Dos­sier

Les élus à la re­con­quête des centres-villes

La Revue des Collectivités Locales - - Sommaire - Dos­sier réa­li­sé par Blan­dine Klaas

Les villes moyennes fran­çaises connaissent une désaf­fec­tion pré­oc­cu­pante de leurs centres, aus­si bien des com­merces que des ha­bi­tants. Pour les res­su­ci­ter, les mu­ni­ci­pa­li­tés mul­ti­plient les ef­forts. Parce qu’un centre-ville dy­na­mique est un lieu de vie, de ren­contre et d’échange, un lieu de consommation, et aus­si un atout pour at­ti­rer les en­tre­prises et les po­pu­la­tions.

Il ne peut y avoir de vi­ta­li­té com­mer­ciale en centre-ville sans une dé­mo­gra­phie dy­na­mique et une si­tua­tion so­cio-éco­no­mique fa­vo­rable, de bonnes condi­tions éco­no­miques d’ex­ploi­ta­tion pour les pro­fes­sion­nels du com­merce, un en­vi­ron­ne­ment ur­bain adap­té et un bon équi­libre entre pé­ri­phé­rie et cen­tra­li­té. Ces conclu­sions sont celles du rap­port de l’Ins­pec­tion gé­né­rale des Fi­nances (IGF) et du Con­seil gé­né­ral de l’en­vi­ron­ne­ment et du dé­ve­lop­pe­ment du­rable (CGEDD), in­ti­tu­lé « Re­vi­ta­li­sa­tion com­mer­ciale des centres-villes » et re­mis à l’au­tomne der­nier à la mi­nistre du com­merce et de l’ar­ti­sa­nat, Mar­tine Pin­ville. Ce do­cu­ment fait le constat d’une ac­cen­tua­tion de la va­cance com­mer­ciale dans les centres-villes, dont le taux est pas­sé de 6,1 % à 10,4 % entre 2001 et 2015. Ce phé­no­mène, qui touche for­te­ment les villes moyennes (de 10 000 à 100 000 ha­bi­tants) n’est que « l’hé­ri­tage d’une dé­cen­tra­li­sa­tion vers la pé­ri­phé­rie de nos villes, qui font qu’au­jourd’hui les com­merces de l’hy­per­centre ren­contrent des dif­fi­cul­tés », af­fir­mait Ca­ro­line Cayeux, pré­si­dente de l’as­so­cia­tion villes de France et maire de Beau­vais, à l’oc­ca­sion d’un col­loque or­ga­ni­sé au prin­temps der­nier sur le su­jet. Pour des rai­sons de sta­tion­ne­ment et de meilleure cir­cu­la­tion, les villes ont dé­cen­tra­li­sé cer­taines ac­ti­vi­tés com­mer­ciales vers la pé­ri­phé­rie. Les élus constatent que souvent, les baux com­mer­ciaux sont très éle­vés en centre-ville. Quant aux ha­bi­tants, ils partent s’ins­tal­ler à la pé­ri­phé­rie et dé­placent avec eux leur centre de gra­vi­té. Les an­nées pas­sant, les centres-villes sont de­ve­nus plus dif­fi­ciles à ani­mer. « Nous nous sommes ren­dus compte que le nombre de m2 com- mer­ciaux en pé­ri­phé­rie était suf­fi­sant par rap­port à la taille de la ville, re­con­naît Em­ma­nuel Dar­cis­sac, pre­mier ad­joint au maire d’Alen­çon. Nous de­vons dé­sor­mais en maî­tri­ser l’es­sor. Au­jourd’hui, nous es­sayons plu­tôt de jouer en termes de com­plé­men­ta­ri­té entre le coeur de ville et la pé­ri­phé­rie ». Si nombre de villes souffrent de la pré­sence en nombre de centres com­mer­ciaux à leurs portes, les nou­veaux modes de consommation sur In­ter­net ne font qu’ag­gra­ver le dé­clin des com­merces de centre-ville qui touche, à des de­grés di­vers, une ma­jo­ri­té de villes moyennes et pe­tites villes. Les causes gé­né­rales sont clai­re­ment iden­ti­fiées. Les re­mèdes lo­caux res­tent à in­ven­ter pour mettre un terme à ce dé­clin. « Il n’existe pas de so­lu­tion uni­ver­selle, c’est pour­quoi il faut ex­pé­ri­men­ter dans quelques villes moyennes des pro­jets de re­vi­ta­li­sa­tion com­mer­ciale du centre-ville, avec tous les ac­teurs concer­nés », dé­cla­rait ré­cem­ment la mi­nistre du Com­merce et de l’Ar­ti­sa­nat, Mar­tine Pin­ville.

