« Il est beau­coup ques­tion d’amour »

■ À par­tir de ce soir, le Ca­do pré­sente Au dé­but, un spec­tacle au­tour de l’ex­pé­rience de la ges­ta­tion

La République du Centre (Orleans) - - Orléans Culture - Ju­lie Pou­let-Se­vestre ju­lie.pou­let@cen­tre­france.com :

Der­niers ren­dez-vous de la sai­son du Ca­do. Au théâtre à par­tir de ce soir Au dé­but, un spec­tacle mis en scène par Pan­chi­ka Ve­lez d’après les mots de Fran­çois Bé­gau­deau.

An­cien en­sei­gnant, cri­tique lit­té­raire, scé­na­riste, au­teur, entre autres du re­mar­qué Entre les murs, Fran­çois Bé­gau­deau a si­gné, en 2012 Au dé­but, treize ré­cits au­tour du thème de la gros­sesse. Ren­contre avec l’au­teur qui a adap­té son ou­vrage pour la scène.

Pour com­men­cer, pou­vez­vous nous ré­su­mer la pièce en quelques mots ?

Pour moi, la gros­sesse a tou­jours été, je ne di­rais pas le pré­texte, mais la zone cen­trale pour par­ler de vie, de vie de gens et, en l’oc­cur­rence, de vie de femmes. Je sen­tais qu’en par­tant sur ce thème de la gros­sesse, sur ces neuf mois, on al­lait par­ler de l’avant et évi­dem­ment de l’après et, au bout du compte, al­lait se re­cons­ti­tuer une vie.

En fait, il est beau­coup ques­tion d’amour : le su­jet af­fi­ché, c’est la ges­ta­tion, en­fin la pro­créa­tion, l’en­fan­te­ment ; le su­jet de fond, c’est l’amour, comment deux per­sonnes en ar­rivent à faire cette chose à la fois la plus nor­male du monde et la plus dingue…

En écri­vant ce livre, pen­siez-vous à une pos­sible adap­ta­tion théâ­trale ?

En écri­vant, je ne pense ja­mais à une adap­ta­tion. C’est Pan­chi­ka Ve­lez qui a eu cette idée. Quand elle a lu le livre, pas très long­temps après sa sor­tie, elle a pen­sé que ça pour­rait faire un texte de théâtre.

■ Vous avez donc adap­té votre texte en ne gar­dant que quatre ré­cits sur les treize. Comment s’est ef­fec­tué votre choix ? J’avais l’in­tui­tion que quatre ré­cits étaient le maxi­mum que l’on puisse im­po­ser aux spec­ta­teurs. Ce sont des ré­cits qui ont leur au­to­no­mie sur scène, leur com­plexi­té propre et qui peuvent fonc­tion­ner en­semble. Ce sont aus­si un peu nos pré­fé­rés à Pan­chi­ka et à moi. Le choix s’est aus­si ef­fec­tué se­lon un prin­cipe de va­rié­tés : en fonc­tion de l’âge des per­son­nages, de leurs hu­meurs, des angles abor­dés…

Avez-vous en­suite par­ti­ci­pé à la mise en scène ?

Je crois qu’il faut, à un mo­ment, lais­ser les clefs au met­teur en scène, en toute confiance. Et puis, il y a eu une zone tam­pon, car, à un mo­ment, le texte a exis­té lors de lec­tures pu­bliques. Et j’étais dans les lec­teurs, dans le rôle de l’homme. Cette zone nous a per­mis de beau­coup dis­ cu­ter avec Pan­chi­ka, de voir ce qui fai­sait ré­agir le pu­blic, ce qui mar­chait, j’ai même un peu amen­dé le texte en fonc­tion de mes im­pres­sions. C’est à ce mo­ment­là qu’il y a eu un tra­vail de col­la­bo­ra­tion, au­tour de ces 3 ou 4 lec­tures. Puis, à par­tir du mo­ment où Pan­chi­ka se lan­çait dans la mise en scène en tant que telle, je n’in­ter­ve­nais plus.

L’avez-vous vu sur scène ?

Je n’ai vu qu’un dé­but de fi­lage, il y a deux ou trois se­maines. De­puis, ils ont beau­coup tra­vaillé. Je vais vrai­ment dé­cou­vrir le spec­tacle de­main soir (ce mar­di). Pour l’ins­tant, ce que j’ai vu m’a beau­coup plu, ça marche très bien. Por­tés par un ac­teur, ces ré­cits ac­quièrent là une di­men­sion émo­tion­nelle que le livre ne peut pas avoir. ■

➔ Pra­tique. Re­pré­sen­ta­tions du 17 au 22 avril puis du 5 au 10 juin. Mar­dis 17 avril et 5 juin ; ven­dre­dis 20 avril et 8 juin ; sa­me­dis 21 avril et 9 juin, à 20 h 30. Mer­cre­dis 18 avril et 6 juin, jeudi 19 avril et 7 juin, à 19 heures. Sa­me­dis 21 avril et 9 juin, à 17 heures. Di­manches 22 avril et 10 juin à 15 heures. Ta­rif : 35 € (TR 12 €). Tél. Ca­do : 02.38.54.29.29.

PHO­TO DR

HIS­TOIRE. Fran­çois Bé­gau­deau s’in­té­resse à la gros­sesse dans d’au­jourd’hui sur la scène du théâtre. Au dé­but, pré­sen­té à par­tir

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