Plus de 1.500 km à la force des bras

■ Le kaya­kiste Jo­ris Le­clercq en­vi­sage une ex­pé­di­tion en so­li­taire entre Mon­go­lie et Si­bé­rie en 2019

La République du Centre (Orleans) - - Orléans Vivre Sa Ville - Cin­dy Rou­dier-Va­laud

Jo­ris Le­clercq, guide kaya­kiste, avait des­cen­du la Loire l’hi­ver seul, en 2016. Il a com­men­cé la pré­pa­ra­tion de son nou­veau dé­fi, pour le prin­temps 2019.

Jo­ris Le­clercq fait du kayak de­puis l’âge de 6 ans. Pen­dant plus de 10 ans, ce­lui qui était ani­ma­teur en mai­rie n’a ex­ploi­té sa pas­sion que l’été en en­ca­drant des en­fants en co­lo­nie de va­cances.

Il a eu le dé­clic d’en faire son mé­tier en 2010. En 2014, il dé­cide de créer sa propre en­tre­prise. C’est ain­si que Des­ti­na­tion H2O voit le jour à Or­léans, avec pour cre­do : « faire vivre des ex­pé­riences tou­ris­tiques in­so­lites dans la na­ture, en ca­noë, de fa­çon haut de gamme ».

Des­cendre la Loire en hi­ver

En 2016, il fran­chit une nou­velle étape. En temps nor­mal, l’été, les gens des­cendent la Loire en trois se­maines. Jo­ris se lance le dé­fi de par­cou­rir les quelque 780 ki­lo­mètres du Puy­en­Ve­lay à Nantes, en kayak, en deux se­maines maxi­mum et l’hi­ver. temps réel.

« L’hi­ver per­sonne ne le fait. La plus grosse étape était 82 ki­lo­mètres en une jour­née. Je suis par­ti du 20 no­vembre au 5 ou 6 dé­cembre. J’ai fait zé­ro pré­pa­ra­tion, puisque j’ai l’ha­bi­tude de faire des sé­jours longs avec mes clients », pré­cise­t­il. Il a ren­con­tré les fortes pluies, un épi­sode cé­ve­nol, des tem­pé­ra­tures jus­qu’à ­6 °C. Il était en au­to­no­mie, avec 150 à 200 kg de ma­té­riel sur son ca­noë ca­na­dien.

« C’était une ex­pé­di­tion test », avoue­t­il. Son, coeur est, de­puis deux ans, dé­jà tour­né vers la Mon­go­lie, où il en­vi­sage de par­tir au prin­temps 2019.

« La des­ti­na­tion me plai­sait. J’ai re­gar­dé sur Google pour voir le par­cours. Je vais pa­gayer 1.500 ki­lo­mètres entre le lac Kovs­gol, en Mon­go­lie, et le lac Baï­kal, en Si­bé­rie. Sur Google Earth, cette ri­vière n’existe pas. Je veux par­tir en avril­mai pour pro­fi­ter de la fonte des neiges. Mais à cette pé­riode, il peut faire 25 °C la jour­née et ­5 à ­10 °C la nuit. »

C’est un tout autre dé­fi qui s’an­nonce. Seul, en au­to­no­mie, pen­dant deux mois. « Il y a quelques vil­lages de yourtes sur le tra­jet mais si­non je se­rai tout seul dans la fo­rêt. Il y a des pe­tits ours, des loups… C’est de la ri­vière al­pine, le dan­ger est que s’il pleut les ri­vières gonflent très vite. Mais la par­ ti­cu­la­ri­té de la Mon­go­lie est qu’ils n’aiment pas l’eau. Il faut comp­ter 3 à 4 jours pour que les se­cours ar­rivent si j’ai un pro­blème. »

Jo­ris Le­clercq se forme donc aux pre­miers se­cours sur lui­même. « Mais je ne suis pas du genre à m’in­quié­ter. Je ver­rai sur place. J’es­saye de tout pré­voir et après je m’adapte. On se met face à nos res­pon­sa­bi­li­tés et il faut en as­su­mer les consé­quences ». C’est no­tam­ment le mes­sage qu’il fe­ra pas­ser dans le film d’une qua­ran­taine de mi­nutes qu’il en­vi­sage de tour­ner du­rant son aven­ture. Il au­ra no­tam­ment un drone.

Il de­vra aus­si trou­ver un pas­seur pour tra­ver­ser la fron­tière entre la Mon­go­lie et la Rus­sie. Il tra­vaille ac­ti­ve­ment à la re­cherche de par­te­na­riats et com­mence à lan­cer des ac­tions pour fi­nan­cer son pro­jet, puis­qu’il es­time le coût de cette ex­pé­di­tion à 20.000 €. « Le trans­port du ma­té­riel re­pré­sente dé­jà un quart du bud­get. » Il pré­voit de s’en­traî­ner l’hi­ver pro­chain pour ha­bi­tuer son corps à des condi­tions dif­fi­ciles qui peuvent du­rer. ■

Deux mois, en au­to­no­mie, en Mon­go­lie

PHO­TO CHRIS­TELLE GAUJARD

COM­MU­NI­CA­TION. Lors de son ex­pé­di­tion, Jo­ris Le­clercq re­ce­vra, de­puis la France, la mé­téo en Il se­ra équi­pé d’un GPS traceur avec fonc­tion SOS.

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