À l’origine de toute ac­tion en fa­veur du com­merce et d’une re­vi­ta­li­sa­tion du coeur de ville pré­vaut la vo­lon­té po­li­tique des élus res­pon­sables de la ville et de l’in­ter­com­mu­na­li­té d’en­ga­ger et de mettre en oeuvre un pro­jet glo­bal adap­té à la si­tua­tion lo­cale. Ce­la sup­pose l’éta­blis­se­ment d’un diag­nos­tic de la si­tua­tion, des forces et des fai­blesses de la ville et de son centre ur­bain. Cette étape obli­ga­toire

doit per­mettre aux élus et à tous les ac­teurs lo­caux de prendre la pleine me­sure de la si­tua­tion, sans com­plai­sance, en vue d’éla­bo­rer un plan d’ac­tion.

Faire re­ve­nir les com­merces et les ha­bi­tants en centre-ville

Ren­for­cer la vi­si­bi­li­té des es­paces com­mer­ciaux, aides à la ré­no­va­tion de fa­çades et vi­trines, aides aux com­mer-

çants pour la ré­no­va­tion de leurs lo­caux, aides aux amé­na­ge­ments d’accessibilité, les ac­tions me­nées sont nom­breuses pour re­don­ner de l’at­trac­ti­vi­té aux com­merces de centre-ville. C’est ain­si que la ré­flexion me­née par la mu­ni­ci­pa­li­té de Beau­vais a dé­bou­ché sur la construc­tion d’un centre com­mer­cial en plein centre-ville pour faire re­ve­nir les consom­ma­teurs. Ces der­niers bé­né­fi­cient par ailleurs d’un par­king de 830 places avec 1h30 de sta­tion­ne­ment gra­tuit. Le centre com­mer­cial

per­met d’agran­dir la zone de cha­lan­dise du centre-ville. Et pour ne pas désa­van­ta­ger les com­merces alen­tours, le ges­tion­naire du centre com­mer­cial a pré­vu un fonds de sou­tien d’un mon­tant de 100 000 eu­ros des­ti­né aux com­merces qui sou­haitent ré­no­ver leurs lo­caux de bé­né­fi­cier d’une aide de 50 % des tra­vaux en­ga­gés.

La ville de Nan­cy, qui af­fiche un taux de va­cance re­la­ti­ve­ment faible par rap­port à la moyenne na­tio­nale (6 %), ne se re­pose pas pour au­tant sur ses lau­riers et sou­haite fa­vo­ri­ser l’ins­tal­la­tion de nou­veaux concepts com­mer­ciaux. « Une en­tre­prise qui sou­haite se lan­cer dis­pose de nom­breuses pos­si­bi­li­tés avec les pé­pi­nières d’en­tre­prises et les struc­tures d’ac­com­pa­gne­ment. Lorsque cet en­tre­pre­neur est com­mer­çant, il a avant tout be­soin d’une vi­trine », ex­plique Syl­vie Pe­tiot, pre­mière ad­jointe au maire, dé­lé­guée à l’éco­no­mie et au com­merce. « Il doit être vu et iden­ti­fié. Une autre dif­fi­cul­té se pose avec les baux qui ne sont pas tou­jours ac­ces­sibles, tout comme les loyers et l’en­ga­ge­ment de­man­dé » . Pour ré­pondre à cette de­mande, la ville a iden­ti­fié un lo­cal très bien pla­cé en coeur de ville qu’elle met à la dis­po­si­tion d’un por­teur de pro­jet dans des condi­tions fi­nan­cières in­té­res­santes et sur des dé­lais

