GROS TEMPS SUR LE MILLE-FEUILLE DU VIN FRAN­ÇAIS

La Revue du Vin de France - - RÉVÉLATION -

Mi­née par un in­des­crip­tible mille-feuille ad­mi­nis­tra­tif, la vi­ti­cul­ture fran­çaise est confron­tée au choc de la sim­pli­fi­ca­tion. Sym­bole de cet im­bro­glio, un im­meuble au coeur de Paris, un lieu de pou­voir agi­té par des que­relles de clo­cher et des lou­fo­que­ries aux ac­cents kaf­kaïens.

LBer­nard Joo, a France vi­ti­cole est un mille-feuille aus­si com­plexe que l’ad­mi­nis­tra­tion hexa­go­nale ! Ain­si s’em­pilent 362 syn­di­cats d’ap­pel­la­tion, une ving­taine d’in­ter­pro­fes­sions, des confé­dé­ra­tions, des as­so­cia­tions et ins­ti­tu­tions en tout genre. Et si ce­la s’ar­rê­tait là. Mais non ! Les ap­pel­la­tions se re­groupent entre elles for­mant des as­so­cia­tions d’AOC, elles-mêmes in­té­grées au sein d’in­ter­pro­fes­sions ré­gio­nales. Les in­ter­pro­fes­sions à leur tour s’as­so­cient, puis se dis­so­cient. Les pro­duc­teurs se re­groupent, les né­go­ciants font de même. Cour­te­li­nesque.

À cet im­bro­glio, il faut en­core ajou­ter les co­opé­ra­tives, les as­so­cia­tions d’ex­por­ta­teurs, les grou­pe­ments de marques, les lob­bies. Enfn, comme pour jouer les trouble-fêtes au mi­lieu de cette joyeuse fa­mille, suivent les ins­ti­tu­tions pu­bliques ou se­mi-pu­bliques,

Jé­rôme Bau­douin comme l’Inao 1), Fran­ceA­griMer 2), So­pexa

( ( France 3), UbiFrance 4)… Un in­ven­taire à la

( ( Pré­vert ré­in­ven­té, sur­réa­liste et pa­thé­tique. Un joyeux mic­mac dans le­quel un mi­nistre de l’Agri­cul­ture n’y re­trou­ve­rait pas son in­ter­lo­cu­teur.

Une ar­mée de gé­né­raux

Cha­cune de ces ins­tances est na­tu­rel­le­ment pi­lo­tée par une lé­gion de di­ri­geants : pré­sident, vice-pré­sident, tré­so­rier… La vi­ti­cul­ture re­cense ain­si une ar­mée de gé­né­raux très oc­cu­pés à dé­fendre leur pré car­ré. Ce sys­tème est-il le fruit d’un énarque sous in­fuence de psy­cho­tropes ? Non. Sim­ple­ment l’hé­ri­tage du pas­sé. Lors de la créa­tion des AOC dans les an­nées 30, cha­cune de­vait être gé­rée par un syn­di­cat. Et sur­tout, échau­dé par les sou­lè­ve­ments vi­gne­rons de 1907 en Lan­gue­doc (Clé­men­ceau avait fait ti­rer sur la foule), de 1911 en Cham­pagne puis de 1975 à Nar­bonne (2 morts), l’État ja­co­bin a

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