Ini­tia­tives lo­cales

La ville veut in­tro­duire 80 % de vé­hi­cules élec­triques dans sa flotte au­to­mo­bile

La Revue des Collectivités Locales - - Sommaire - Ar­min­do Dias

Is­sy-les-Mou­li­neaux veut in­tro­duire 80 % de vé­hi­cules élec­triques dans sa flotte au­to­mo­bile Cour­be­voie re­çoit In­ter­net par la lu­mière Brest met en ser­vice le pre­mier té­lé­phé­rique ur­bain de France

La ville qui ex­ploite dé­jà 10 Renault Zoé et 7 Renault Kan­goo ZE de­vrait à terme dis­po­ser d’une flotte de vé­hi­cules plus propres.

En région Île-de-France, il n’y a pas que Pa­ris qui sou­haite ex­ploi­ter de plus en plus de vé­hi­cules propres. D’autres com­munes sont sur la même lon­gueur d’onde, l’une d’elles étant sans conteste Is­sy-les-Mou­li­neaux. Cette ville des Hauts-de-Seine, di­ri­gée par le très cha­ris­ma­tique An­dré San­ti­ni, a pré­vu d’ac­croître la part de vé­hi­cules élec­triques de son parc au­to­mo­bile. « Dans trois ans, il de­vrait in­clure ce type de vé­hi­cules à hau­teur de 80 % », es­time même JeanLouis Baron, le res­pon­sable du ser­vice trans­port d’Is­sy-les-Mou­li­neaux. Entre 2016 et 2019, la part de vé­hi­cules élec­triques dans le parc de la ville au­ra ain­si en­re­gis­tré un bond de près de 50 points : cette part re­pré­sente 30 % avec 17 vé­hi­cules élec­triques pour un parc to­tal de 51 vé­hi­cules par­ti­cu­liers + vé­hi­cules uti­li­taires lé­gers. La ville se pose en mo­dèle, la lé­gis­la­tion im­po­sant au­jourd’hui aux col­lec­ti­vi­tés lo­cales de se tour­ner vers des vé­hi­cules propres à hau­teur de 25 % en cas de re­nou­vel­le­ment. « Nous avons com­men­cé à nous équi­per en vé­hi­cules tout élec­triques cou­rant 2013 », pour­suit Jean-Louis Baron. À cette date, la com­mune s’était aus­si tour­née un peu plus vers les mo­to­ri­sa­tions es­sence, consciente qu’elle ne pou­vait plus mi­ser que sur le seul « bon vieux » Die­sel. Et si le ga­zole est en­core ma­jo­ri­taire dans sa flotte, les choses de­vraient évo­luer ra­pi­de­ment : la ville s’at­tache à re­nou­ve­ler sa flotte tous les cinq ans par voie d’ap­pels d’offres, le pro­chain étant pro­gram­mé pour avril 2019.

« Des contrats de lo­ca­tion longue du­rée avec ser­vices »

« Nos vé­hi­cules sont éga­le­ment en LLD de­puis au moins dix ans », re­lève le res­pon­sable du ser­vice trans­port. Dans ce

do­maine, la ville fait confiance de­puis dé­jà des an­nées à la Diac et à la so­cié­té SAML, res­pec­ti­ve­ment fi­nan­cière du groupe Renault et en­ti­té du groupe de BTP Fayat spé­cia­li­sée dans la lo­ca­tion et la main­te­nance de parcs de vé­hi­cules, aus­si bien d’en­gins de chan­tiers que de VP ou de VUL. À l’ex­cep­tion des scoo­ters qui sont en pro­prié­té, tous les vé­hi­cules mo­to­ri­sés de la ville sont au­jourd’hui en LLD. « Nos contrats de lo­ca­tion longue du­rée in­cluent tous de l’en­tre­tien, le prêt d’un vé­hi­cule de rem­pla­ce­ment en cas d’im­mo­bi­li­sa­tion tem­po­raire et la four­ni­ture de deux trains de pneu­ma­tiques sur la du­rée du mar­ché », pour­suit Jean-Louis Baron. Les pe­tites ré­pa­ra­tions ? Elles ne sont pas toutes confiées à des pres­ta­taires ex­té­rieurs. La ville compte tou­jours un pe­tit ate­lier. Ce der­nier s’at­tache pour l’es­sen­tiel à ré­pa­rer les pneus cre­vés et à dé­pan­ner les per­son­nels de la mai­rie qui ont eu à souf­frir de ces cre­vai­sons, deux opé­ra­tions ef­fec­tuées par un col­la­bo­ra­teur fai­sant of­fice à la fois de mé­ca­ni­cien et de chauf­feur. « Nous ache­tons aus­si nous-mêmes nos pneu­ma­tiques, am­poules et autres jantes », pré­cise le res­pon­sable du ser­vice trans­port d’Is­sy-les-Mou­li­neaux. La ville pro­cède là aus­si par ap­pels d’offres, cette po­li­tique d’achat en di­rect ayant été dé­ci­dée d’abord et avant tout pour des rai­sons de coûts. « C’est beau­coup moins cher que de pas­ser par un par­te­naire », af­firme Jean-Louis Baron.

