OB­JEC­TIF LUNE

Af­fi­cher sur un ca­dran de montre la course de l’astre de la nuit ! Cette com­pli­ca­tion horlogère, bap­ti­sée « Phases de lune », est sans doute l’une des plus poé­tiques. A. Lange & Söhne en est l’un des plus grands spé­cia­listes et, pour nous le dé­mon­trer, no

La Revue des Montres - - RDM WORLD / BOUTIQUES - Texte : Her­vé Gallet

En bas règne la four­naise. Ici, la tem­pé­ra­ture de l’air ne dé­passe pas 10 °C lorsque le so­leil s’ef­face der­rière l’ho­ri­zon. « En bas » n’est qu’à quelques ki­lo­mètres à vol d’oi­seau, mais qua­si­ment à la ver­ti­cale. Et pour at­teindre cet en­droit es­car­pé, aus­si ma­gni­fique qu’étrange, mieux vaut ai­mer les routes si­nueuses et ap­pré­cier les mon­tagnes dé­sertes… Nous sommes à 2 400 mètres d’al­ti­tude, au som­met du Roque de Los Mu­cha­chos (Le ro­cher des gar­çons), point culmi­nant de l’île vol­ca­nique de La Pal­ma, aux Ca­na­ries, une pous­sière d’îles es­pa­gnoles po­sées sur l’océan au large de l’afrique. La terre s’ar­rête ici. Au-des­sus, il y a le ciel. Mais pas n’im­porte quel ciel. « L’un des plus beaux du monde », af­firme Juan Car­los Pe­rez, di­rec­teur de l’ob­ser­va­toire d’as­tro­phy­sique, ins­tal­lé ici de­puis 1984. C’est parce que cet en­droit bé­né­fi­ciait d’un en­vi­ron­ne­ment cli­ma­tique ex­cep­tion­nel et se si­tuait au-des­sus des nuages, sans qu’au­cune lu­mière liée aux ac­ti­vi­tés hu­maines ne vienne pol­luer la vi­si­bi­li­té, que les scien­ti­fiques du monde en­tier se sont ras­sem­blés pour ob­ser­ver l’in­fi­ni. « L’at­mo­sphère pure ga­ran­tis­sant des nuits ex­tra­or­di­nai­re­ment dé­ga­gées offre les condi­tions les meilleures pour des re­cherches as­tro­no­miques. » Tous les soirs, une de­mi-heure avant le cou­cher du so­leil, le même bal­let se pro­duit. Dans un si­lence de ca­thé­drale, 17 dômes gi­gan­tesques s’ouvrent les uns après les autres et les té­les­copes qu’ils abritent entrent en ac­tion. Ob­jec­tif : l’in­fi­ni.

