AL­BAN MI­CHON & ZRC: PLON­GÉE DANS LES FONDS DE L’ARC­TIQUE

En par­te­na­riat avec l’ex­plo­ra­teur Al­ban Mi­chon, en par­tance pour l’arc­tique, ZRC confirme, avec la Grands Fonds 300, son at­ta­che­ment au monde des océans et de l’aven­ture… Et aus­si au poi­gnet de ceux qui y évo­luent. Afin de fi­nan­cer une par­tie de l’ex­pé­dit

La Revue des Montres - - RDM WORLD / BOUTIQUES - Texte : Vic­tor Mi­get

L’ex­plo­ra­teur Al­ban Mi­chon porte haut la cas­quette d’aven­tu­rier des temps mo­dernes en quit­tant ré­gu­liè­re­ment la ci­vi­li­sa­tion pour s’en­fon­cer dans une na­ture in­hos­pi­ta­lière. Un peu à la ma­nière de l’écri­vain amé­ri­cain Jack Lon­don, qui par­cou­rut le si­lence blanc. Mais ici, pas d’alas­ka ni de fleuve Yu­kon. Al­ban Mi­chon sillonne d’autres dé­cors gla­cés : ceux de l’arc­tique ou du Groen­land. Au cours de sa nou­velle ex­pé­di­tion, bap­ti­sée « Ark­tic », l’ex­plo­ra­teur va tra­ver­ser le pas­sage du Nord-ouest en so­li­taire. Ob­jec­tif : sen­si­bi­li­ser le plus grand nombre à la pro­tec­tion de l’en­vi­ron­ne­ment et aux en­jeux cli­ma­tiques. Il ar­pen­te­ra donc ces pay­sages dé­so­lés dès mars 2018, sur une dis­tance de près de 2 000 km. Sur glace, mais aus­si sous la mer, puisque son pé­riple pré­voit au me­nu quelques plon­gées sous les gla­ciers afin de les ana­ly­ser. Pour l’épau­ler dans son en­tre­prise, au poi­gnet une GF300 qui marque une nou­velle col­la­bo­ra­tion avec ZRC, hor­lo­ger ha­bi­tué du monde ma­rin. Ce der­nier a d’ailleurs fait d’al­ban Mi­chon, le par­rain de la ZRC Grands Fonds – il bé­né­fi­cie­ra de son édi­tion li­mi­tée. Pour l’oc­ca­sion, la pièce se voit frap­pée du lo­go du pro­jet sur son ca­dran, soit un ours po­laire qui sur­plombe le nom de l’aven­ture : « Ark­tic ». Cette belle aven­ture se­ra fi­nan­cée, en par­tie par Kicks­tar­ter, plate-forme de fi­nan­ce­ment par­ti­ci­pa­tif. L’opé­ra­tion se­ra lan­cée le 15 sep­tembre. « Des montres spé­ciales North Ad­ven­ture, des goo­dies, des packs, des voyages au pôle Nord, se­ront dis­po­nibles. L’ob­jec­tif du Kicks­tar­ter vise à com­bler le bud­get. Pour l’ins­tant, nous en avons 60%, il nous en manque en­core 40% », ex­plique Georges Bru­net, DG de ZRC. En ef­fet, sans grande sur­prise, un tel pé­riple coûte cher. Il faut, par exemple, fi­nan­cer plu­sieurs ra­vi­taille­ments qui se­ront ef­fec­tués... par hé­li­co­ptère.

Une ar­mure sur me­sure

Quant au fa­meux garde-temps, il af­fiche toutes les fonc­tion­na­li­tés in­dis­pen­sables en ces lieux hos­tiles. Af­fi­chant heures, mi­nutes et se­condes, il est do­té d’un verre sa­phir de 3 mm, d’un boî­tier et d’un bracelet en acier 316L ama­gné­tique, pour un poids to­tal d’en­vi­ron 210 grammes. Au­tant d’atouts qui com­posent ce bi­jou aux lignes ten­dues et à l’es­thé­tique ra­cée. Pour­quoi un tel ob­jet en Arc­tique ? Cer­tai­ne­ment pas pour sé­duire les pin­gouins et en­core moins les ours blancs. Peut-être pour son cô­té ras­su­rant qui rap­pelle la ci­vi­li­sa­tion, alors même qu’al­ban se­ra au mi­lieu d’éten­dues sau­vages, où la no­tion même de temps perd son sens. Mais au-de­là de la di­men­sion sym­bo­lique, l’ob­jet em­barque sur­tout quelques spé­ci­fi­ci­tés fort utiles lors des plon­gées sous gla­cier. « Al­ban Mi­chon dis­po­se­ra d’un mo­dèle unique, ca­pable de ré­sis­ter à de nom­breuses contraintes », sou­ligne Georges Bru­net. En ef­fet, la GF300 a en­fi­lé une ar­mure sur me­sure. « La montre com­porte un verre ren­for­cé spé­cia­le­ment étu­dié, avec une loupe cô­té in­terne pour gros­sir la date, ce qui a né­ces­si­té une aug­men­ta­tion du vo­lume. Le verre, lui, a été bom­bé, pas­sant de 3 à 4 mm. En outre, des huiles spé­ci­fiques viennent rem­pla­cer les or­di­naires dans le mou­ve­ment.

