Pour­quoi tant de ca­mions dé­ca­pi­tés à Or­léans ?

Des cen­taines de vé­hi­cules se sont en­cas­trés en em­prun­tant la trémie Place d’Arc de­puis 1988 ?

La République du Centre (Dimanche) - - LA UNE - Florent Buis­son florent.buis­son@cen­tre­france.com

Ils se­ront des di­zaines, voire des cen­taines de ca­mions à fi­nir guillo­ti­nés, en em­prun­tant la “trémie” de Place d’Arc »

La hau­teur li­mite sous Place d’Arc, fixée à 3,40 m, fait tou­jours trem­bler les ca­mion­neurs em­prun­tant le centre-ville d’Or­léans. Pour en­core com­bien de temps ?

«Ce n’est rien, c’est un ca­mion qui vient de heur­ter la par­tie su­pé­rieure du pas­sage sou­ter­rain. »

26 avril 1988, à Or­léans. Alors que l’on inau­gure Place d’Arc et toutes les in­fra­struc­tures an­nexes, un ac­ci­dent de la route vient trou­bler la quié­tude du tra­di­tion­nel cou­pé de ruban. Un ca­mion s’est en­cas­tré sous le centre com­mer­cial... Le dé­but d’une très longue sé­rie, dé­mar­rée quelques mois au­pa­ra­vant.

Ils se­ront des di­zaines, voire des cen­taines, ca­mions de trans­port de mar­chan­dises ou de dé­mé­na­ge­ment, à fi­nir guillo­ti­nés en em­prun­tant la « trémie » de Place d’Arc, cette voie de cir­cu­la­tion en­ter­rée, créée pour fran­chir le bâ­ti­ment du centre com­mer­cial.

Nos ar­chives re­gorgent d’exemples, qui ont d’abord fait les gros titres, car l’évé­ne­ment est tou­jours spec­ta­cu­laire, avant d’être re­lé­gués dans la ru­brique des « brèves ». L’ex­cep­tion­nel est de­ve­nu cou­rant. Si bien que les so­cié­tés de lo­ca­tion ne prennent plus en charge les vé­hi­cules ac­ci­den­tés à cet en­droit.

Mais alors pour­quoi tant de ca­mions dé­ca­pi­tés, alors que le site a fi­ni par se faire connaître ?

Ce­la tient sur­tout à la hau­teur au­to­ri­sée. 3,40 m ( 3,45 m il y a

en­core quelques an­nées), sur la voie de droite, dans le sens ouest/est, et 2,60 m sur la voie de gauche. Une hau­teur qui n’est plus adap­tée, au­jourd’hui, aux poids lourds in­ter­na­tio­naux, no­tam­ment.

Un axe fré­quen­té par des di­zaines de mil­liers de vé­hi­cules

Car si les bus de la Mé­tro­pole passent sans pro­blème, les cars de tou­risme, par exemple, ne le peuvent pas, en rai­son « de blocs de cli­ma­ti­sa­tion sur le toit », ex­pli­quait un in­gé­nieur, in­ter­ro­gé dans La Rép’ en juin 2017.

Vé­ri­fi­ca­tion faite, la hau­teur moyenne de ces vé­hi­cules­là est de 3,80 m. 4 mètres, maxi­mum, pour les poids lourds, dans l’Union eu­ro­péenne. C’est 40 ou 60 cen­ti­mètres de trop, en cas d’er­reur d’in­at­ten­tion.

Pour­tant, de­puis 1988, la ville a ren­for­cé la si­gna­lé­tique, des deux cô­tés de cet axe fré­quen­té par des di­zaines de mil­liers de voi­tures au quo­ti­dien. Mais rien n’y fait. Il faut dire que les vé­hi­cules ac­ci­den­tés sont sou­vent conduits par des gens qui ne connaissent pas le sec­teur.

L’hy­po­thèse d’un si­gna­le­ment sur les GPS

La mu­ni­ci­pa­li­té avait même pen­sé un temps se rap­pro­cher des car­to­graphes, tra­vaillant pour les four­nis­seurs de GPS, pour que le pro­blème soit si­gna­lé sur les ap­pa­reils. Avant d’aban­don­ner de­vant l’am­pleur de la tâche et le nombre d’in­ter­lo­cu­teurs.

Seul un ré­amé­na­ge­ment com­plet de Place d’Arc, et une trémie plus en­ter­rée, pour­rait chan­ger la donne.

C’est d’ailleurs ce qui est en­vi­sa­gé par la Ville, qui a com­man­dé des études pour sa­voir si c’était pos­sible et com­bien ce­la coû­te­rait. Pas pour évi­ter ces ac­ci­dents ré­cur­rents, tou­jours bé­nins, fort heu­reu­se­ment (la trémie n’a ja­mais cau­sé d’ac­ci­dent mor­tel), mais pour re­pen­ser le quar­tier et mettre Place d’Arc au ni­veau de la rue de la Ré­pu­blique, en éli­mi­nant le par­vis. L’ano­ma­lie n’est donc plus qu’une af­faire de temps… En­core.

AR­CHIVES

AC­CI­DENTS. Avant de s’en­ga­ger plei­ne­ment dans la trémie de Place d’Arc, un pre­mier obs­tacle fait face aux vé­hi­cules dont la hau­teur ex­cède 3,40 m. C’est là qu’ils laissent ré­gu­liè­re­ment des plumes, de­puis 30 ans…

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