Pour nous, ce soir, ce se­ra Ju­pi­ter et Sa­turne que l’on pour­ra ob­ser­ver en gros plan. Et pour­tant, la pre­mière de ces deux étoiles est à 900 mil­lions de ki­lo­mètres de la Terre, la se­conde à 1 600 mil­lions de ki­lo­mètres. Mais sur­tout il y a la Lune, beau­coup plus proche, presque à por­tée de main, à moins de 400 000 km. Dans l’ob­jec­tif, elle semble énorme et dé­voile sans pu­deur ses re­liefs. On en vien­drait presque à re­cher­cher les traces de pas lais­sées par les as­tro­nautes amé­ri­cains Neil Arm­strong et Buzz Al­drin, qui, en 1969, furent les pre­miers à po­ser le pied sur son sol. Mais cette nuit-là, la lune qui brille sous nos yeux, nous l’avons aus­si au poi­gnet. La ma­nu­fac­ture horlogère al­le­mande A. Lange & Söhne a dé­ci­dé de ras­sem­bler ses der­nières montres « Phases de lune » pour nous per­mettre d’en sa­vou­rer les per­for­mances in si­tu. Lais­sons la Fon­da­tion de la haute hor­lo­ge­rie don­ner la dé­fi­ni­tion pré­cise de ce type de com­pli­ca­tion horlogère : « Les montres à phases de lune re­pro­duisent sur leur ca­dran le cycle de l’astre des nuits (nou­velle lune, pre­mier quar­tier, pleine lune, der­nier quar­tier). L’in­di­ca­tion de la phase de lune est un com­plé­ment qua­si obli­ga­toire du ca­len­drier per­pé­tuel, mais elle peut éga­le­ment se pré­sen­ter sans ca­len­drier sur le ca­dran d’une montre de poche ou montre-bracelet. Les phases de lune s’af­fichent au moyen d’un sys­tème de disque et de gui­chet ou, plus ra­re­ment, grâce à une ai­guille. Sur les phases de lune or­di­naires, le disque por­tant deux lunes est en­traî­né par une roue de 59 dents ; un doigt pousse la roue d’un cran toutes les 24 heures. La du­rée de la lu­nai­son af­fi­chée sur le ca­dran est de 29,5 jours, alors que la du­rée d’une lu­nai­son réelle est de 29 jours, 12 heures, 44 mi­nutes et 2,8 se­condes (29,53 jours). Ce sys­tème abou­tit donc à un dé­ca­lage d’un jour en 2 ans, 7 mois et en­vi­ron 20 jours. » Mais les ex­perts de la fon­da­tion pré­cisent en­core que les plus so­phis­ti­quées de ces montres sont équi­pées d’une phase de lune dite « as­tro­no­mique », qui ne né­ces­site qu’une cor­rec­tion d’un jour tous les 122 ans – à condi­tion tou­te­fois que la montre ne s’ar­rête ja­mais du­rant

ce las de temps. Une cor­rec­tion à ef­fec­tuer seule­ment tous les 122 ans pour un mé­ca­nisme te­nant dans le boî­tier d’une montre ! Voi­là qui a de quoi fas­ci­ner le grand pu­blic. Et sé­duire les col­lec­tion­neurs.

Sa Ma­jes­té Tour­bo­graph

La mai­son A. Lange & Söhne ne s’y est pas trom­pée et pas moins de vingt ca­libres « Phases de lune » dif­fé­rents fi­gurent par­mi ses col­lec­tions. Cette an­née, lors du SIHH en jan­vier, on a pu ain­si dé­cou­vrir la nou­velle Lange 1 Moon Phase – et sa déclinaison fé­mi­nine Lit­tle Lange 1 Moon Phase –, une 1815 Ca­len­drier an­nuel et, tout au som­met de la hié­rar­chie, la su­blime Tour­bo­graph Per­pe­tual « Pour le Mé­rite ». Cette pièce maî­tresse com­bine trans­mis­sion par fu­sée-chaîne, tour­billon, ch­ro­no­graphe, fonc­tion rat­tra­pante et ca­len­drier per­pé­tuel avec, bien sûr, in­di­ca­tion des phases de lune. « La com­bi­nai­son d’un ca­len­drier per­pé­tuel avec un ch­ro­no­graphe à rat­tra­pante est ex­trê­me­ment rare, es­time-t-on à Gla­shütte, fief de la ma­nu­fac­ture saxonne. La ges­tion de l’éner­gie est un dé­fi par­ti­cu­liè­re­ment dif­fi­cile. No­tam­ment l’uti­li­sa­tion si­mul­ta­née de plu­sieurs fonc­tions qui né­ces­site une grande in­gé­nio­si­té mé­ca­nique, par exemple lorsque les in­di­ca­tions du ca­len­drier avancent vers mi­nuit et que la fonc­tion stop­watch est uti­li­sée en même temps. L’as­sem­blage d’un tel mou­ve­ment re­quiert une ex­pé­rience consi­dé­rable et une sen­si­bi­li­té ex­cep­tion­nelle lors de l’ajus­te­ment et de l’har­mo­ni­sa­tion des mé­ca­nismes. » Cette montre Tour­bo­graph Per­pe­tual, cin­quième opus de la col­lec­tion pre­mium « Pour le Mé­rite »

