L’OLB confirme son regain de forme en ProB

Les Or­léa­nais ont pas­sé cent points à Saint­Cha­mond hier.

La République du Centre (Dimanche) - - LA UNE - Mu­riel Min­gau twit­ter : @mmin­gau

L

es ro­ckeuses ont ap­por­té au rock au­tant que les ro­ckeurs. Leur vouer une pièce l’af­firme haut et clair, ce qui entre en ré­so­nance avec l’ac­tuel re­tour du fé­mi­nisme.

Quelle ré­flexion ce­la vous ins­pire-t-il sur la danse et l’ar­tiste dans sa so­cié­té ? Voi­ci deux ans, après My

Rock, la ques­tion de lui don­ner un se­cond vo­let s’est po­sée. L’idée m’est ve­nue de m’in­té­res­ser aux femmes du rock, dé­lais­sées, ou­bliées. Un beau su­jet. Au­jourd’hui, le spec­tacle re­joint l’ac­tua­li­té, mal­gré moi, car au dé­part seul le rock m’a gui­dé. La poé­sie est vi­sion­naire. Sa vi­sion est au­de­là du po­li­tique, du so­cial mais, tout à coup, le réel la re­joint.

Vos ro­ckeuses ne font pas du pur rock. Qu’est-il pour vous ?

Une ma­nière de vivre, de pen­ser, une gé­né­ra­tion, une culture, qui s’est élar­gie. Rock est de­ve­nu un mot­va­lise évo­quant des dé­marches dif­fé­rentes, osées, dé­ca­lées par rap­port aux normes. Le rock est un état d’es­prit. Ado­les­cent, j’ai vé­cu cet idéal avec force car j’avais un ami ro­ckeur et nous étions tou­jours en­semble. Le rock vous don­nait-il dé­jà des en­vies de danse ? Pas au sens cho­ré­gra­phi­ que, plu­tôt en­vie de bou­ger car c’est une pul­sion. En re­vanche, il per­met­tait d’échap­per au mal­être, à l’en­nui, à la ques­tion de sa­voir ce qu’on al­lait faire de sa vie. Avec cette mu­sique, on se te­nait chaud.

Pour­quoi évo­quer aus­si dans La­dies rock, l’an­dro­gy­nie, le trans­genre ?

Ce­la fait par­tie du rock. Mike Jag­ger, Bo­wie… Ce peut être po­li­tique ou juste une li­ber­té joueuse de l’en­fance. Nous l’évo­quons par touches avec les dan­seurs.

My Rock et My La­dies Rock ont-ils été une fa­çon de re­trou­ver une époque de grande li­ber­té dans un monde plus li­ber­ti­cide ?

Ils sont sur­tout nés d’une en­vie de rendre hom­mage à la fois à Cun­nin­gham et au rock. Merce Cun­nin­gham, mon maître spi­ri­tuel, a créé sa com­pa­gnie alors qu’El­vis Pres­ley lan­çait l’his­toire du rock. Or ils ne se sont ja­mais ren­con­trés. Il est vrai que le rock a contri­bué à ex­pri­mer un dé­sir poé­tique de chan­ger la so­cié­té. Mais j’ai créé ces pièces sur­tout pour re­ve­nir sur son his­toire et non pour po­ser un re­gard sur au­jourd’hui.

Vous créez vos danses dans le si­lence. Ces pièces aus­si ?

Plus que ja­mais ! J’ai com­po­sé toutes les cho­ré­gra­phies dans le si­lence, comme le fai­sait Cun­nin­gham. Puis j’ai in­vi­té ro­ckeurs et ro­ckeuses. Je pense aus­si qu’un cho­ré­graphe est un au­teur. J’ai be­soin du si­lence pour po­ser mon écri­ture, mes gestes. Quest-ce que la danse pour vous ?

Dans ma jeu­nesse, après la mu­sique, le théâtre, la pein­ture, la danse s’est im­po­sée car elle est pre­mière, na­tu­relle. Elle était aus­si peu consi­dé­rée. Ce­la m’a plu de m’em­pa­rer de cet art dé­lais­sé. Je me suis dit qu’avec la danse, j’al­lais faire toutes les ren­contres pos­sibles dans la so­cié­té. Dan­ser dans la rue, un ga­rage, un théâtre. Faire dan­ser des jeunes, des vieux, des pe­tits, des gros. Po­li­ti­que­ment, c’était af­fir­mer : on peut dan­ser par­tout et faire dan­ser tout le monde. En tout lieu, le corps, simple, peut de­ve­nir le moyen d’échan­ger avec l’autre.

Dans les an­nées 1980, vous avez contri­bué à créer La Nou­velle Danse Fran­çaise. Votre re­gard sur la danse contem­po­raine au­jourd’hui ? Elle a ou­vert qua­si­ment toutes les portes. Pour nous, ce fut à la fois joyeux et dif­fi­cile car il fal­lait les ou­vrir. Ca grin­çait. Il fal­lait ex­pli­quer. Le pu­blic pou­vait être cho­qué alors que nous ne vou­lions pas cho­quer mais être créa­tifs. La nu­di­té, la non­danse par exemple ont se­coué. Au­jourd’hui, on peut au­tant ap­pré­cier un re­tour du clas­sique qu’une pièce de non­danse. Cette ou­ver­ture est une grande ri­chesse.

La poé­sie est vi­sion­naire “Ses La­dies Rock Wan­da Jack­son, Ma­rianne Fai­th­full, Joan Baez, Ni­co, Ja­nis Jo­plin, Ni­na Ha­gen, Pat­ti Smith, Ti­na Tur­ner, etc.

JEAN-CLAUDE GAL­LOT­TA. Pré­sente évo­luent sur les airs de ses ro­ckeuses pré­fé­rées. My La­dies Rock, une pièce pour 11 dan­seurs et dan­seuses qui PHO­TO AR­CHIVES STÉ­PHA­NIE PA­RA

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