Les des­sous de la ver­re­rie

■ L’his­toire de Du­ra­lex ra­con­tée par le GHL

La République du Centre (Orleans) - - Agglo Orléans Ouest -

Sa­viez-vous qu’avant de fa­bri­quer des verres Du­ra­lex, la ver­re­rie pro­dui­sait des bon­bonnes pour le vi­naigre et des fla­cons de par­fum ? Plon­gée dans l’his­toire mé­con­nue de cette en­tre­prise.

Un col­lec­tif d’ar­tistes réunis a mon­té une ex­po­si­tion au­tour du my­thique verre « Pi­car­die », pro­duit par l’en­tre­prise Du­ra­lex. À cette oc­ca­sion, le Groupe d’his­toire lo­cale (GHL) a re­tra­cé l’his­toire mou­ve­men­tée de la ver­re­rie de La Cha­pelle­Saint­Mes­min.

Après un bref aper­çu de la dé­cou­verte du verre et l’his­toire de sa fa­bri­ca­tion, Chris­tian Veillon du GHL a évo­qué les cir­cons­tances de la fon­da­tion de la ver­re­rie, liée au fa­bri­cant de vi­naigre Des­saux.

Des bon­bonnes puis des fla­cons

Au mi­lieu du XIXe siècle, la fa­mille Des­saux est pro­prié­taire de ter­rains agri­coles cou­verts de ver­gers et de vignes, à l’em­pla­ce­ment ac­tuel de la ver­re­rie. Elle uti­li­sait le rai­sin ré­col­té pour fa­bri­quer son vi­naigre à Or­léans mais aus­si pour com­mer­cia­li­ser de l’al­cool de fruits et de rai­ sin pro­duit dans une distillerie ins­tal­lée sur son site.

Au dé­but du XXe siècle, l’ac­ti­vi­té de distillerie ayant été un peu aban­don­née, Des­saux dé­cide d’ins­tal­ler, en 1927, une pe­tite ver­re­rie pour pro­duire les bon­bonnes né­ces­saires à la com­mer­cia­li­sa­tion du vi­naigre.

Cé­dée en 1931 au riche par­fu­meur in­dus­triel Fran­çois Co­ty, ce der­nier in­ves­tit beau­coup pour l’agran­dir, la mo­der­ni­ser. Il y ins­talle deux fours à bas­sin de ton­nage pour fa­bri­quer des fla­cons de par­fum et des ar­ticles de go­be­le­te­rie jus­qu’en 1934, date à la­quelle il meurt su­bi­te­ment à 60 ans. Verre trem­pé

Ses hé­ri­tiers ne sou­hai­tant pas conser­ver l’usine, le groupe Saint­Go­bain dé­cide alors de l’ac­qué­rir en sep­tembre 1934. Il y ins­talle une fi­liale dans le but de mettre au point la vais­selle en verre trem­pé.

Dès 1945, la marque Du­ra­lex est dé­po­sée et les fa­ meux go­be­lets « Gi­gogne » et « Pi­car­die » se­ront pro­duits. Les dif­fi­cul­tés ap­pa­raissent en 1970. La ver­re­rie se­ra ven­due au groupe ver­rier Bor­mio­li Roc­co puis cé­dée, 7 ans plus tard, à deux autres re­pre­neurs, sans suc­cès.

C’est seule­ment en 2008 que quatre ac­tion­naires pro­po­se­ront un plan de re­prise avec un plan mi­sant sur la qua­li­té « Made in France », re­con­nue et exi­gée par une clien­tèle étran­gère à plus de 80 %. ■

CON­FE­RENCE. Chris­tian Veillon, du Groupe d’his­toire lo­cale (GHL), a évo­qué les cir­cons­tances de la fon­da­tion de la ver­re­rie qui a au­jourd’hui presque un siècle d’exis­tence.

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