Le Prin­temps de Bourges lance la sai­son des fes­ti­vals dès le 24 avril

La 42e édi­tion du Prin­temps de Bourges lan­ce­ra la sai­son des fes­ti­vals fran­çais, du 24 au 29 avril, dans le Cher. Le DJ Laurent Gar­nier se­ra l’une des têtes d’af­fiche. Il évoque la scène élec­tro ac­tuelle.

La République du Centre (Dimanche) - - LA UNE - Geoffroy Jeay geoffroy.jeay@cen­tre­france.com

À 52 ans, le DJ Laurent Gar­nier se­ra l’une des têtes d’af­fiche du ren­dez­vous ber­ruyer. Il livre son sen­ti­ment sur la scène élec­tro.

Laurent Gar­nier, 52 ans, se­ra l’une des têtes d’af­fiche du Prin­temps de Bourges 2018, 42e édi­tion, du 24 au 29 avril, dans le Cher. Vers 3 heures, dans la nuit du sa­me­di au di­manche, le DJ clô­tu­re­ra la fa­meuse rock’n’beat par­ty, mé­lange de rock et de mu­sique élec­trique, qui ras­semble chaque an­née plus de 10.000 fes­ti­va­liers sous le cha­pi­teau du W et le Pa­lais d’Au­ron, réunis pour l’oc­ca­sion par un cou­loir de bar­rières.

Dé­jà pas­sé au Prin­temps en 2009 lors de la pre­mière rock’n’beat par­ty, l’un des DJ les plus my­thiques de la mu­sique élec­tro­nique fran­çaise – il a eu la lé­gion d’hon­neur l’an pas­sé – évoque avec nous la scène élec­tro ac­tuelle.

Que pen­sez-vous de la nouvelle gé­né­ra­tion de DJ ? Dans ce qu’on écoute au­jourd’hui, je trouve qu’il n’y a rien de fon­da­men­ta­le­ment nou­veau. Même s’il y a de la créa­ti­vi­té. Ce n’est pas une cri­tique, c’est un cons­ tat. Je re­trouve dans la mu­sique d’au­jourd’hui ce que fai­sait Aphex Twin, Jeff Mills ou des mecs à Chi­ca­go ou New York il y a quin­ze­vingt ans. Il y a toute une gé­né­ra­tion de jeunes qui re­garde en ar­rière. La tech­no a tou­jours beau­coup re­gar­dé en avant. La nouvelle gé­né­ra­tion re­garde aus­si énor­mé­ment en ar­rière et uti­lise, d’une très bonne fa­çon, toutes les ra­cines de cette mu­sique. De­puis trente ans, on l’a quand même ex­plo­rée un peu dans tous les sens cette mu­sique­là, dans le mi­ni­mal, le brui­tiste, le dur ou dans des choses beau­coup plus soft et mu­si­cales. Ça doit être très dif­fi­cile d’avoir 20 ans au­jourd’hui et de se dire : « Je vais faire un truc fon­da­men­ta­le­ment nou­veau. » Mais j’aime beau­coup la nouvelle gé­né­ra­tion. Je les trouve su­per­créa­tifs, ou­verts. Vous les ai­mez bien alors tous vos en­fants ? Ce ne sont pas plus mes en­fants que ceux des autres per­sonnes qui étaient à mes cô­tés il y a trente ans quand on a com­men­cé. Je suis très content quand on me dit que j’ai in­fluen­cé des gens qui ont écou­té ma mu­sique et com­pris mes com­bats. Ils sont tous as­sez bien­veillants avec moi. Ça me touche beau­coup. Leur mu­sique me parle. Je la joue, c’est ce que j’aime.

Vous n’avez pas pris le vi­rage du show-biz, des DJ de­ve­nus stars. C’était une vo­lon­té ? Oui.

Pour­quoi ? Ce n’est pas le suc­cès qui m’in­té­resse. Je n’en ai ja­mais rien eu à faire du suc­cès, je ne l’ai ja­mais re­cher­ché. J’ai tou­jours cher­ché à m’ex­pri­mer et à le faire le plus sin­cè­re­ment pos­sible. Je ne me suis ja­mais de­man­dé comment j’al­lais faire pour ar­ri­ver en haut de la marche. Ça ne m’éclate pas plus de jouer de­vant 10.000 per­sonnes que de­vant 200.

Vous l’avez quand même

trou­vé, le suc­cès. Mais je ne l’ai pas cher­ché. J’ai tou­jours fait de la mu­sique sans cal­cu­ler. Quand je vois toute une frange de jeunes ar­tistes, toutes mu­siques confon­dues, qui sont plus forts en com­mu­ni­ca­tion qu’en pro­duc­tion, ça m’em­merde. Il y a un vrai pro­blème avec les ar­tistes qui ex­plosent grâce à leur in­tel­li­gence de com­mu­ni­ca­tion. Quand on fait de la mu­sique, on ne pense pas d’abord à construire sa per­sonne. Mais je pré­cise que je n’ai au­cun pro­blème avec les gens qui ont du suc­cès.

Des « ar­tistes qui ex­plosent grâce à leur in­tel­li­gence de com­mu­ni­ca­tion »

AR­CHIVES THIER­RY LINDAUER

« Dans ce qu’on écoute au­jourd’hui, je trouve qu’il n’y a rien de fon­da­men­ta­le­ment nou­veau, confie Laurent Gar­nier (ici lors de son pre­mier pas­sage au Prin­temps, en 2009). Même s’il y a de la créa­ti­vi­té. Ce n’est pas une cri­tique, c’est un constat. »

PHO­TO AR­THUR GAR­NIER

SUC­CÈS. « Je n’en ai ja­mais rien eu à faire du suc­cès, je ne l’ai ja­mais re­cher­ché. »

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