Le di­manche 17 no­vembre 1918, place à la fête of­fi­cielle

La République du Centre (Loiret) - - Centenaire De L'armistice -

La « fête de la dé­li­vrance », of­fi­cielle celle-là, a lieu le di­manche 17 no­vembre en la ca­thé­drale d’Or­léans.

Cinq cents mu­si­ciens et cho­ristes y par­ti­cipent et toutes les pa­roisses or­léa­naises sont re­pré­sen­tées. Le co­mi­té belge est aus­si pré­sent, pré­cé­dé de son dra­peau. Il est même in­vi­té à prendre place aux pre­miers rangs. Au sor­tir de la cé­ré­mo­nie, une quête est or­ga­ni­sée en fa­veur de l’oeuvre d’as­sis­tance aux mu­ti­lés de guerre et en soi­rée, on pro­cède à l’em­bra­se­ment des tours de la ca­thé­drale.

Triste foire Saint-Ai­gnan

Mais le temps de la joie semble dé­jà ache­vé. « Les jours de grande liesse oc­ca­sion­nés par la si­gna­ture de l’Ar­mis­tice sont pas­sés, lit­on dans l’édi­tion du 15 no­vembre du Jour­nal du Loi­ret. Les ma­ni­fes­ta­ tions ex­té­rieures ont ces­sé et Or­léans a re­pris dès hier sa phy­sio­no­mie ha­bi­tuelle. Seuls les in­nom­brables dra­peaux qui pa­voisent les mai­sons sont l’in­dice de l’al­lé­gresse qui rem­plit les coeurs. »

C’est que le pays est bien mal en point. Le 18 no­vembre a lieu la cé­lèbre foire Saint­Ai­gnan. Triste foire. « C’est à peine s’il y a quelques por­ce­lets, ânes et che­vaux et quelques arbres et ar­bustes à vendre. Quant aux vaches, elles font cruel­le­ment dé­faut", ob­serve le Jour­nal du Loi­ret qui, par ailleurs, re­laie l’an­nonce d’une col­lecte de glands et de mar­rons d’Inde par le mi­nis­tère du ra­vi­taille­ment. »

Les len­de­mains se­ront dif­fi­ciles, cha­cun le sait. Les au­to­ri­tés s’in­quiètent par avance de la re­con­ver­sion de l’in­dus­trie de guerre et du chô­mage qu’elle pour­rait oc­ca­sion­ner, d’au­tant qu’il fau­dra éga­le­ment ré­in­té­grer dans leur em­ploi les ou­vriers et les sol­dats dé­mo­bi­li­sés. Et que par­mi ces der­niers, beau­coup sont lour­de­ment mu­ti­lés.

Le 28 oc­tobre pré­cé­dent, les éta­blis­se­ments sco­laires et lieux de spec­tacles avaient été fer­més sur ordre du pré­fet afin d’en­di­guer l’épi­dé­mie de grippe et de pro­cé­der à la dés­in­fec­tion des lo­caux. Lorsque sur­vient l’Ar­mis­tice, au­cun d’entre eux n’a rou­vert. Reste que les mouve­ ments de foule qu’il sus­cite rendent la me­sure quelque peu désuète, ob­serve avec rai­son un lec­teur dans le cour­rier qu’il adresse au Jour­nal du Loi­ret.

Faire face à l’épi­dé­mie de grippe

Au fi­nal, les ré­ou­ver­tures se­ront au­to­ri­sées à comp­ter du 17 no­vembre. Mais, pré­cise le pré­fet, « de nou­velles fer­me­tures pour­ront si né­ces­saire être pro­non­cées ». Et rien ne dit que ce ne se­ra pas le cas : le 10 no­vembre pré­cé­dent était ar­ri­vé en gare d’Or­léans un train ve­nu d’Eper­nay ; il convoyait vers les hô­pi­taux or­léa­nais des sol­dats at­teints par la grippe.

GRIPPE. La veille même de l’Ar­mis­tice ar­ri­vait à la gare d’Or­léans un groupe de sol­dats at­teints par la grippe. AR­CHIVES AURELIA (OR­LÉANS MÉ­TRO­POLE).

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