Face-à-face en val­lée du Rhône sud Do­maines Guillaume Gros et Pique-Basse

DO­MAINES GUILLAUME GROS ET PIQUE-BASSE

La Revue du Vin de France - - SOMMAIRE - Texte et pho­tos de Ro­ber­to Pe­tro­nio

Con­nais­sez-vous le Lu­be­ron et Roaix, deux ter­roirs plu­tôt dis­crets ? C’est là que Guillaume Gros et Oli­vier Tro­pet, deux jeunes vi­gne­rons ta­len­tueux, ci­sèlent des rouges soyeux et des blancs gra­cieux à dé­cou­vrir cet été.

Si le Lu­be­ron at­tire les tou­ristes du monde en­tier pour la beau­té de ses vil­lages et de ses pay­sages, ses vins res­tent mal connus mal­gré la no­to­rié­té de cer­tains do­maines historiques tel le châ­teau La Ca­norgue. Mais l’ap­pel­la­tion connaît au­jourd’hui un re­gain d’in­té­rêt grâce à l’af­fluence de ri­chis­simes in­ves­tis­seurs qui pos­sèdent dé­sor­mais 60 % des pro­prié­tés du Lu­be­ron.

Si La RVF suit avec at­ten­tion les ef­forts en­ga­gés par ces nou­veaux ar­ri­vants for­tu­nés, nous avons pour ce face-à-face sou­hai­té mettre en avant le travail de deux vi­gne­rons pas­sion­nés. Ori­gi­naire de Mau­bec, à l’est de Ca­vaillon, où il est re­ve­nu s’ins­tal­ler en 2001, Guillaume Gros, un an­cien som­me­lier, est en passe de don­ner ses lettres de no­blesse aux vins de l’ap­pel­la­tion Lu­be­ron.

Face à lui, nous avons op­té pour un vi­gne­ron tout aus­si brillant, Oli­vier Tro­pet du do­maine Pique-Basse. Son vi­gnoble, lui aus­si in­jus­te­ment mé­con­nu, se trouve à Roaix, non loin de Ras­teau.

Ces deux qua­dra­gé­naires va­lo­risent à mer­veille deux ter­roirs du sud de la val­lée du Rhône aux ca­rac­tères bien dis­tincts.

Avec cette fer­me­té na­tu­relle is­sue des vi­gnobles ex­po­sés au nord, les rouges du Lu­be­ron si­gnés Guillaume Gros se dé­marquent en af­fi­chant un double pro­fil : rho­da­nien par leur pro­fon­deur, pro­ven­çal par leurs épaules car­rées et leur lé­ger par­fum vé­gé­tal. Même si de faibles ren­de­ments, un tri sé­vère à la ven­dange et une ma­tu­ri­té bien maî­tri­sée ré­équi­librent le tout en ar­ron­dis­sant les angles. D’an­née en an­née, ses vins ont ga­gné en pré­ci­sion et en har­mo­nie. Quant à ses blancs, très dé­ca­lés, ils brillent par leur vi­va­ci­té et évoquent da­van­tage des vins sep­ten­trio­naux que mé­ri­dio­naux.

Les ar­giles, l’atout de Roaix

Le do­maine Pique-Basse fait par­tie des rares caves in­dé­pen­dantes de Roaix. Après les vins char­pen­tés et in­ten­sé­ment frui­tés pro­duits à ses dé­buts, Oli­vier Tro­pet s’est orien­té vers des vins is­sus de rai­sins non égrap­pés de­puis 2011. Ils y ont ga­gné en di­ver­si­té de par­fums. Jeunes, leur tex­ture semble plus ferme, mais au fi­nal, ils sont plus frais. Un atout dans ce Sud où les mil­lé­simes chauds sont lé­gion. Les rouges d’Oli­vier Tro­pet s’im­posent donc par leur puis­sance, mais aus­si par leurs tex­tures plus soyeuses que celles des vins du Lu­be­ron, et ce grâce aux sols ar­gi­leux de Roaix. Avec juste deux mil­lé­simes pro­duits, les blancs d’Oli­vier ont eux aus­si for­mi­da­ble­ment pro­gres­sé.

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