édi­té en sé­rie li­mi­tée de 50 exemplaires, ac­cueille dans son boî­tier en pla­tine de 43 mm de dia­mètre un mou­ve­ment à remontage ma­nuel, ca­libre L133.1. Confor­mé­ment aux ha­bi­tudes de la ma­nu­fac­ture, ce mé­ca­nisme se si­tue au plus haut des stan­dards de qua­li­té Lange. Dé­co­ra­tion et as­sem­blage des quelque 684 com­po­sants s’ef­fec­tuent à la main. La cage du tour­billon oc­cu­pant sa place ha­bi­tuelle à 6 h, l’in­di­ca­tion de la phase de lune joue le rôle ve­dette à 12 h. « Pour le Mé­rite » et pour le plai­sir des yeux…

1815, l’art de la tra­di­tion

Chan­ge­ment de vi­sage, de style et de fonc­tion­na­li­tés avec le très élé­gant mo­dèle 1815 Ca­len­drier An­nuel. Pro­po­sée en or blanc ou en or rose dans un dia­mètre de 40 mm, cette pièce est ani­mée par un mou­ve­ment à remontage ma­nuel conçu en hom­mage à Fer­di­nand Adolph Lange : en 1866, ce der­nier ob­tint un bre­vet aux Etats-unis après avoir dé­ve­lop­pé un remontage par cou­ronne en lieu et place de la tra­di­tion­nelle clé. D’une fi­nesse re­mar­quable – le mo­dule « ca­len­drier » ne me­sure que 1,4 mm d’épais­seur – mais dis­po­sant d’une confor­table ré­serve de marche de 72 heures, le ca­libre L051.3 se consacre ex­clu­si­ve­ment aux in­di­ca­tions ca­len­daires : jour, date, mois et, bien sûr, af­fi­chage de la phase de lune. In­té­gré dans la pe­tite se­conde à 6 h, ce­lui-ci est cal­cu­lé pour res­ter pré­cis pen­dant 122,6 ans. Sobre cô­té ca­dran, la 1815 Ca­len­drier An­nuel ré­vèle tous ses charmes si l’on re­tourne le boî­tier pour ad­mi­rer le mou­ve­ment au tra­vers du fond sa­phir trans­pa­rent. La pla­tine trois-quarts ca­rac­té­ris­tique sert d’écrin à dif­fé­rents com­po­sants d’une re­mar­quable finition, en par­ti­cu­lier le coq de ba­lan­cier gra­vé à la main, por­tant le res­sort à col de cygne. Une spé­ci­fi­ci­té em­blé­ma­tique du sa­voir-

faire A. Lange & Söhne. Pré­ci­sion tech­nique, si trois bou­tons per­mettent des cor­rec­tions dis­tinctes du jour, du mois et de la phase de lune, pour la pre­mière fois avec une montre Lange de ce type, la date peut éga­le­ment être ajus­tée sé­pa­ré­ment grâce à un pous­soir sup­plé­men­taire.