courts. Jus­qu’à 18 mois maxi­mum. « Si le com­merce fonc­tionne, nous l’ac­com­pa­gnons pour se dé­lo­ca­li­ser ailleurs dans le cen­tre­ville et lais­ser la place à un autre com­mer­çant » . Les tra­vaux ont été pris en charge fi­nan­ciè­re­ment par la Ville de Nan­cy au tra­vers d’un chan­tier d’in­ser­tion per­met­tant à une dou­zaine de jeunes d’avoir

une for­ma­tion qua­li­fiante et en­ca­drée. Es­sayer son com­merce avant de l’adop­ter, c’est aus­si le concept que pro­pose la Fé­dé­ra­tion des bou­tiques à l’essai et non sans suc­cès. Ce pro­gramme per­met à un por­teur de pro­jet de tes­ter pen­dant quelques mois son idée de com­merce en centre-ville grâce à un loyer mo­dé­ré et à un ac­com­pa­gne­ment pré et post créa­tion. « Nous avons été contac­tés par plus de 300 villes et tra­vaillons ac­tuel­le­ment avec 26 d’entre elles », nous ap­prend Maxime Bréard, co­or­di­na­teur na­tio­nal pour cette struc­ture créée il y a à peine 3 ans. « Il est es­sen­tiel que les lo­caux va­cants soient de nou­veau oc­cup­pés. Dans le cadre de l’ac­cord que nous si­gnons avec les villes, nous nous rap­pro­chons des pro­prié­taires pour les in­ci­ter à louer leur lo­cal. Les prix des baux com­mer­ciaux est ci­té comme étant un frein. Avec ce concept, nous cas­sons les codes du com­merce. Pour la lo­ca­tion, il n’y a plus ni droit d’en­trée ni droit fi­nan­cier pour un por­teur de pro­jet », ajoute Maxime Bréard. Les bou­tiques à l’essai com­mencent avec un bail dé­ro­ga­toire de 6 mois, re­nou­ve­lable un an. L’idée du concept étant la pé­ren­ni­té à l’is­sue de l’ac­tion. Si l’ac­ti­vi­té fonc­tionne, un bail clas­sique 3/6/9 pour­ra être si­gné avec le pro­prié­taire. Le pre­mier com­merce à l’essai a vu le jour à Noyon, dans l’Oise. La ville compte au­jourd’hui une deuxième bou­tique à l’essai. Le concept a été bé­né­fique puisque il y a eu un ef­fet boule de neige avec l’ou­ver­ture de 8 nou­veaux com­merces dans le centre-ville.

L’ac­com­pa­gne­ment des com­mer­çants est une ac­tion es­sen­tielle dans la re­dy­na­mi­sa­tion d’un coeur de ville. C’est dans cette op­tique que la ville d’Alen­çon a choi­si de ren­for­cer la mis­sion éco­no­mique de la Com­mu­nau­té ur­baine et de la ville d’Alen­çon. « L’idée est d’ac­com­pa­gner per­son­nel­le­ment les por­teurs de pro­jets dans leurs dé­marches. Nous avons créé une nou­velle pla­quette com­mer­ciale. Nous va­lo­ri­sons notre ter­ri­toire en termes de qua­li­té de vie, de proxi­mi­té. Les en­tre­prises du ter­ri­toire sont nos am­bas­sa­deurs pour faire ve­nir d’autres en­tre­prises », af­firme Em­ma­nuel Dar­cis­sac, pre­mier ad­joint au maire d’Alen­çon.

Il est es­sen­tiel que les lo­caux va­cants soient à nou­veau oc­cu­pés.