Spé­ci­fiques parce que celles-là ne gèlent pas lorsque les tem­pé­ra­tures des­cendent à -40°C », dé­taille Georges Bru­net. Et de pour­suivre : « La montre est faite en acier ama­gné­tique, c’est une boîte de Fa­ra­day. De cette fa­çon, elle n’est pas in­fluen­cée ni dé­ré­glée par le ma­gné­tisme au pôle. » Et ce n’est pas tout. Le boî­tier sa­blé de la GF300 lui confère une plus grande ré­sis­tance aux rayures, tan­dis que la cou­ronne, sur­di­men­sion­née, per­met de mieux la sai­sir, même avec des gants de plus de 2 cm d’épais­seur. Pra­tique, sur­tout lorsque l’on doit évo­luer dans un en­vi­ron­ne­ment où rien ne ré­siste vrai­ment long­temps, bat­te­rie et piles en tête, et que le tra­vail du prin­ci­pal in­té­res­sé consiste à plon­ger sous des gla­ciers. Bien sûr, les mo­dèles pro­po­sés sur Kicks­tar­ter res­sem­ble­ront à cette montre, mais sans pour au­tant em­bar­quer toutes ces amé­lio­ra­tions. « C’est une mou­ture qui a son uti­li­té là-bas, mais pas pour Mon­sieur Tout-le-monde. Donc il s’agi­ra de mo­dèles plus cou­rants », pré­cise Georges Bru­net.

… mais qui reste une GF300

Outre ces ajus­te­ments de cir­cons­tance, cette GF300 conserve ses ca­rac­té­ris­tiques cou­rantes. Comme son étan­chéi­té jus­qu’à 300 mètres, ou en­core les ai­guilles Mag­num et in­dex Su­per­lu­mi­no­va® qui ga­ran­tissent une li­si­bi­li­té par­faite dans ces uni­vers ex­cep­tion­nel­le­ment sombres. De plus, si les gla­ciers ren­ferment de l’eau douce, il n’en va pas de même pour l’océan. Le sel ma­rin peut de­ve­nir un pro­blème en se cris­tal­li­sant entre la lu­nette et le boî­tier, ce qui en­traîne par­fois un blo­cage de la ro­ta­tion – les plon­geurs dé­mi­neurs l’avaient re­mar­qué au cours de leurs mis­sions. Pour ten­ter d’y re­mé­dier, ZRC a équi­pé la Grands Fonds 300 du Ea­sy Clean Sys­tem (ECS™). Dé­ve­lop­pée par ZRC, cette pe­tite tech­no­lo­gie dif­fuse de l’eau claire pour net­toyer et éva­cuer le sel de mer de la lu­nette di­rec­te­ment de l’in­té­rieur. Autre as­tuce très tech­nique sur la­quelle la montre peut comp­ter, le Crown Pro­tec­tion Sys­tem (CPS™). Grâce au­quel il de­vient im­pos­sible de plon­ger sans re­vis­ser la cou­ronne en po­si­tion ini­tiale. Si elle n’est pas vis­sée, le bracelet ne peut tout sim­ple­ment pas se re­mettre en place. Un pense-bête ju­di­cieux pour plon­geur étour­di ! Une ral­longe de plon­gée per­met aus­si de pas­ser le garde-temps sur la com­bi­nai­son. Ce sys­tème de res­sorts noyés dans la masse adapte le bracelet à la di­men­sion du poi­gnet, les deux mailles aux ex­tré­mi­tés du boî­tier s’éten­dant en fonc­tion du dia­mètre. Après s’être dis­tin­guée aux poi­gnets du com­man­dant Cous­teau, des mi­li­taires de la ma­rine na­tio­nale ou de dé­mi­neurs, la ZRC GF300 na­vigue une fois de plus en eaux bien connues. Et bé­né­fi­cie­ra d’un énième test gran­deur… très na­ture – dans l’un de ces cadres très in­hos­pi­ta­liers pour les­quels elle a nor­ma­le­ment été conçue. « La montre a dé­jà sup­por­té trois se­maines sur place. Puis au cas où la pre­mière vien­drait à cas­ser, Al­ban Mi­chon par­ti­ra avec un se­cond mo­dèle », pré­cise Georges Bru­net. Sou­mise au vent, à des tem­pé­ra­tures né­ga­tives dif­fi­ci­le­ment conce­vables, im­mer­gée dans des eaux gla­ciales, la GF300 de­vra en­cais­ser, avec Al­ban Mi­chon, une ex­pé­di­tion de quelque deux mille ki­lo­mètres sur cette route, dé­cou­verte, cent ans au­pa­ra­vant, par un autre ex­plo­ra­teur, le Nor­vé­gien Roald Amund­sen.

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