Ju­ran­çon : le style Ra­mon­teu fait dé­bat

La Revue du Vin de France - - COURRIER -

Votre re­vue étant de grande qua­li­té, votre com­men­taire sur le do­maine Cauhapé dans le nu­mé­ro d’oc­tobre m’étonne (lire La RVF n° 575). Je ne m’étais d’ailleurs pas aper­çu que ce do­maine ne fi­gu­rait plus dans le Guide vert. Je connais bien le Ju­ran­çon et il me semble que ce do­maine est in­con­tour­nable. Ses vins sont re­mar­quables, tant en secs (Sève d’au­tomne, La Ca­no­pée) qu’en moel­leux (Sym­pho­nie de no­vembre, No­blesse du temps). Vous par­lez de « qua­li­té en stag­na­tion par rap­port aux pro­grès re­le­vés chez cer­tains de ses voi­sins » . Mais si, en classe, je stagne à 16/20 par rap­port à des élèves pas­sés de 10 à 14/20, je reste à un bon ni­veau mal­gré les pro­grès des autres, non ? Éric Var­don 78220 Vi­ro­flay eric.var­don@hot­mail.fr

Cher mon­sieur, mer­ci pour votre confiance. Nul ne songe à La RVF à mi­ni­mi­ser le rôle d’Hen­ri Ra­mon­teu dans la re­nais­sance de Ju­ran­çon, il est aus­si ca­pi­tal que ce­lui d’Alain Bru­mont à Ma­di­ran. Nous conti­nuons à dé­gus­ter les vins du do­maine Cauhapé, dont cer­taines cu­vées s’ illus­trent ré­gu­liè­re­ment dans nos co­lonnes : lire La RVF n° 557 (dé­cembre 2011), n° 562 (juin 2012) ou en­core n° 572 (juin 2013). Le do­maine Cauhapé a été écar­té du Guide vert en 2012 par mon pré­dé­ces­seur en charge de la ré­gion Sud-Ouest. Lui ayant suc­cé­dé de­puis deux ans, j’ai confir­mé son choix pour deux rai­sons. 1) La concur­rence est de plus en plus sé­vère à Ju­ran­çon où de nom­breux do­maines sont peu ou prou au ni­veau du Guide vert. Sou­cieux d’of­frir à nos lec­teurs un choix res­ser­ré (c’est la vo­ca­tion d’un guide), nous sé­lec­tion­nons ceux qui nous pa­raissent être les meilleurs. 2) Nous ne sommes pas con­vain­cus par les op­tions sty­lis­tiques de Cauhapé. Cer­taines cu­vées ne collent pas à l’ idée que nous nous fai­sons de la ty­pi­ci­té des vins de Ju­ran­çon ou, dans le cas pré­sent, de Mo­nein. Soyons pré­cis, la qua­li­té tech­nique des vins n’est pas en cause, c’est la ty­pi­ci­té qui pèche à nos yeux. Les der­nières dé­gus­ta­tions des vins secs montrent des crus exu­bé­rants, aux arômes thio­lés (pam­ple­mousse, fruit de la pas­sion, buis) flat­teurs mais s’ éloi­gnant d’un vé­ri­table dis­cours de ter­roir. L’ex­pres­sion de cer­tains moel­leux de­meure in­fluen­cée par la bar­rique neuve, ce qui les éloigne du re­gistre ju­ran­çon­nais clas­sique (fraî­cheur aé­rienne, frui­té pi­quant, fon­du-en­chaî­né de mangue, ana­nas, truffe...), re­gistre tel­le­ment ori­gi­nal qu’ il mé­rite d’ être dé­fen­du avec un brin d’ in­tran­si­geance. Voi­ci ce que j’ écri­vais en juin 2012 à pro­pos de la cé­lèbre Quin­tes­sence du Pe­tit Man­seng, mil­lé­sime 2011, alors en dé­but d’ éle­vage : « Grande concen­tra­tion, très in­té­res­sante vi­va­ci­té, boi­sé “sau­ter­nais” do­mi­nant. Un style à part à Ju­ran­çon. »

P. Ci­terne

Le do­maine Cauhapé a dé­ve­lop­pé un style

à part à Ju­ran­çon.

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