Les chromes roulent des mé­ca­niques

La République du Centre (Dimanche) - - LA UNE - Phi­lippe Re­naud phi­lippe.re­naud@cen­tre­france.com

OR­LÉANS. Le Parc Ex­po ac­cueille, jus­qu’à ce soir, 317 vé­hi­cules an­ciens ap­par­te­nant, pour l’es­sen­tiel, à des pas­sion­nés et à des col­lec­tion­neurs loi­ré­tains.

EX­PO­SI­TION. Cet évé­ne­ment s’ins­crit dans le cadre du sa­lon des an­ti­qui­tés qui s’ouvre, pour la pre­mière fois, aux voi­tures du siècle der­nier.

Dans le cadre du sa­lon des an­ti­qui­tés d’Or­léans, le Parc-ex­po ac­cueille, jus­qu’à ce soir, plus de 300 vé­hi­cules res­tau­rés par des col­lec­tion­neurs pas­sion­nés, pour la plu­part is­sus du Loi­ret. L’oc­ca­sion de re­plon­ger dans un pas­sé ré­vo­lu. Et d’ad­mi­rer des voi­tures dont on a, pour cer­taines d’entre elles, ou­blié jus­qu’à la marque. Un voyage que l’on ef­fec­tue avec des yeux de ga­min. I

ls dé­am­bulent dans les al­lées du Parc­ex­po avec des re­gards d’en­fants. La plu­part ont pas­sé l’âge de jouer aux pe­tites voi­tures. Mais les vé­hi­cules d’un autre âge conti­nuent de les fas­ci­ner.

Ici, une belle Amé­ri­caine dé­fie le vi­si­teur de son ca­pot vo­lu­mi­neux et ar­ro­gant. Là, une frêle Ju­va­quatre plonge les plus an­ciens dans un pas­sé où les sou­ve­nirs se bous­culent.

Jus­qu’à ce soir, dans le cadre du sa­lon des an­ti­qui­tés, le Par­cex­po d’Or­léans abrite 317 vé­hi­cules d’un autre âge. À neuf ex­cep­tions près, toutes ces voi­tures ont été res­tau­rées par des col­lec­tion­neurs loi­ré­tains. 1.200 construc­teurs

Jean­Paul Im­bault est l’un de ceux­là. Il est pro­prié­taire de plu­sieurs voi­tures, dont une C4 G de 1932, qu’il a re­mise en état en moins d’un an. Grâce à l’achar­ne­ment d’une poi­gnée d’amis et après avoir frap­pé à la porte d’une cin­quan­taine de four­nis­seurs de pièces dé­ta­chées, ré­par­tis sur treize dé­par­te­ments. En plus d’être pas­sion­né, l’homme est un conteur in­ta­ris­sable.

On l’écou­te­rait des heures nar­rer des anec­dotes sur le pe­tit monde de l’au­to­mo­bile. « Avant 1929, on comp­tait 1.200 construc­teurs en France. Au­jourd’hui, il n’y en a plus que trois », se dé­sole Jean­Paul Im­bault, à l’ori­gine de cette ma­ni­fes­ta­tion.

Au dé­tour d’une al­lée, il dé­signe un vé­hi­cule C4 uti­li­taire de 1930, sem­blant tout droit sor­ti d’usine. « Il a ap­par­te­nu à un ma­raî­cher qui ne l’a uti­li­sé, des an­nées du­rant, que pour ef­fec­tuer le tra­jet entre Saint­Jean­le­Blanc et les halles d’Or­léans ! », ra­conte­t­il avec en­thou­siasme.

Plus loin, une Che­vro­let « Cou­pé doc­teur » de 1937 ex­hibe ses formes gé­né­reuses. Lorsque son pro­prié­taire l’a ré­cu­pé­rée, aux États­Unis, le vé­hi­cule, à l’état d’épave, était lit­té­ra­le­ment en­li­sé dans du sable.

De la pa­tience et de l’en­vie, il en faut pour rendre à ces voi­tures d’un autre âge leur ap­pa­rence d’an­tan. Des an­nées en­tières sont sou­vent né­ces­saires pour dé­go­ter la pièce man­quante ou faire fa­bri­quer, à l’iden­tique, des élé­ments de sel­le­ries ou de mo­ teur. Car il n’est évi­dem­ment pas ques­tion de re­don­ner vie à ces belles mé­ca­niques en igno­rant les exi­gences im­po­sées à l’époque.

Une époque, pré­ci­sé­ment, où les odeurs d’huile et d’es­sence mê­lées pou­vaient in­com­mo­der les pas­sa­gers. De là est née l’idée d’ins­tal­ler des vases : l’arôme des fleurs mas­quait alors les ef­fluves désa­gréables.

Par­mi les nom­breux vé­hi­cules ex­po­sés, fi­gure plu­sieurs pièces rares : un ca­brio­let C4 de 1930, fa­bri­qués à 7.500 exem­plaires, dont il ne reste plus que quatre mo­dèles en France. Et une Peu­geot 202 dé­cou­vrable de 1949.

Bien en­ten­du, à cô­té de ces marques my­thiques, d’autres vé­hi­cules té­moignent d’une in­dus­trie au­to­mo­bile ja­dis flo­ris­sante, dont les en­seignes ont au­jourd’hui dé­ser­té la mé­moire col­lec­tive. Qui se sou­vient en­core des Dar­racq, des Ariès, des Hots­ckiss, Ro­sen­gart et autres Salm­son ?

« Cin­quante­six marques au­to­mo­biles, dont une tren­taine qui n’existe plus au­jourd’hui, sont ras­sem­blées au Parc­ex­po » se ré­jouit en­core Jean­Paul Im­bault.

De fait, si la nos­tal­gie des vé­hi­cules de pa­pa vous gagne, ou si vous n’avez ja­mais ap­pro­ché de près une Gla­dia­tor 1909, il vous reste en­core quelques heures pour re­mon­ter le temps.

De la pa­tience et de l’en­vie, il en faut aux col­lec­tion­neurs

PHO­TO PAS­CAL PROUSTPAGES

CHROMES. Le Parc-ex­po réunit cin­quante-six marques dif­fé­rentes, dont un

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