Ani­ma­teur de centre-ville, un mé­tier en plein es­sor

La sau­ve­garde d’un centre-ville ne peut s’ima­gi­ner sans l’exis­tence d’une or­ga­ni­sa­tion, quelle qu’en soit la forme, re­grou­pant l’en­semble les ac­teurs de fa­çon ef­fi­cace et pé­renne. La mise en place de ma­na­gers de centres-villes est une pra­tique éprou­vée dans de nom­breuses col­lec­ti­vi­tés lo­cales. Pour Maxime Bréard, co­or­di­na­teur na­tio­nal de la Fé­dé­ra­tion des bou­tiques à l’essai, les villes ex­priment le be­soin d’être épau­lées sur cer­taines ac­tions : « Nous consta­tons que les villes in­té­res­sés pour re­dy­na­mi­ser leurs centres em­bauchent de nou­veaux col­la­bo­ra­teurs dé­nom­més char­gés de mis­sion com­merce, ma­na­geurs ou dé­ve­lop­peurs de centre-ville ou en­core char­gés de mis­sion centre-ville, des fonc­tions qui n’ont que quelques an­nées d’exis­tence. Ils sont en lien avec les com­mer­çants, connaissent leurs re­quêtes et es­saient d’y ré­pondre » . À Nan­cy, le re­cru­te­ment en jan­vier 2016 d’une per­sonne char­gée du dé­ve­lop­pe­ment du centre-ville fut la pre­mière étape de la stra­té­gie de re­dy­na­mi­sa­tion du cen­tre­ville. « Sa vi­sion de la ville était d’au­tant plus in­té­res­sante qu’il n’était pas ori­gi­naire de la région. En­semble, nous avons tra­vaillé avec tous les par­te­naires, as­so­cia­tions de com­mer­çants avec les­quels nous avons dé­fi­ni un plan d’ac­tion com­merce centre-ville avec des ob­jec­tifs prio­pri­taires », se ré­jouit Syl­vie Pe­ti­tot.

Alen­çon s’est do­tée voi­là trois ans d’un ma­na­ger de ville et d’un of­fice de com­merce qui fonc­tionne plu­tôt bien. « C’est une mis­sion in­dis­pen­sable. Les com­mer­çants ont souvent ma­ni­fes­té l’en­vie d’or­ga­ni­ser ou de par­ti­ci­per à des ani­ma­tions com­mer­ciales, mais il leur man­quait par­fois du temps et sur­tout un co­or­di­na­teur », ex­plique Em­ma­nuel Dar­cis­sac pour qui le ma­na­ger est un rouage es­sen­tiel : « il fait le lien avec l’en­semble des com­mer­çants et porte les ani­ma­tions, il s’oc­cupe du pres- ta­taire et de la com­mu­ni­ca­tion. C’est un poste in­dis­pen­sable pour que les ani­ma­tions com­mer­ciales s’ins­crivent dans le temps et jouissent d’une cer­taine am­pleur » . Le ma­na­ger d’Alen­çon gère no­tam­ment une opé­ra­tion im­por­tante pour les com­mer­çants de la ville : les chèques ca­deaux, ache­tés par les en­tre­prises lo­cales. En 2016, 80 000 eu­ros de chèques ca­deaux ont été ache­tés, une somme qui pro­fi­te­ra aux 130 com­mer­çants du centre-ville.

Une pro­blé­ma­tique glo­bale

Les ex­pé­riences réus­sies de cer­taines com­munes montrent que la re­con­quête

com­mer­ciale du centre-ville né­ces­site de conce­voir un pro­jet po­li­tique re­po­sant sur une ac­tion vo­lon­ta­riste. Les po­li­tiques de re­vi­ta­li­sa­tion com­mer­ciale des centres-villes ne peuvent en­vi­sa­ger la pro­blé­ma­tique com­mer­ciale de ma­nière iso­lée. Elles doivent ain­si mo­bi­li­ser dif­fé­rents ac­teurs pu­blics et pri­vés au­tour

Il est im­por­tant que toute ville ait une vi­sion claire de son centre-ville et de ses cen­tra­li­tés secondaires.

