Les Mi­rage pri­vés de bombe fac­tice après l’ac­ci­dent de Nogent

■ Après la chute d’une ogive lar­guée par un avion de chasse

La République du Centre (Orleans) - - La Une - Alexandre Char­rier alexandre.char­rier@cen­tre­france.com

L’ar­mée de l’air a dé­ci­dé de sus­pendre pro­vi­soi­re­ment l’uti­li­sa­tion des lance-bombes soup­çon­nés d’être à l’ori­gine de l’ac­ci­dent qui a tou­ché l’usine Fau­re­cia, la se­maine pas­sée, à No­gent­sur-Ver­nis­son.

«Au­cune hy­po­thèse n’est dé­fi­ni­ti­ve­ment écar­tée tant que les conclu­sions de l’en­quête ne sont pas connues mais celle d’une dé­faillance tech­nique reste à ce jour la plus pro­bable », ex­plique le co­lo­nel Oli­vier Ce­lo, chef du ser­vice in­for­ma­tion de l’ar­mée de l’air.

Une se­maine après l’in­croyable ac­ci­dent qui a tou­ché l’usine Fau­re­cia de Nogent­sur­Ver­nis­son, dont deux em­ployés ont été bles­sés par le lar­gage d’une bombe fac­tice par un avion de chasse, l’ex­pli­ca­tion pri­vi­lé­giée reste celle d’un pro­blème ma­té­riel.

Bombes fac­tices

« Les équi­pages ont été en­ten­dus et, a prio­ri, il n’y a pas eu de ma­ni­pu­la­tions en ca­bine pou­vant ex­pli­quer un lar­gage par er­reur ».

La dé­faillance tech­nique est à ce point pro­bable que l’ar­mée de l’air a tout sim­ple­ment dé­ci­dé de sus­pendre l’uti­li­sa­tion des lance­bombes – le bras char­gé de pro­pul­ser les mu­ni­tions, fixé sous les ailes – pos­si­ble­ment dé­fec­tueux dans cette opé­ra­tion. « De fait, les en­traî­ne­ments de ce type sont sus­pen­dus pour nos pi­lotes, pen­dant la du­rée de l’en­quête », pré­cise le co­ lo­nel Ce­lo.

Mar­di, les deux mi­rages 2000D qui sur­vo­laient le Loiret à basse al­ti­tude dans le cadre d’un exer­cice avaient em­bar­qué des bombes fac­tices si­mu­lant le com­por­te­ment aé­ro­dy­na­mique de bombes de guerre à gui­dage la­ser GBU 12. « Les em­ports d’exer­cice, qui ne com­portent donc pas de charge ex­plo­sive, ne pèsent que 16 ki­los contre 250 pour les GBU 12, pré­cise le co­lo­nel Ce­lo. Ce ne sont donc pas les mêmes lance­bombes qui sont uti­li­sés ».

Dans le cas de l’ac­ci­dent de Nogent, c’est bien l’en­semble de la mu­ni­tion d’en­traî­ne­ment qui s’est dé­ta­ché de l’avion. Seule l’ogive mé­tal­lique a trans­per­cé le bâ­ti­ment de Fau­re­cia tan­dis que le corps en plas­tique de la bombe s’est dés­in­té­gré. ■

PHO­TO D’IL­LUS­TRA­TION

EN­QUÊTES. Deux en­quêtes sont en cours : l’une me­née par le Bu­reau en­quêtes ac­ci­dents dé­fense (BEAD) air ; l’autre, ju­di­ciaire, par la gen­dar­me­rie de l’air.

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