Un « in­gé­nieur des éco­sys­tèmes » qui fait sur­tout du bien

La République du Centre (Dimanche) - - LEFAIT DU JOUR - Da­vid Creff

De­puis la ré­in­tro­duc­tion de qua­torze cas­tors d’Eu­rope entre Blois et Saint-Laurent, entre 1974 et 1976, leur po­pu­la­tion connaît une pro­gres­sion constante. « Au­cun risque de sur­po­pu­la­tion ce­pen­dant », ex­plique l’in­gé­nieur de l’ONCFS ani­mant le Ré­seau cas­tors, Paul Hu­rel.

Et pour cause, « le cas­tor est un ani­mal ter­ri­to­rial. Une fa­mille, com­po­sée des pa­rents, de deux jeunes ve­nant de naître et de deux autres ar­ri­vés l’an­née pré­cé­dente, co­lo­nise entre 300 mètres et trois ki­lo­mètres de berges ». Au­cune autre ne pour­ra em­pié­ter, ce qui ex­plique aus­si la très faible den­si­té de cas­tors, en bord de Loire, et, de­puis les an­nées 1990, de ses pe­tits af­fluents (le Bec­d’Albe, l’Ar­doux…), eux aus­si co­lo­ni­sés. De­puis sa ré­in­tro­duc­tion, le cas­tor fonc­tionne par bonds. Il re­monte la Loire. La pre­mière fa­mille est ain­si ar­ri­vée dans le Loi­ret, du cô­té de Ta­vers, en 1980. Ne pou­vant s’ins­tal­ler là (place dé­jà prise), les sui­vantes ont donc pous­sé jus­qu’à Or­léans (1982), puis à Beau­lieu­sur­Loire (1983)…

La ri­vière lui dit « mer­ci »

Le cas­tor a aus­si une in­fluence bé­né­fique sur les mi­lieux. « En cou­pant les arbres des bords de ri­vières, il per­met à la lu­mière de re­ve­nir sur leurs bor­dures, ce qui va sti­mu­ler l’ar­ri­vée de nou­velles pousses », ajoute Paul Hu­rel, qua­li­fiant le ron­geur « d’in­gé­nieur des éco­sys­tèmes ».

Il gé­nère aus­si, via ses bar­rages, l’inon­da­tion de zones voi­sines des cours d’eau, qui de­viennent, de fait, hu­mides. « Une autre de ses in­fluences po­si­tives, ce­la per­met le re­tour des am­phi­biens, des li­bel­lules… » Le bro­chet, pour ne ci­ter que lui, lui en est tout aus­si gré, puisque pro­fi­tant alors d’in­es­pé­rées frayères où se re­pro­duire. La preuve, s’il en fal­lait une, qu’avec le cas­tor ne vient pas ex­clu­si­ve­ment la pe­tite dé­bâcle qui casse les pieds.

PH. D’AR­CHIVES

SUR LA BERGE. En cou­pant leurs arbres, il per­met à la lu­mière de re­ve­nir frap­per les rives des cours d’eau, ce qui ré­gé­nère la vé­gé­ta­tion.

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