Se bai­gner dans la Loire... Ten­tant mais in­ter­dit !

SÉ­CU­RI­TÉ. Cou­rants et sables mou­vants rendent le fleuve dan­ge­reux.

La République du Centre (Dimanche) - - LA UNE - Ma­rion Bon­net ma­rion.bon­net@cen­tre­france.com

Avec le mer­cure qui grimpe et le ni­veau de l’eau qui baisse, la ten­ta­tion d’al­ler faire trem­pette dans la Loire est grande. Chaque été, les bords du fleuve prennent des airs de plage. On s’y ins­talle vo­lon­tiers avec ser­viettes et pa­ra­sol.

Ce­pen­dant, ce pe­tit par­fum de va­cances ne doit pas faire ou­blier une règle simple : il est stric­te­ment in­ter­dit de se bai­gner dans la Loire à Or­léans. Cette in­ter­dic­tion n’est pas nou­ velle puisque l’ar­rê­té mu­ni­ci­pal date… d’août 1966 ! Dans la mé­tro­pole, Saint­Jean­le­Blanc a pris un ar­rê­té si­mi­laire.

Par­tout ailleurs dans le dé­par­te­ment, et dans les com­munes n’ayant pas pris de me­sure d’in­ter­dic­tion, c’est un ar­rê­té pré­fec­to­ral qui s’ap­plique. Ce­lui­ci men­tionne que le na­geur qui s’aven­ture dans les eaux li­gé­riennes le fait « à ses risques et pé­rils ».

En ef­fet, mal­gré sa beau­té, la Loire est tout sauf un long fleuve tran­quille. Y com­pris en cette sai­son. L’an der­nier, les pom­piers sont in­ter­ve­nus pas moins de dix­sept fois, dans le dé­par­te­ment, pour por­ter se­cours à des per­sonnes en dif­fi­cul­té dans la Loire ou son af­fluent, le Loi­ret.

Ne pas s’ap­pro­cher trop près de l’eau

L’un des prin­ci­paux dan­gers vient du cou­rant, sou­vent fort et « par­ti­cu­liè­re­ment dif­fi­cile à ap­pré­hen­der », aver­tit le com­man­dant Pa­trick Mau­rin, chef de l’équipe se­cours nau­ti­ques­plon­geurs chez les pom­piers. « Même s’il pa­raît ano­din, sur­tout l’été, il est sou­vent su­pé­rieur à ce que la force hu­maine per­met de contrer. »

Le pom­pier évoque éga­le­ment les ro­chers, troncs d’arbres, etc. pré­sents dans le lit du fleuve, et qui consti­tuent au­tant d’obs­tacles pou­vant bles­ser ou en­tra­ver les bai­gneurs.

Il faut aus­si se mé­fier des bancs de sable. « Aux abords im­mé­diats de l’eau, avec la pente qui s’ac­cen­tue, le sable a très vite fait de se dé­ro­ber sous les pieds. Et l’on peut ra­pi­de­ment se re­trou­ver dans les flots, sans par­ve­nir à se ré­agrip­per. »

Si la pro­me­nade n’est pas in­ter­dite, sur ces langues de terre que le faible ni­veau du fleuve laisse ap­pa­raître, les au­to­ri­tés re­com­mandent la plus grande pru­dence. Le mieux est de ne pas s’ap­pro­cher trop près de l’eau.

Mais, si le fleuve pré­sente au­tant de dan­gers, que dire alors des ama­teurs de canoë ou de paddle que l’on voit sou­vent sur la Loire et qui peuvent, eux aus­si, tom­ber dans l’eau ? « La na­vi­ga­tion de plai­sance et les ac­ti­vi­tés spor­tives et tou­ris­tiques sur la Loire sont ré­gle­men­tées par l’ar­rê­té pré­fec­to­ral du 19 août 2014, dé­taille Yann De­ra­co, chef du ser­vice Loire, risques, tran­sports, à la di­rec­tion dé­par­te­men­tale des ter­ri­toires. Les ac­ti­vi­tés type canoë ou paddle ne sont pas in­ter­dites mais elles se font, là en­core, aux risques et pé­rils des pra­ti­quants », pour qui le « port d’un gi­let de sau­ve­tage » est for­te­ment conseillé.

En bref, pour se bai­gner et pro­fi­ter des ac­ti­vi­tés nau­tiques en toute sé­cu­ri­té, il faut pri­vi­lé­gier les zones de bai­gnade sur­veillée l’été, comme l’île Char­le­magne. On est d’ac­cord, il y a de quoi être frus­tré… Mais mieux vaut ter­mi­ner l’été en vie.

Le sable a très vite fait de se dé­ro­ber sous les pieds. » Com­man­dant Pa­trick Mau­rin, pom­pier

PHO­TOS PAS­CAL PROUST

DAN­GER. Même si elle offre un cadre ma­gni­fique, la Loire est un fleuve dont il faut se mé­fier.

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