Sa­voie :

Sou­vent mé­con­nus et as­so­ciés aux ra­clettes et tar­ti­flettes ava­lées au pied des pistes, les vins de Sa­voie af­finent au­jourd’hui leur iden­ti­té et leur qua­li­té. Le mé­rite en re­vient à des vi­gne­rons au­da­cieux qui trans­forment leurs cé­pages lo­caux en vé­ri­table

La Revue du Vin de France - - SOMMAIRE -

à la re­dé­cou­verte des cé­pages au­toch­tones

Avec 1700 hec­tares de vignes épar­pillées sur trois départements, le vi­gnoble sa­voyard reste peu connu. Rares sont en ef­fet les connais­seurs au fait des pro­grès réa­li­sés par les meilleurs vi­gne­rons lo­caux.

Si une viticulture de vo­lume sub­siste, l’époque des vins pour skieurs as­soif­fés est ré­vo­lue. La pro­duc­tion lo­cale n’est plus can­ton­née à l’ac­com­pa­gne­ment de la gé­né­reuse cuisine de mon­tagne, ra­clettes et char­cu­te­ries. Au­jourd’hui, une élite de pe­tits do­maines vend de plus en plus à l’ex­por­ta­tion ; leurs vins trouvent par­fois plus fa­ci­le­ment écho au­près des ama­teurs étran­gers pour l’ins­tant épar­gnés par les cli­chés fran­çais. Et dé­sor­mais, la mul­ti­pli­ci­té des tables étoi­lées de la ré­gion ( Le Ha­meau Al­bert 1er à Cha­mo­nix, Le K2 à Cour­che­vel…) rend justice aux ef­forts de ces vi­gne­rons con­qué­rants. De plus en plus conver­tie à l’agri­cul­ture bio­lo­gique ou bio­dy­na­mique, leur viticulture est par­fois hé­roïque en rai­son des co­teaux ver­ti­gi­neux. Ain­si on ne s’éton­ne­ra pas du prix éle­vé de cer­tains vins de Sa­voie, étant don­né les pe­tits vo­lumes et les faibles ren­de­ments des ven­danges de ces der­nières an­nées.

Si­tué à proxi­mi­té des hautes mon­tagnes, le vi­gnoble connaît des condi­tions d’en­so­leille­ment très fa­vo­rables ; les par­celles sont sou­vent plan­tées sur des co­teaux abri­tés et très bien ex­po­sés, ou bé­né­fi­ciant de la proxi­mi­té avan­ta­geuse des lacs. Le re­tour du per­san De nom­breux cé­pages co­ha­bitent, bien que la jac­quère re­pré­sente tou­jours la moi­tié des sur­faces plan­tées. La di­ver­si­té des cé­pages lo­caux, sou­vent au­toch­tones et mé­con­nus en de­hors de la ré­gion, peut ce­pen­dant com­pli­quer l’ap­proche de ces vins très iden­ti­taires. En­core dé­lais­sés il y a quelques an­nées, des cé­pages an­ciens, tels que le per­san ou le grin­get, ont re­trou­vé leurs lettres de no­blesse. Les plus ré­pan­dus, jac­quère, al­tesse ou mon­deuse n’ont ja­mais été aus­si bien com­pris et va­lo­ri­sés que ces der­nières an­nées.

Dans la vaste fa­mille des vins ré­gio­naux, la grande ma­jo­ri­té se re­trouve clas­sée en ap­pel­la­tion “Vin de Sa­voie”, sou­vent sui­vie de la men­tion du cru (par exemple, Ar­bin, Apre­mont, Chi­gnin…) et du nom du cé­page. Ce­pen­dant, cer­taines ap­pel­la­tions sont ex­clu­si­ve­ment dé­diées à un cé­page (Rous­sette de Sa­voie pour l’al­tesse, Chi­gninBer­ge­ron pour la rous­sanne…).

Notre sé­lec­tion des meilleures cu­vées de Sa­voie est ici pré­sen­tée par cé­pages. Notre choix s’est por­té sur les va­rié­tés les plus iden­ti­taires. Nous avons ex­clu les char­don­nay, ga­may ou pi­not noir qui, à notre avis, réus­sissent mieux dans des ré­gions voi­sines. Les vins ont été dé­gus­tés par Jean-Em­ma­nuel Si­mond en août 2014 dans dif­fé­rents do­maines en Sa­voie, et à Is­sy-les-Mou­li­neaux dans les lo­caux de La RVF en mai et juin 2014. Cer­tains do­maines ne nous ont pas fait par­ve­nir leurs der­niers mil­lé­simes.

LE DO­MAINE DU­PAS­QUIER. Un an­cien vi­gnoble où al­tesse et mon­deuse se par­tagent la ve­dette

au­tour du ha­meau d’Ai­ma­vigne, à Jon­gieux.

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