d’un pro­jet com­mun. « Il est im­por­tant que toute ville ait une vi­sion claire de son centre-ville et, le cas échéant, de ses cen­tra­li­tés secondaires. Dé­fi­nir le ou les pé­ri­mètres de cen­tra­li­té cor­res­pon­dants per­met à la col­lec­ti­vi­té d’éta­blir en­suite une stra­té­gie pour, se­lon le contexte, pré­ser­ver, confor­ter ou re­qua­li­fier le centre-ville dans le cadre d’un pro­jet glo­bal mo­bi­li­sant tous les le­viers tech­niques et fi­nan­ciers utiles », pré­co­nise le rap­port de l’IGF. Les villes doivent prendre ce fléau à bras le corps face à la concur­rence des centres com­mer­ciaux ins­tal­lés en pé­ri­phé­rie. Mais ce n’est pas la seule pro­blé­ma­tique. Il faut prendre en compte les don­nées dé­mo­gra­phiques, so­cio-éco­no­miques. La po­pu­la­tion est vieillis­sante et a be­soin aus­si des com­merces de proxi­mi­té. Le com­merce est certes très im­por­tant, mais il ne faut pas pour au­tant dé­lais­ser le sta­tion­ne­ment, les ha­bi­ta­tions, les ser­vices. Une ré­flexion

glo­bale doit être me­née pour faire en sorte que les centres-villes soient de nou­veau dy­na­miques.

La ville d’Oul­lins (26 300 ha­bi­tants), un pe­tit ter­ri­toire de 440 hec­tares au su­douest de Lyon, peut se tar­guer d’avoir réus­si son pa­ri : conser­ver sa rue com­mer­çante flo­ris­sante. His­to­ri­que­ment, la ville s’est or­ga­ni­sée au­tour de sa grande rue et de son com­merce de proxi­mi­té. « Nous avons tou­jours veillé à pré­ser­ver le ca­rac­tère com­mer­cial de la Grande rue qui a connu, ef­fec­ti­ve­ment, des mo­ments dif­fi­ciles, mais qui a tou­jours su s’adap­ter », af­firme Fran­çois-Noël Buf­fet, le sé­na­teur-maire de la ville. L’opé­ra­tion de re­dy­na­mi­sa­tion lan­cée dès 1997 a por­té ses fruits. La pre­mière phase com­por­tait une opé­ra­tion d’ur­ba­nisme, de re­cons­ti­tu­tion d’es­paces pu­blics et l’aug­men­ta­tion des places de par­king. Nous avons aus­si beau­coup tra­vaillé avec l’union com­mer­ciale, des ani­ma­tions com­mer­ciales. Pour l’as­pect ur­bain, l’éclai­rage pu­blic a été re­vu. Pour la deuxième étape, dé­mar­rée en 2002, la mu­ni­ci­pa­li­té a fait ins­crire dans le POS (an­cêtre du PLUH) le prin­cipe de conti­nui­té com­mer­ciale dans la Grande rue, tou­jours en vi­gueur. « Cet ou­til nous a per­mis d’in­ter­ve­nir sur l’oc­cu­pa­tion des fonds de com­merce, les ces­sions et les ac­qui­si­tions. Nous avons ain­si évi­té l’ins­tal­la­tion en centre-ville de nou­velles ac­ti­vi­tés ter­tiaires de type as­su­rances et banques qui n’amènent que peu d’ani­ma­tion », af­firme le sé­na­teur-maire. En pa­ral­lèle de cette conti­nui­té com­mer­ciale, se­ra mise en place une struc­ture de ma­na­ger de centre-ville, en par­te­na­riat avec les com­mer­çants, la chambre de com­merce, la com­mu­nau­té ur­baine et l’État. Ce re­cru­te­ment per­met à la ville de confor­ter sa vo­lon­té po­li­tique.

Au cours du pré­cé­dent man­dat, la voi­rie, les trot­toirs et les es­paces pu­blics du centre-ville ont été en­tiè­re­ment ré­no­vés. La stra­té­gie de re­com­po­si­tion de cette grande rue com­por­tait aus­si la ré­ha­bi­li­ta­tion de lo­ge­ments pour ra­me­ner des ha­bi­tants qui lo­ge­raient et consom­me­rait sur place. En­fin, le der­nier acte po­si­tif de l’équipe mu­ni­ci­pale fut d’ins­crire le droit de préemp­tion com­mer­cial au dé­but du man­dat en cours, un prin­cipe se­lon le­quel, en cas de vente d’un fonds de com­merce, au même titre que pour un im­meuble, la mai­rie peut se por­ter ac­qué­reur. Elle peut ain­si as­su­rer une di­ver­si­fi­ca­tion des com­merces dans la grande rue.

