« En di­mi­nuant la vi­tesse, le risque de mor­ta­li­té peut bais­ser »

La République du Centre (Dimanche) - - LE FAIT DU JOUR - Pro­pos re­cueillis par Au­ré­lie Ri­chard

En­tre­tien avec Ber­nard Ka­mins­ki, di­rec­teur dé­par­te­men­tal et ré­gio­nal de l’as­so­cia­tion Pré­ven­tion rou­tière.

Les mo­tards ma­ni­festent no­tam­ment contre la li­mi­ta­tion de la vi­tesse à 80 km/h sur les routes à par­tir du 1er juillet. Quelle est votre po­si­tion sur ce su­jet ?

L’ac­ci­den­to­lo­gie ne baisse pas de­puis plu­sieurs an­nées. Il faut donc faire quelque chose. Par­mi les causes d’ac­ci­dents, la vi­tesse est in­dé­niable. C’est un fac­teur ag­gra­vant. Nous sommes donc fa­vo­rables à cette me­sure. En di­mi­nuant la vi­tesse, en cas d’ac­ci­dent, le choc se­ra moins violent. Le risque de mor­ta­li­té peut donc bais­ser.

La vi­tesse n’est pas au­jourd’hui la seule cause d’ac­ci­dents mor­tels…

Non. Mais les deux­tiers des ac­ci­dents mor­tels ont lieu sur le ré­seau se­con­daire, qui est li­mi­té à 90 km/h. Donc il est vrai­sem­blable qu’en y li­mi­tant la vi­tesse, on di­mi­nue l’ac­ci­den­to­lo­gie.

N’y a-t-il pas d’autres le­viers sur les­quels jouer ?

L’al­cool bien sûr. Dans un ac­ci­dent sur trois, il est pré­sent. La Pré­ven­tion rou­tière ré­clame une me­sure vi­sant à mettre en place des éthy­lo­tests an­ti­dé­mar­rage pour les au­to­mo­bi­listes qui sont en ré­ci­dive de conduite en état d’al­coo­lé­mie. Le té­lé­phone est aus­si un pro­ blème. Les sta­tis­tiques montrent que 40 % des gens té­lé­phonent au vo­lant, 25 % en­voient des SMS tout en condui­sant ! Il y a un gros tra­vail à faire là­des­sus. On pré­co­nise un mo­dule spé­ci­fique sur le té­lé­phone dans le cadre de la for­ma­tion pour ob­te­nir le per­mis de conduire. On veut aus­si un droit à la dé­con­nexion pour les sa­la­riés dans le cadre de leurs tra­jets pro­fes­sion­nels.

Il faut éga­le­ment sen­si­bi­li­ser les cy­clistes, cer­tains com­mettent des in­ci­vi­li­tés. Les pié­tons aus­si qui marchent les yeux fixés sur leur té­lé­phone. Pour­quoi ne pas mettre en place des pan­neaux d’aver­tis­se­ment pour aler­ter les pié­tons ? Bref, il n’y a pas que la vi­tesse à prendre en compte.

Vous ef­fec­tuez des in­ter­ven­tions dans les en­tre­prises, les éta­blis­se­ments sco­laires. Sur quoi met­tez­vous l’ac­cent ?

Lors­qu’on va dans les en­tre­prises, on leur de­mande quelles sont leurs at­tentes. Le dan­ger du té­lé­phone au vo­lant re­vient sys­té­ma­ti­que­ment, donc on l’aborde in­évi­ta­ble­ment. Ain­si qu’avec les jeunes, dès la 6e ou la 5e. Ils ont conscience que ce­la peut être dan­ge­reux. En leur mon­trant de pe­tits films, des images chocs, ils le re­tien­dront d’au­tant plus.

PHO­TO D’AR­CHIVES

PRÉ­VEN­TION ROU­TIÈRE. Ber­nard Ka­mins­ki.

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