Une ma­chine à écos­ser à l’étude

La Presse d'Armor - - KÊR PEMPOULL - M. Lel­chat

Après une sai­son 2017 à la fois com­pli­quée et ré­mu­né­ra­trice, le co­co de Paim­pol re­bon­dit. Les pro­duc­teurs étu­dient la pos­si­bi­li­té de l’écos­ser avant de le com­mer­cia­li­ser.

L’an­née 2017 s’an­non­çait com­pli­quée pour le co­co de Paim­pol avec la com­plexi­fi­ca­tion ad­mi­nis­tra­tive de la ré­mu­né­ra­tion des sai­son­niers. « On a écar­té les pe­tits ra­mas­seurs, ceux qui touchent le RSA ; c’est un pro­blème so­cial et so­cio-cultu­rel ; pour cer­tains c’était la pre­mière marche pour ren­trer dans le monde lé­gu­mier, on les re­trou­vait en­suite dans nos serres » a re­gret­té le pré­sident de l’UCPT, Gil­bert Brou­der.

Ef­forts re­con­nus

Le 25 jan­vier, une réunion a eu lieu entre les ser­vices de contrôle de l’Etat (DIRECCTE) et les syn­di­cats. « Les syn­di­cats et l’ad­mi­nis­tra­tion re­con­naissent que les pro­duc­teurs ont fait des ef­forts ; quelques ponts de sou­plesse ont été re­te­nus comme la ges­tion ad­mi­nis­tra­tive des ab­sences ».

Prix sa­tis­fai­sants

Au fi­nal, la sai­son 2017, très com­plexe en termes ad­mi­nis­tra­tifs, s’est ré­vé­lée sa­tis­fai­sante en ma­tière de pro­duc­tion.

Le nombre de pro­duc­teurs est en di­mi­nu­tion mais c’est une ten­dance ob­ser­vée de­puis quelques an­nées. Ils étaient 393 en 2007, ils ont chu­té ré­gu­liè­re­ment pour at­teindre le nombre de 201 en 2017 (-13 % par rap­port à l’an­née pré­cé­dente).

Mal­gré une chute des sur­faces se­mées (moins de 800 ha contre 1 000 en 2016), les ren­de­ments sont en forte hausse avec une moyenne de 7,79 tonnes à l’hec­tare et une pro­duc­tion glo­bale de 5 842 tonnes.

C’est la sta­tion Bro Dre­ger (Cam­lez) qui a four­ni la moi­tié des ap­ports, sui­vie de celle de Paim­pol (18 %).

Cô­té ré­mu­né­ra­tion, moins de sur­pro­duc­tion et des ren­de­ments éta­lés ont per­mis une an­née sa­tis­fai­sante avec un prix moyen de 1, 45 € le kg.

Suite aux nou­velles contraintes ad­mi­nis­tra­tives qui pèsent sur l’em­bauche des sai­son­niers, l’UCPT a tra­vaillé sur une pos­sible mé­ca­ni­sa­tion de

la ré­colte. Une élève in­gé­nieur a pro­cé­dé à des tests avec une ma­chine des­ti­née aux ha­ri­cots verts.

Pour l’ins­tant, les es­sais

s’avèrent peu sa­tis­fai­sants. « Il fau­dra mettre au point une va­rié­té plus adap­tée au ra­mas­sage mé­ca­nique, c’est un tra­vail de plu­sieurs an­nées, ré­col­ter à la ma­chine, ce n’est pas pour de­main » a ré­su­mé Hu­bert Ja­cob. Ce qui, en re­vanche, est peu­têtre pour de­main, c’est l’écos­sage au­to­ma­tique. Un pro­to­type de ma­chine se­ra à l’étude en 2018.

Sur­gé­la­tion

L’Union co­opé­ra­tive veut va­lo­ri­ser le pro­duit fi­ni, en lien avec les nou­velles pra­tiques des consom­ma­teurs tou­jours plus pres­sés et de plus en plus ten­tés par les pro­duits de qua­li­té.

Dé­jà, un trans­for­ma­teur paim­po­lais est en contrat pour des plats pré­pa­rés mais les pro­duc­teurs veulent gar­der la main­mise sur le pro­duit fi­ni. La piste de la sur­gé­la­tion est étu­diée. « Nous al­lons es­sayer d’avoir une AOC sur le pro­duit sur­ge­lé, des contacts sont pris avec l’INAO » a in­di­qué Hu­bert Ja­cob, dé­sor­mais am­bas­sa­deur du co­co au­près de l’Ins­ti­tut. Des in­dus­triels se­raient in­té­res­sés.

« Ré­col­ter à la ma­chine, ce n’est pas pour de­main »

Au­tour de Gé­rard Le Meur, pré­sident du syn­di­cat du co­co de Paim­pol, et Hu­bert Ja­cob, vice-pré­sident de l’UCPT, les pro­duc­teurs mais aus­si les élus ont as­sis­té à l’as­sem­blée gé­né­rale du syn­di­cat de cette pro­duc­tion haut de gamme.

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