« Nous sommes de­puis près de 20 ans le 7e pôle com­mer­cial de l’ag­glo­mé­ra­tion lyon­naise en termes de chiffre d’af­faires. Ce der­nier étant com­po­sé par de pe­tites uni­tés. Il y a 300 com­merces avec vi­trine dans la com­mune, dont 160 rien que dans la grande rue. Le chiffre d’af­faires est ex­cep­tion­nel pour une zone com­po­sée de pe­tits com­merces », se ré­jouit le sé­na­teur-maire d’Oul­lins.

Re­voir l’or­ga­ni­sa­tion des trans­ports

Se­lon le rap­port de l’IGF, une mu­ni­ci­pa­li­té peut avoir in­té­rêt à ré­exa­mi­ner son plan de dé­pla­ce­ments ur­bains (PDU) pour amé­lio­rer le « par­cours clients » en centre-ville. La ré­vi­sion du PDU pré­sente no­tam­ment l’op­por­tu­ni­té de ré­or­ga­ni­ser les trans­ports en com­mun, le plan de cir­cu­la­tion et de sta­tion­ne­ment, ain­si que les cir­cu­la­tions douces. L’accessibilité des villes moyennes avec no­tam­ment les ques­tions de l’offre de sta­tion­ne­ment, les plans de cir­cu­la­tion du centre-ville ou en­core la ta­ri­fi­ca­tion des par­kings, sont des en­jeux im­por­tants pour l’ac­ti­vi­té du com­merce en centre-ville. S’agis­sant du sta­tion­ne­ment, c’est le ca­rac­tère payant et la mo­du­la­tion des ta­rifs en fonc­tion de la du­rée de sta­tion­ne­ment qui peuvent consti­tuer un frein, par­fois psy­cho­lo­gique, dans les villes moyennes, et ce no­tam­ment par rap­port à la gra­tui­té du sta­tion­ne­ment qu’offrent d’autres zones d’ac­ti­vi­té com­mer­ciale.

De­puis mars 2015, Mâ­con a mis en place une na­vette gra­tuite, de 18 à 23 places, qui cir­cule toutes les 25 mi­nutes et des­sert 13 ar­rêts en centre-ville du mar­di au sa­me­di. Elle se déf­fé­ren­cie des autres lignes de bus de la ville qui ont un tra­jet centre-pé­ri­phé­rie. L’idée étant de ré­duire la place de la voi­ture en centre-ville et pri­vi­lé­gier les modes de cir­cu­la­tion doux. La na­vette des­sert les par­kings si­tués à l’ex­té­rieur de la ville. Un nou­veau plan de cir­cu­la­tion a été mis en place, en sup­pri­mant des feux de cir­cu­la­tion rem­pla­cés par des ronds-points. Une zone 30 a été éten­due à l’en­semble du centre-ville. Même choix pour la ville de Nar­bonne qui mise sur sa ci­ta­dine, une na­vette gra­tuite qui des­sert neuf ar­rêts du centre-ville toutes les dix mi­nutes. Un dis­po­si­tif pour in­ci­ter les Nar­bon­nais et les vi­si­teurs à em­prun­ter les trans­ports en com­mun pour re­joindre le centre-ville. •

La Grande rue d’Oul­lins.

Le centre-ville d’Alen­çon.

Ani­ma­tions dans le centre-ville d’Alen­çon.

La Ville de Saint-Na­zaire et la Caisse des dépôts signent la conven­tion « centres-villes de de­main ».

La place Sta­nis­las à Nan­cy.

La ville d’Oul­lins a créé sa propre marque de centre-ville « Oul­lins of courses ».

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