Bor­deaux Ci­ty Bond : la fin d’un mau­vais film ?

Après des an­nées de confits et de pertes, la struc­ture col­lec­tive de sto­ckage de grands vins doit sol­der le pas­sé. Bon cou­rage !

La Revue du Vin de France - - SOMMAIRE - Jé­rome Baudouin

Séance hou­leuse jeu­di 26 juin dans un sa­lon feu­tré de la Chambre de com­merce de Bor­deaux, place de la Bourse, alors que se dé­roule l’as­sem­blée gé­né­rale des ac­tion­naires de Bor­deaux Ci­ty Bond (BCB).

Cette struc­ture pa­ra­pu­blique lan­cée en 2009 par la CCI de Bor­deaux, agréée par les Douanes et Ber­cy, stocke les vins en at­tente d’ex­por­ta­tion dans des condi­tions op­ti­males et fa­ci­lite les dé­marches ad­mi­nis­tra­tives de dé­doua­ne­ment des né­go­ciants.

Ges­tion ap­proxi­ma­tive

Si la CCI et Vi­nex­po sont les ac­tion­naires ma­jo­ri­taires de BCB, seize né­go­ciants et trans­por­teurs se par­tagent le reste de l’ac­tion­na­riat. Mais ce jour-là, l’as­sem­blée gé­né­rale ne s’est pas du tout pas­sée comme conve­nu.

L’at­taque est ve­nue du groupe Dar­tess, ac­tion­naire mi­no­ri­taire, qui a hé­ber­gé BCB de 2009 à 2013 dans ses en­tre­pôts. Le lo­gis­ti­cen a vi­ve­ment cri­ti­qué la ges­tion « ap­proxi­ma­tive » de BCB, qui en­re­gis­tre­rait « plus de 200 000 eu­ros de déf­cit, pour un chifre d’afaires de 732 000 eu­ros » , se­lon les chifres de Fré­dé­ric Lan­te­ri, le pa­tron du groupe.

« Ces chifres ne sont pas le re­fet de la réa­li­té. En oc­tobre 2012, Dar­tess a re­vu ses pres­ta­tions à la hausse de 40 %. Nous ne pou­vions pas sup­por­ter une telle aug­men­ta­tion de coûts. Nous avons donc dû quit­ter les lieux six mois plus tard et trou­ver dans l’ur­gence un nou­vel en­tre­pôt pour sto­cker les vins, dé­plore Phi­lippe Du­mant, le tout nou­veau pré­sident de Bor­deaux Ci­ty Bond qui a hé­ri­té du dossier. Les déf­cits poin­tés du doigt par Dar­tess sont prin­ci­pa­le­ment liés aux dé­penses que nous avons dû en­ga­ger pour amé­na­ger notre nou­veau site de 1 000 m2 à Blan­que­fort. »

« N’au­rait-il pas mieux fal­lu ac­cep­ter l’aug­men­ta­tion des coûts plu­tôt que de dé­mé­na­ger ? Ce­la au­rait sans doute coû­té moins cher, s’in­ter­roge un fn connais­seur du dossier. Les ac­tion­naires ne met­tront pas une se­conde fois la main à la poche. » Car dé­jà, en 2012, né­go­ciants et trans­por­teurs ont dû ren­fouer les caisses de BCB à hau­teur de 240 000 eu­ros pour cause de déf­cit.

Mal­gré l’es­car­mouche me­née par Dar­tess, le Con­seil d’ad­mi­nis­tra­tion a confr­mé dans son man­dat Phi­lippe Du­mant et sa di­rec­trice Mé­lu­sine Ampe avec pour mis­sion de re­lan­cer Bor­deaux Ci­ty Bond sur de bons rails.

PHI­LIPPE DU­MANT ET MÉ­LU­SINE AMPE. Ils ont pour mis­sion de re­dres­ser les comptes de BCB.

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