« Pas de frais à avan­cer en cas de si­nistre »

La ville est en outre dé­jà très bien avan­cée en ma­tière de nou­velle mo­bi­li­té, ayant mis en place un pool de cinq vé­hi­cules au ni­veau de son centre ad­mi­nis­tra­tif. Ils sont ac­ces­sibles par le biais d’un in­tra­net et sont souvent uti­li­sés, aux dires du res­pon­sable du ser­vice trans­port de la ville. Afin de maî­tri­ser au mieux ses coûts et d’évi­ter des abus, la ville re­court aus­si très peu au re­mi­sage à do­mi­cile et ex­ploite des cartes car­bu­rant es­tam­pillées To­tal GR, à rai­son d’une carte car­bu­rant par vé­hi­cule. Et les ré­sul­tats sont là : le bud­get car­bu­rant + péages + par­kings de la com­mune est pas­sé de 49 725 eu­ros en 2013, à 40 190 eu­ros en 2014 et à 33 146 eu­ros en 2015. « Nous n’avons en outre plus de frais à avan­cer en cas de si­nistre dans la me­sure où notre as­su­reur a ac­cep­té de les prendre à sa charge », re­lève Jean-Louis Baron. Les vé­hi­cules sont as- sur­és au­jourd’hui au­près du groupe Ge­ne­ra­li. Le res­pon­sable n’en de­meure pas moins très at­ten­tif à l’état des vé­hi­cules, ces der­niers pou­vant tou­jours don­ner lieu à de sub­stan­tiels frais de re­mises en état — FRE — en fin de contrats LLD. Il a en outre quelques at­tentes vis-à-vis de ses par­te­naires, no­tam­ment les construc­teurs. « Nous ai­me­rions qu’ils aug­mentent l’au­to­no­mie de leurs vé­hi­cules élec­triques et re­voient les pneu­ma­tiques équi­pant ces mêmes VE », in­dique Jean-Louis Baron. Le res­pon­sable a consta­té que l’usure des pneu­ma­tiques équi­pant les vé­hi­cules élec­triques était sen­si­ble­ment plus ra­pide que celle des pneus pré­sents sur les mo­dèles ther­miques, vé­hi­cules par­ti­cu­liers comme vé­hi­cules uti­li­taires lé­gers. Or, ils af­fichent à peu de choses près le même ki­lo­mé­trage an­nuel, à sa­voir 6 000 ki­lo­mètres. « Ce­la nous oblige donc à pro­cé­der à des chan­ge­ments de pneu­ma­tiques plus fré­quents sur les vé­hi­cules élec­triques », re­grette le res­pon­sable du ser­vice trans­port d’Is­sy-les-Mou­li­neaux. Ce­la montre qu’il reste en­core des lignes de coûts sur les­quelles peut tra­vailler la ville d’Is­syles-Mou­li­neaux… « La po­li­tique de la Ville est de ré­duire son em­preinte car­bone, d’op­ti­mi­ser son parc en mu­tua­li­sant au maxi­mum sa flotte et d’adap­ter le mo­dèle des vé­hi­cules aux be­soins réels des uti­li­sa­teurs », conclut Jean-Louis Baron. •

Hô­tel de Ville d’Is­sy-les-Mou­li­neaux.

Le parc de la ville compte près de 90 vé­hi­cules.

Jean-Louis Baron, res­pon­sable du ser­vice trans­port d’Is­sy-les-Mou­li­neaux.

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