Le pre­mier néo­vi­gne­ron écos­sais ven­dange le jour du ré­fé­ren­dum !

La pre­mière cu­vée écos­saise pro­duite de­puis l’em­pe­reur Ha­drien de­vait être ré­col­tée au mo­ment de la consul­ta­tion sur l’in­dé­pen­dance. Si le temps le per­met.

La Revue du Vin de France - - SOMMAIRE - Olivier Heng­sen

ALar­go, au nord d’Edim­bourg, il n’y a pas que le proche ré­fé­ren­dum sur l’in­dé­pen­dance du pays qui fait ri­pailler dans les ma­noirs. On trinque aus­si au chan­ge­ment cli­ma­tique. Le pre­mier vin pro­duit en Écosse de­puis le temps des Ro­mains et du Mur d’Ha­drien (IIe siècle) de­vrait en efet être ven­dan­gé ce mois de sep­tembre.

Le cli­mat de la Loire dans les High­lands ?

Ch­ris­to­pher Trot­ter, le chef cui­si­nier à l’ori­gine de ce pa­ri insolite, a plan­té ses vignes dans la ré­gion agri­cole du com­té de Fife, non loin de Saint-An­drews, la Mecque écos­saise du golf. « Il y a dix ans, un ami agri­cul­teur m’a pré­dit qu’on au­rait le cli­mat de la Loire d’ici vingt ans. Je me suis dit que ça va­lait le coup de ten­ter » , ex­plique le pion­nier. «Mais nous n’avons tout de même pas plan­té de sau­vi­gnon blanc » , plai­sante-t-il.

Sur son terrain en pente orien­té au sud (heu­reu­se­ment), le pion­nier a op­té pour des cé­pages rares à ma­tu­ri­té pré­coce, les so­la­ris, ron­do ou sie­ger­rebe. Sur le pa­pier, ces va­rié­tés peuvent être ré­col­tées avant la fn sep­tembre, lorsque le vent se re­met à sou­fer fort. Les plants ont été ache­tés à un pro­duc­teur du York­shire, au nord de l’An­gle­terre, dont les stocks pro­ve­naient de vi­ti­cul­teurs luxem­bour­geois.

Ch­ris­to­pher Trot­ter, qui compte plan­ter 5000 pieds sur ses 2,4 hec­tares, semble aus­si confant que pos­sible : « Nous avons eu en 2014 un été ex­cep­tion­nel, les vignes semblent très bien se por­ter » . Le ro­buste so­la­ris, bien connu en Al­le­magne, re­pré­sente la moi­tié de l’en­cé­pa­ge­ment. Le blanc qui en se­ra ti­ré n’a pas en­core de nom. Son pa­tro­nyme au­ra sans au­cun doute « quelque chose d’écos­sais, car nous sommes fers d’être écos­sais » . Au­ra-t-on droit à « High­lan­der Dream » ou « Spi­rit of Bra­ve­heart » ? En tout cas, Mac­vin est dé­jà pris !

Bou­teilles col­lec­tor

Le pre­mier mil­lé­sime de ce néo-vin écos­sais ne se­ra pas com­mer­cia­li­sé, mais ré­ser­vé aux proches, ain­si qu’à d’éven­tuels in­ves­tis­seurs. « Si on garde des bou­teilles de la pre­mière ré­colte, et qu’on a du suc­cès, elles vau­dront très cher à l’ave­nir ! » .

Sean Con­ne­ry, fi­gure de l’in­dé­pen­dance écos­saise, en vou­dra-t-il pour sa cave ? La ré­ponse est «Yes ! » .

Ch­ris­to­pher Trot­ter, à l’ori­gine du re­nou­veau du vin écos­sais, vo­te­ra cer­tai­ne­ment “oui” le 18 sep­tembre.

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