Il ré­clame jus­tice de­vant le consu­lat

■ Ex­pro­prié en rai­son de l’ex­ten­sion d’un aé­ro­port au Ma­roc

La République du Centre (Orleans) - - Loiret Faits Divers - Justice - Alexandre Char­rier

Il a ga­ré sa ca­mion­nette rouge sous les fe­nêtres du consu­lat du Ma­roc, à La Source, à Or­léans, sa­me­di, et pro­met de ne pas quit­ter les lieux tant qu’il n’au­ra pas ob­te­nu gain de cause.

Quinze ans dé­jà que Omar Ou­lad Lhadj, un Or­léa­nais de 68 ans, est en li­tige avec l’aé­ro­port de Tan­ger au Ma­roc. Ex­pro­prié de sa mai­son qui jouxte les pistes d’at­ter­ris­sage, en rai­son d’un pro­jet d’ex­ten­sion, le re­trai­té ne conteste pas « l’in­té­rêt pu­blic » de l’opé­ra­tion. « Je suis d’ac­cord mais il faut me payer le prix », ré­sume le re­trai­té, qui dort donc de­puis trois jours dans sa ca­mion­nette.

10 % du prix

Ex­per­tise à l’ap­pui, Omar Ou­lad Lhadj es­time avoir été to­ta­le­ment spo­lié par l’aé­ro­port qui lui a ra­che­té sa pro­prié­té, fruit des éco­no­mies de toute une vie, pour 10 % de sa va­leur réelle. « On lui pro­pose l’équi­valent de 23 € du m² alors que l’ex­pert l’a es­ti­mé à 200 €, dé­taille son fils. Tout ça dure de­puis 2003 : à son âge, mon père ai­me­rait pas­ser à autre chose ».

Il y a un an dé­jà, Omar Ou­lad Lhadj avait en­ta­mé une grève de la faim, tou­jours de­vant le consu­lat. À l’époque, cette pre­mière opé­ra­tion coup de poing lui avait ou­vert les portes des plus hautes au­to­ri­tés au Ma­roc.

« J’ai été re­çu par le mi­nistre des Ma­ro­cains res­sor­tis­sants de l’étran­ger puis par le ca­bi­net du mi­nistre de la Jus­tice mais ils m’ont dit qu’ils ne pou­vaient plus rien faire main­ten­tant que l’af­faire était ju­gée ».

Omar Ou­lad Lhadj a, en ef­fet, épui­sé toutes les voies légales de re­cours dans son pays d’ori­gine. Sans que son pré­ju­dice soit re­con­nu.

Aus­si en ap­pelle­t­il au­jourd’hui di­rec­te­ment au roi du Ma­roc, Mo­ham­med VI. « Je sais qu’il n’y a que lui qui peut faire quelque chose pour ma si­tua­tion », as­sure l’Or­léa­nais.

Très ac­tif sur les ré­seaux so­ciaux, grâce à ses fils, il es­père que la mé­dia­ti­sa­tion de son af­faire se­ra re­layée dans son pays. Si les choses ne se dé­cantent pas ra­pi­de­ment, il en­vi­sage d’en­ta­mer une nou­velle grève de la faim dès de­main. ■

PHO­TO A. C.

AC­TION. Omar Ou­lad Lhadj avait dé­jà ma­ni­fes­té de­vant le consu­lat en mai 2017.

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