LA DÉ­PRES­SION DES SURDOUÉS

La Recherche - - Courrier -

Dans votre ar­ticle sur les surdoués ( La Re­cherche, hors­sé­rie n° 18, p. 22), un rac­cour­ci de rai­son­ne­ment éta­blit un lien de cau­sa­li­té sans au­cune ana­lyse. En ef­fet, il n’est pas évident que la perte d’es­time de soi soit une cause de dé­pres­sion. Ce­la pour­rait être l’in­verse, ou les deux pour­raient être des consé­quences d’une même cause.

Ma­rie-Noëlle Tar­dy, pé­do­psy­chiatre Les surdoués (SD) et les hauts po­ten­tiels (HPI) vivent un « dé­ca­lage iden­ti­taire » du fait de leur grande sen­si­bi­li­té : ils ont ten­dance à pri­vi­lé­gier le point de vue des autres plu­tôt que le leur. C’est le « manque d’es­time de soi » dont nous par­lions. Il im­porte de le cor­ri­ger pour les ai­der à re­trou­ver leur lé­gi­ti­mi­té. Sans ce­la, lors­qu’ils se font ma­ni­pu­ler, il leur ar­rive de re­tour­ner contre eux-mêmes leur agres­si­vi­té, qu’ils ont du mal à gé­rer, ce qui les conduit à dé­pri­mer. Et le cô­té nar­cis­sique du monde ac­tuel ne fa­vo­rise pas l’ac­com­pa­gne­ment po­si­tif, mais plu­tôt les rap­ports de force. Ce­ci n’est pas fa­vo­rable à l’épa­nouis­se­ment des SD et des HPI, chez qui c’est le risque de dé­pres­sion qui do­mine.

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