Ils ont re­trou­vé leur an­cienne maî­tresse !

La République du Centre (Dimanche) - - LA UNE -

Hier, près de 80 de ses an­ciens élèves, ceux que Syl­vie au­ra eus en classe dans les an­nées 1980, ont re­joint la salle des fêtes de Bon­da­roy, pour y re­voir leur maî­tresse et leurs vieux co­pains. Da­vid Creff da­vid.creff@cen­re­france.com C e fut là sa toute pre­mière classe. Et ce furent ja­dis ses pre­miers élèves, tous éco­liers à Bon­da­roy, entre 1979 et 1989. Après une longue car­rière qui l’au­ra no­tam­ment pro­me­née en Dor­dogne, Gi­ronde, dans l’Allier ou en Cha­rente­Ma­ri­time…, Syl­vie re­vient vivre à Pi­thi­viers en 2014, au mo­ment de la dis­pa­ri­tion de son père, « qui vou­lait ses cendres ici ». Et c’est en rou­vrant d’an­tiques car­tons ren­fer­mant ses sou­ve­nirs de classe que l’idée lui vient : réunir ses plus vieux élèves, en ce sens qu’ils de­meu­re­ront à ja­mais ses pre­miers. Il au­ra bien fal­lu huit mois à l’at­ta­chante Syl­vie, 62 ans, pour y par­ve­nir, et ar­ri­ver jus­qu’à la grande fête de ce sa­me­di, dans l’école qui n’en est plus une. Mais une salle des fêtes. « Dans 90 % des cas, je les re­con­nais »

« C’est tel­le­ment émou­vant, et joyeux, de se re­trou­ver ici après plus de 30 ans, mais je pré­cise n’avoir pas en­core ver­sé ma pe­tite larme », confie la maî­tresse, au mi­lieu de ses an­ciens élèves. À pré­sent de­ve­nus pa­pas, ma­mans, en­tre­pre­neur, tech­ni­cien, pa­tron de bar, édu­ca­trice spé­cia­li­sée, in­for­ma­ti­cien ou ar­tiste peintre… Et puis, sa­me­di, Paul et Pierre, l’un vi­vant à Mar­seille, l’autre en Ré­pu­blique Do­mi­ni­caine, étaient un peu là aus­si. Syl­vie ayant pu leur par­ler en Fa­ceTime par té­lé­phone.

Après moult coups de fil, l’édi­tion de flyers, un bouche­ào­reille qui au­ra fait son oeuvre, et aus­si l’aide des ré­seaux so­ciaux, ce sont ain­si près de 80 grands en­fants qui ont ré­pon­du à l’ap­pel de l’ins­ti­tu­trice. « Le plus éton­nant, c’est qu’après toutes ces an­nées, dans 90 % des cas, je les re­con­nais. Peu­têtre un peu moins les filles qui se ma­quillent, mais les re­gards ne changent pas. Et puis, ils conservent sou­vent les mêmes pos­tures et gestes. » « Ma meilleure élève »

Au bord du fier buf­fet cam­pa­gnard dres­sé dans feue leur salle de classe, Cé­line, Bruno, Ch­ris­telle ou en­core Ka­rine pro­mènent main­te­nant le re­gard sur les murs de leur en­fance. Syl­vie n’au­ra pas ou­blié d’y ac­cro­cher photos d’an­tan et autres vieilles af­fiches comme on en fai­sait en­core sous Mit­ter­rand, et qui vous ap­pre­naient l’al­pha­bet. Le nou­nours qua­dra­gé­naire Ca­ra­mel est là aus­si. Scot­ché au mur. « Tous l’ont connu, il était dé­jà là à l’époque. Il m’a sui­vie tout au long de ma car­rière, et n’a ja­mais été la­vé », ba­dine Syl­vie, alors as­sise der­rière ce pu­pitre qui a dû en voir pas­ser, aux cô­tés de Claire. « Je tra­vaille en ré­gion pa­ri­sienne. Je suis dans le conseil aux grandes en­tre­prises », ex­plique­t­elle, le re­ gard bien­veillant de l’en­sei­gnante po­sé sur elle. « De toute ma car­rière, Claire au­ra été ma meilleure élève. Je me sou­viens l’avoir en­voyée en sixième avec plus de 19/20 de moyenne. »

Hier, si beau­coup ve­naient du Pithiverais, d’autres n’ont, en re­vanche, pas hé­si­té à lais­ser der­rière eux la Tou­raine, la Bre­tagne, la Cham­pagne ou la ré­gion pa­ri­sienne, pour ve­nir em­bras­ser leur maî­tresse. Et sans doute un peu aus­si cette part d’en­fance qu’ils croyaient dé­fi­ni­ti­ve­ment en­vo­lée… À tort.

LEUR COUR DE RÉCRÉ. Sa­me­di, près de 80 de ses an­ciens élèves, tous fa­ta­le­ment âgés entre 39 et 49 ans, ont ré­pon­du fa­vo­ra­ble­ment à l’in­vi­ta­tion tout en nos­tal­gie de Syl­vie (en jaune au pre­mier plan). PHOTOS DA­VID CREFF

TENDRES SOU­VE­NIRS. Bruno et Ch­ris­telle re­vi­si­tant leur en­fance en pho­to, Syl­vie avec Claire, à ja­mais « ma meilleure élève », en­fin Cé­line et Bruno de­vant un ta­bleau d’école comme on n’en fait plus.

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