Un pro­jet pour la tran­si­tion éner­gé­tique

Le ré­seau de cha­leur Pa­ris-Sa­clay,

La Revue des Collectivités Locales - - Dossier -

La mise en place d’un nou­veau mo­dèle éner­gé­tique est un des pi­liers es­sen­tiels du fu­tur cam­pus ur­bain de Pa­ris-Sa­clay, pro­jet ma­jeur du Grand Pa­ris avec la construc­tion pro­gram­mée de 1 740 000 m² concen­trant grandes écoles, uni­ver­si­tés, la­bo­ra­toires, centres de re­cherche pu­blics et pri­vés et en­tre­prises de hautes tech­no­lo­gies. En tra­vaillant si­mul­ta­né­ment sur la so­brié­té éner­gé­tique (réa­li­sa­tion de nou­veaux bâ­ti­ments très per­for­mants (HQE H&E et la­bel Ef­fi­ner­gie+) et ré­ha­bi­li­ta­tion du parc exis­tant), la mise en va­leur d’éner­gies lo­cales et re­nou­ve­lables et un pi­lo­tage in­tel­ligent fon­dé sur la com­mu­ni­ca­tion entre tous les ac­teurs, l’éta­blis­se­ment pu­blic Pa­ris-Sa­clay (EPPS), éta­blis­se­ment pu­blic d’État en charge de l’amé­na­ge­ment du ter­ri­toire, et la com­mu­nau­té d’ag­glo­mé­ra­tion du pla­teau de Sa­clay (CAPS) sou­haitent faire du cam­pus ur­bain, un ter­ri­toire à éner­gie po­si­tive.

Les études tech­niques ap­pro­fon­dies, pi­lo­tées par l’EPPS dans le cadre de sa mis­sion d’amé­na­ge­ment, ont per­mis d’abou­tir à la conclu­sion que pour at­teindre une part d’éner­gie re­nou­ve­lable éle­vée à l’échelle du cam­pus ur­bain, l’ali­men­ta­tion de l’en­semble des pro­jets im­mo­bi­liers du pla­teau était pos­sible grâce à la construc­tion d’un ré­seau de cha­leur et de froid ali­men­té de ma­nière im­por­tante par des puits géo­ther­miques sur la nappe de l’Al­bien. Cette so­lu­tion col­lec­tive mu­tua­li­sée per­met en ef­fet, d’une part, de va­lo­ri­ser au bé­né­fice de l’en­semble des pro­jets im­mo­bi­liers, les éner­gies re­nou­ve­lables lo­cales dis­po­nibles à moindre coût, et d’autre part de rendre pos­sible les échanges d’éner­gies ( chaud et froid) entre les dif­fé­rents pro­jets im­mo­bi­liers, contri­buant à une baisse du coût de l’éner­gie fi­nale.

Grâce au ré­seau de cha­leur et de froid, l’en­semble des ins­tal­la­tions ther­miques ( pompes à cha­leur, sous-sta­tions d’échanges…) se­ra gé­rée de ma­nière co­or­don­née pour op­ti­mi­ser la dis­tri­bu­tion d’éner­gie en fonc­tion des dif­fé­rents usages et des ca­rac­té­ris­tiques des bâ­ti­ments, mais aus­si du coût des éner­gies et de leur in­ten­si­té car­bone. Par exemple, le chauf­fage des bâ­ti­ments ter­tiaires et d’édu­ca­tion peu oc­cu­pés ou vides à par­tir de 18 heures pour­ront être mis en veille au mo­ment où les be­soins des lo­ge­ments aug­men­te­ront. Toutes les ins­tal­la­tions du ré­seau uti­li­sées lors des pics de consom­ma­tion, se­ront pi­lo­tées de ma­nière co­or­don­née. Dans les phases ul­té­rieures de l’amé­na­ge­ment, d’autres sources d’éner­gie re­nou­ve­lable pour­ront ali­men­ter le ré­seau, comme une uni­té de mé­tha­ni­sa­tion ou une chauf­fe­rie bio­masse.

Le ré­seau de cha­leur et de froid consti­tue ain­si une os­sa­ture struc­tu­rante, in­fra­struc­ture évo­lu­tive per­met­tant d’ac­com­pa­gner le pro­jet ur­bain dans toutes les phases de son dé­ve­lop­pe­ment. Cette in­fra­struc­ture, et plus lar­ge­ment la stra­té­gie éco­ter­ri­toire de l’EPPS, a été dis­tin­guée par le mi­nis­tère de l’Éco­lo­gie du Dé­ve­lop­pe­ment du­rable et de l’Éner­gie, qui l’a do­tée d’un fi­nan­ce­ment spé­ci­fique dans le cadre de son ap­pel à pro­jets « ter­ri­toires à éner­gie po­si­tive pour la crois­sance verte ».

Pour la pre­mière phase d’amé­na­ge­ment des deux zones d’amé­na­ge­ment concer­té (ZAC) du cam­pus Pa­ris-Sa­clay (en­vi­ron 700 000 m² rac­cor­dés à l’ho­ri­zon 2020), les in­ves­tis­se­ments du ré­seau de cha­leur sont éva­lués à 51,7 M€.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.