L’iconique Lange 1

Un seul re­gard suf­fit pour iden­ti­fier une montre Lange 1. La dif­fé­ren­cia­tion et le po­si­tion­ne­ment des in­di­ca­tions sur le ca­dran as­surent, en ef­fet, une vé­ri­table si­gna­ture vi­suelle pour cette icône des col­lec­tions A. Lange & Söhne. Exis­tant en or blanc, or rose ou pla­tine (avec ca­dran noir, ar­gen­té ou rho­dié) dans un dia­mètre de 38,5 mm, la très belle Lange 1 Moon Phase ne fait pas ex­cep­tion à la règle. Si les ai­guilles heu­res­mi­nutes sont dis­po­sées, comme à l’ac­cou­tu­mée, à 9 h, avec la grande date à 1 h et l’ai­guille de ré­serve de marche à 3 h, l’in­di­ca­tion de la phase de lune s’in­tègre, elle, à 4 h, là où fi­gure ha­bi­tuel­le­ment la pe­tite se­conde. Toutes ces fonc­tions sont as­su­rées par un mou­ve­ment ma­nu­fac­ture à remontage ma­nuel, ca­libre L121.3, qui dis­pose d’une ré­serve de marche de 72 heures. On no­te­ra d’em­blée la touche de cou­leur ap­por­tée sur le ca­dran par la re­pré­sen­ta­tion du ciel sur le­quel se dé­place la lune. Celle-ci, réa­li­sée en or, évo­lue sur un disque d’un bleu vrai­ment très sé­dui­sant à l’oeil, ob­te­nu grâce à un pro­cé­dé breveté par la ma­nu­fac­ture. De plus, les heures de jour sont ca­rac­té­ri­sées par un ciel aus­si pur que ce­lui de La Pal­ma, tan­dis que des di­zaines d’étoiles scin­tillent sur la par­tie plus sombre du disque ac­com­pa­gnant les heures noc­turnes. Au-de­là de la prouesse tech­nique, la cé­lèbre com­pli­ca­tion phases de lune joue ici un rôle es­thé­tique tout à fait réus­si. Et l’on a ain­si une rai­son sup­plé­men­taire de ne pas quit­ter des yeux sa Lange 1. Ce plai­sir est d’ailleurs éga­le­ment pro­po­sé aux dames avec la déclinaison fé­mi­nine de la montre, bap­ti­sée « Lit­tle Lange 1 Moon Phase ». L’es­prit de­meure iden­tique, si les di­men­sions et le vi­sage changent. Place cette fois à un boî­tier en or rose de 36,8 mm de dia­mètre, abri­tant un mou­ve­ment à remontage ma­nuel (ca­libre L121.2), avec ca­dran ar­gen­té guillo­ché. à por­ter avec au­dace sur un bracelet en al­li­ga­tor blanc. Et ras­su­rez-vous, Mes­dames, vos soi­rées et vos nuits se­ront bel et bien ryth­mées par une lune d’or sur fond de ciel étoi­lé pour ac­com­pa­gner ces heures pri­vi­lé­giées…

Sous un ciel étoi­lé d’une pureté ex­cep­tion­nelle, l’ob­ser­va­toire d’as­tro­phy­sique si­tué sur l’île de La Pal­ma, aux Ca­na­ries, est l’un des plus im­por­tants au monde.

1815 Ca­len­drier An­nuel, tou­jours plus près des étoiles.

D’un bleu in­tense, ce disque in­crus­té d’étoiles per­met de dif­fé­ren­cier les heures de jour et les heures de nuit sur l’in­di­ca­tion phases de lune de la Lange 1 Moon Phase.

Lange 1 Moon Phase, em­blé­ma­tique du style Lange de­puis la re­nais­sance de la marque en 1994.

17 dômes, té­les­copes et équi­pe­ments d’ob­ser­va­tion en tout genre bra­qués vers les étoiles par­sèment la crête du Roque de Los Mu­cha­chos.

Comp­tant de nom­breuses montres à phases de lune par­mi ses col­lec­tions, A. Lange & Söhne a choi­si l’ob­ser­va­toire de La Pal­ma pour pré­sen­ter plu­sieurs de ses mo­dèles de l’an­née. Tour­bo­graph Per­pe­tual “Pour le Mé­rite” édi­té en sé­rie li­mi­tée de 50 exemplaires, avec tour­billon, ch­ro­no­graphe à rat­tra­pante, ca­len­drier per­pé­tuel et phases de lune.

Lit­tle Lange 1 Moon Phase : la com­pli­ca­tion Phases de lune dans un dia­mètre de 36,8 mm adap­té aux poi­gnets fé­mi­nins.

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