Les monstres

La Revue du Vin de France - - DÉGUSTATION -

Ce ne sont pas ceux de Di­no Ri­si. Quoique... 400, 500, 600 grammes de sucre ré­si­duel par litre : on confine là au si­rop ! Com­ment peut-on pro­duire de tels vins ? Les rai­sins étaient tel­le­ment riches en sucre que les le­vures n’ont pu en trans­for­mer qu’une faible par­tie avant de ca­pi­tu­ler. Pour­tant ces tours de force dé­passent le cadre du phé­no­mène de foire. Cer­tains pos­sèdent une vé­ri­table harmonie, un mes­sage de ter­roir pro­fond. Qua­si im­mor­tels, ils s’avèrent éton­nam­ment agréables à boire. Ce sont des des­serts en eux-mêmes, des prouesses de la nature, dif­fi­ciles à no­ter en tant que vins. Ci­tons La Fo­lie Pure 1999 du do­maine Causse Ma­rines (400 g de ré­si­duel, 6,5° d’al­cool), une ex­plo­sion de par­fum abri­co­té d’une fraî­cheur re­mar­quable qui s’ex­trait d’un corps si­ru­peux ; ou l’ex­tra­or­di­naire cu­vée 37,2° éla­bo­rée en 1997 par Fran­çois Chidaine, 600 g de sucre ré­si­duel équi­li­brés par une aci­di­té re­dou­table : une es­sence de che­nin, la ré­ponse fran­çaise aux es­sences pures de tokaji...

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