éta­blis­se­ment trop à l’étroit dans ses murs.

La Presse d'Armor - - LA UNE - A. Guille­mot

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C’est par un cour­rier adres­sé au rec­to­rat, à l’ins­pec­tion aca­dé­mique ain­si qu’au Dé­par­te­ment que l’as­so­cia­tion lo­cale des pa­rents d’élèves des col­lège et ly­cée pu­blics (FCPE) en­tend aler­ter sur la si­tua­tion de trop­plein que connaît au­jourd’hui le col­lège Ma­rie-Jo­sé Chombart de Lauwe.

Un cour­rier qui se­ra ap­puyé par la fé­dé­ra­tion dé­par­te­men­tale et qui en­tend sou­te­nir la dé­marche en­tre­prise, en pa­ral­lèle, par la di­rec­tion de l’éta­blis­se­ment au­près du Con­seil dé­par­te­men­tal.

« Comme une vague »

« La pro­blé­ma­tique d’exi­guï­té des es­paces de cir­cu­la­tion des élèves peut abou­tir de ma­nière ré­cur­rente à des ac­ci­dents », a dé­non­cé la FCPE, il y a quelques jours lors de son as­sem­blée gé­né­rale.

Au quo­ti­dien, lors des chan­ge­ments de salle, c’est une vraie co­hue qui se forme dans les cou­loirs du bâ­ti­ment prin­ci­pal où se trouve la ma­jo­ri­té des salles de classe. « Comme une vague d’élèves dans la­quelle il est im­pos­sible de faire marche ar­rière, » sou­ligne Ma­rie Tour­ne­mine, la pré­si­dente de la FCPE.

Les pa­rents pré­sents à l’as­sem­blée gé­né­rale n’ont pas ca­ché leur mé­con­ten­te­ment suite à des in­ci­dents pro­vo­qués par des bous­cu­lades. « Cer­tains pro­fes­seurs font même ren­trer dans leur salle des élèves qui ne font pas par­tis de leur classe, le temps des chan­ge­ments de cours, juste pour désen­gor­ger les cou­loirs…»

Si l’exi­guï­té des lo­caux n’est pas nou­velle en soi, le « pro­blème se pose de fa­çon plus pré­gnante avec l’aug­men­ta­tion des ef­fec­tifs chaque an­née » sou­ligne la FCPE.

Manque de salles

Et ce­la s’ajoute à ce­lui du manque de salles : « Il n’y a ja­mais eu de foyer au col­lège de­puis la fu­sion. Il n’y a pas de salles dis­po­nibles, par exemple, pour les élèves qui dis­posent d’un PAP (plan d’ac­com­pa­gne­ment per­son­na­li­sé) et qui bé­né­fi­cient d’un tiers-temps pour leurs contrôles…»

Pas de cui­sine pé­da­go­gique non plus pour les élèves de Sec­pa qui sont obli­gés de se rendre au ly­cée de Ker­raoul pour suivre ces cours. « Les tra­jets se font sur les heures de cours avec un seul pro­fes­seur pour les ac­com­pa­gner. Que se pas­set-il si un élève est ma­lade et qu’il faut le ra­me­ner au col­lège ? ». Les cré­neaux ho­raires li­bé­rés par le ly­cée Ker­raoul li­mitent la sou­plesse et ne per­mettent pas de jon­gler avec les em­plois du temps lors­qu’il y a des ab­sences…

Tous ces su­jets liés au manque d’es­pace ont été, à nou­veau, évo­qués lors du con­seil d’ad­mi­nis­tra­tion du col­lège, il y a quinze jours.

24 classes maxi

De 546 élèves à la ren­trée 2011, an­née de la fu­sion, on est pas­sé à 565 en 2017. Certes, ce­la ne pa­raît pas énorme. Mais le col­lège a aus­si connu cette an­née plu­sieurs dé­parts de qua­trième pour des ré­orien­ta­tions. « C’est plu­tôt ex­cep­tion­nel, ex­plique Ma­rie Tour­ne­mine, la pré­si­dente des pa­rents d’élèves. S’il n’y avait pas eu ces dé­parts, le pro­blème se­rait en­core plus criant car on ne se­rait pas loin des 600 col­lé­giens…»

Avec l’aug­men­ta­tion des ef­fec­tifs, l’éta­blis­se­ment est aus­si pas­sé de 23 à 24 classes à la ren­trée. Et c’est ce nombre qui se­rait plus dif­fi­cile à gé­rer se­lon la prin­ci­pale Fran­çoise Corf­dir. La res­pon­sable de l’éta­blis­se­ment, ar­ri­vée à Paim­pol de­puis deux ans, évoque la pro­blé­ma­tique tous les ans au­près de l’au­to­ri­té aca­dé­mique et du Dé­par­te­ment, ges­tion­naire des col­lèges.

L’amé­na­ge­ment du troi­sième étage du se­cond bâ­ti­ment (ce­lui avec le pôle ad­mi­nis­tra­tif en rezde-chaus­sée) est ain­si sug­gé­ré comme le moyen d’ou­vrir deux à trois classes sup­plé­men­taires qui don­ne­raient un peu d’air à l’éta­blis­se­ment.

Mais la re­quête est res­tée jus­qu’ici lettre morte, re­grettent les pa­rents d’élèves qui ont dé­ci­dé de faire en­tendre leur voix.

En 2011, les deux col­lèges pu­blics ont fu­sion­né sur le site de Lan­vi­gnec après un ré­amé­na­ge­ment de 800 000 € et la fer­me­ture de Goas Plat.

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