Pe­tites com­munes : « On vit et on a des idées ! »

Maire de Tréméven de­puis 1995, Chan­tal De­lu­gin est une ar­dente avo­cate des pe­tites com­munes. Si elles se sentent un peu ou­bliées au sein de Leff Ar­mor Com­mu­nau­té, elles doivent dé­fendre leurs atouts dans les pos­sibles fu­sions à ve­nir.

La Presse d'Armor - - COMMUNAUTÉ DE LANVOLLON-PLOUHA -

C’est votre 4e man­dat de maire, comment a évo­lué la fonc­tion dans une pe­tite com­mune comme Tréméven ?

Pour moi les choses ne sont pas dif­fé­rentes des dé­buts sauf, peut-être, cette no­tion de droit dans les dos­siers qui est de plus en plus im­por­tante. Sans être pro­cé­du­rière, il est bon d’avoir ces no­tions pour être maire car on ne peut pas tou­jours dire oui à tout. J’ai ap­pris sur le tas et mon es­prit car­té­sien fait bien la dif­fé­rence entre droit pri­vé et droit pu­blic. On est de plus en plus sol­li­ci­té sur les af­faires pri­vées et on peut orien­ter les gens mais il faut être im­par­tial. Le maire doit avoir une dis­po­ni­bi­li­té au­près de ses ad­mi­nis­trés. Les gens savent que je suis abor­dable et au fil des an­nées, on ca­pi­ta­lise des connais­sances, un ré­seau qui per­met d’être ré­ac­tif. C’est bien quand on peut ai­der les gens.

Tréméven n’a plus d’école, un seul com­merce à StJacques, comment main­te­nir mal­gré tout une vie com­mu­nale ?

Le plus dif­fi­cile, c’est la fer­me­ture de l’école, car elle crée des liens de voi­si­nage et d’ami­tié entre les ha­bi­tants. Pour le com­merce, c’est moins un pro­blème car nous sommes très bien pla­cés en bor­dure de la RD7 avec un ac­cès fa­ci­li­té sur Lan­vol­lon, Paim­pol ou Saint-Brieuc. Mal­gré tout, la vie as­so­cia­tive est riche et ori­gi­nale, c’est ce­la notre ADN par­ti­cu­lier. Il y a de jeunes pa­rents in­ves­tis dans le co­mi­té d’ani­ma­tion, les Veillées du 22 _ dont on va fê­ter la cen­tième en mai _ sont ani­mées par une bande de co­pains ; il y a les Joutes de Saint-Jacques, une autre équipe de joyeux, le co­mi­té pa­rois­sial, les chas­seurs et les Amis de la cha­pelle StJacques. Toute la po­pu­la­tion, de près ou de loin, fait par­tie des Amis de la cha­pelle et on se re­trouve tous au par­don, tout le monde passe !

Toutes ces as­so­cia­tions ont mon sou­tien car on est com­plé­men­taire. Elles font des choses que je ne suis pas ca­pable de faire.

Les nou­velles com­munes peuvent-elles pal­lier le manque de ser­vices des pe­tites com­munes ?

C’est le su­jet du mo­ment, car les pe­tites com­munes de moins de 500 ha­bi­tants (339 pour Tré­me­ven. Ndlr) ont du mal à avoir une re­pré­sen­ta­ti­vi­té. Je suis fa­vo­rable aux fu­sions mais en com­plé­men­ta­ri­té. Les pe­tites com­munes ne portent pas le mal­heur du monde et la fu­sion ne doit pas être un co­pier-col­ler. On a des idées, on en­tre­prend des choses, on a des fi­nances qui sont saines et on a des en­fants.

En 2000, quand on a per­du notre RPI, les trois maires n’ont pas su s’or­ga­ni­ser en termes de gar­de­rie, de ra­mas­sage sco­laire… Pour­tant, on sen­tait que ce­la bou­geait au ni­veau des tran­sac­tions im­mo­bi­lières et que de nou­veaux ha­bi­tants al­laient ar­ri­ver.

Au­jourd’hui, notre an­cien RPI compte 200 en­fants ré­par­tis sur 9 écoles pu­bliques et pri­vées des com­munes alen­tour : 92 en­fants de Pludual, 72 de Gom­me­nec’h et 45 de Tréméven. Notre po­pu­la­tion stagne mais on a un re­nou­vel­le­ment et un ra­jeu­nis­se­ment. C’est ce­la qu’on peut ap­por­ter. Une com­mune nou­velle ne doit pas être une ab­sorp­tion avec un re­gard mé­pri­sant pour les plus pe­tits. On vit et on a de beaux pro­jets.

« La vie as­so­cia­tive, riche et ori­gi­nale, c’est notre ADN »

L’amé­na­ge­ment de SaintJacques a été le gros dos­sier de la pre­mière par­tie du man­dat, quel se­ra le pro­chain chan­tier ?

On a bien avan­cé grâce au CAUE (con­seil en ar­chi­tec­ture et urbanisme) sur le pro­jet de salle des fêtes. On part sur une ex­ten­sion simple des lo­caux de l’an­cienne école et nous al­lons main­te­nant vi­si­ter d’autres équi­pe­ments équi­va­lents en mi­lieu ru­ral. La jauge se­ra de 150 places avec, en plus, une salle as­so­cia­tive. L’équi­pe­ment se­ra adap­té et ou­vert aux re­pas fa­mi­liaux avec une cui­sine de ré­chauffe. Ce se­ra un lieu sym­pa et agréable, gra­tuit pour les as­so­cia­tions. Le bud­get est mo­deste : 500 000 € avec 50 % de sub­ven­tions. De­puis l’an de­nier, nous avons un bud­get axé sur l’éco­no­mie afin de dé­ga­ger des fonds propres. Et compte te­nu de l’ex­tinc­tion de la dette, on pour­ra à nou­veau em­prun­ter.

Vous re­non­cez donc à l’an­cienne école ?

L’an­cienne salle des fêtes est vé­tuste et un gouffre fi­nan­cier en termes de chauf­fage. Nous n’avions rien fait de notre école car on ne vou­lait pas que ce­la de­vienne des lo­ge­ments. On tire un trait sur l’école au­jourd’hui, mais pour un pro­jet qui se­ra un lieu de vie pour tous, ce­la a du sens. Les an­ciens lo­caux vont être ré­no­vés avec une ex­ten­sion sur le par­king à l’ar­rière. On pro­tège ain­si les ri­ve­rains et la li­si­bi­li­té. En plus des salles, il y au­ra un hall d’en­trée et des lo­caux tech­niques.

Vous n’avez pas de pro­jet de lo­tis­se­ment ?

Nous avons du ter­rain d’ac­cès fa­cile, idéa­le­ment pla­cé pour un tel pro­jet, ce se­ra à mettre dans la fu­ture cor­beille de la ma­riée.

Que de­vient le dé­ver­soir de Saint-Jacques ?

C’est le sta­tu quo pour l’ins­tant. Un ara­se­ment avec un amé­na­ge­ment de qua­li­té pour l’en­semble du site, pour­quoi pas ? Saint-Jacques a un fort po­ten­tiel en ma­tière de tou­risme, en ma­tière de ran­don­née, d’école de pêche… Il y a des choses à faire, mais là aus­si, c’est à mettre dans la cor­beille de la ma­riée.

Se­rez-vous can­di­date en 2020 ?

Non, je ne me re­pré­sen­te­rai pas. À 66 ans, il est temps que je passe plus de temps avec ma fa­mille.

Salle des fêtes : « un pro­jet qui a du sens »

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