DO­MAINE LUNEAU-PA­PIN Le mus­ca­det de garde

La Revue du Vin de France - - MAGAZINE - Re­por­tage de Pierre Ca­sa­mayor

Chez les Luneau-Pa­pin, aban­don­nez tous vos sur le mus­ca­det et pré­pa­rez-vous à un voyage char­gé d’émo­tions. Car ici, sur ces terres nan­taises, le me­lon de Bour­gogne se teinte, se­lon les sols, de mi­né­ra­li­tés et de fraî­cheurs di­verses avant de se com­plexi­fier avec le temps.

Au coeur du Mus­ca­det, la réunion des vi­gnobles de deux fa­milles, les Luneau et les Pa­pin, est à l’ori­gine du do­maine ac­tuel. Un do­maine dans la li­gnée d’une tra­di­tion an­cienne, même si au­tre­fois la po­ly­cul­ture et l’éle­vage voi­si­naient avec l’ex­ploi­ta­tion des vignes. Pierre Luneau-Pa­pin et son épouse Mo­nique ont fait en­trer leur mus­ca­det de Sèvre-et-Maine dans le go­tha des vins blancs de garde, à l’op­po­sé de l’idée gé­né­rale que l’on peut se faire de cette ap­pel­la­tion. Ils ont dé­sor­mais pas­sé la main à la gé­né­ra­tion sui­vante, Pierre-Marie et Marie, qui dé­bordent d’en­thou­siasme et comptent bien faire hon­neur à leurs aî­nés. Leur chal­lenge : étu­dier et com­prendre la di­ver­si­té des ter­roirs du do­maine, la ré­ac­tion du vé­gé­tal dans des condi­tions di­verses et l’ex­pri­mer dans les bou­teilles.

Le do­maine s’étend dans la par­tie sud du Sèvre-et-Maine, la par­tie la plus pré­coce du vi­gnoble, entre les com­munes de Gou­laine (en voie de re­con­nais­sance comme cru com­mu­nal), le Lan­dreau, La Cha­pelle-Heu­lin et Val­let. Le ma­rais de Gou­laine in­duit ici un mi­cro­cli­mat par­ti­cu­lier et sa proxi­mi­té va condi­tion­ner des dif­fé­rences de ma­tu­ri­té, le tout dans un fond de cli­mat at­lan­tique ca­rac­té­ris­tique du Mus­ca­det. Le ter­roir, fin de la chaîne her­cy­nienne ar­mo­ri­caine, est éga­le­ment mul­tiple à la fa­veur des nom­breuses failles géo­lo­giques qui vont faire af­fleu­rer des sables, des schistes, des mi­ca­schistes, des gneiss à deux mi­cas, des gra­nites, avec des ri­chesses en ar­gile très dif­fé­rentes. Le cé­page me­lon de Bour­gogne y donne ain­si des in­ter­pré­ta­tions variables, avec des mi­né­ra­li­tés et des fraî­cheurs di­verses.

Un patch­work de 47 par­celles

La to­po­gra­phie des par­celles dé­voile des mo­de­lés doux, avec des pentes lé­gères qui éva­cuent les eaux vers les ruis­seaux ou vers le ma­rais. Le sec­teur de La Butte de la Roche, ré­cem­ment ac­quis, pré­sente une pente forte et plu­sieurs ex­po­si­tions qui do­minent le ma­rais ; il est ou­vert aux vents et as­sis sur un sol érup­tif si­li­ceux par­ti­cu­lier, la ser­pen­ti­nite re­mon­tée des pro­fon­deurs du mag­ma au gré des bou­le­ver­se­ments géo­lo­giques. Tout ce­la consti­tue un patch­work de sols chauds et de terres plus froides qui ont conduit les Luneau-Pa­pin à re­grou­per les 47 par­celles en îlots de ma­tu­ri­té ho­mo­gène, en te­nant compte de l’âge des vignes, des sé­lec­tions et des sols.

Un vi­gnoble bien en main

Les vignes sont plan­tées à 6 600 pieds par hec­tare, elles sont conduites se­lon la taille tra­di­tion­nelle de la ré­gion : un go­be­let à trois bras, un qui por­te­ra la ba­guette, les deux autres deux cour­sons. Les vignes sont pa­lis­sées à l’aide de pi­quets de schistes, le me­lon étant un cé­page à port dres­sé. Une

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.