Son loin-de-l’oeil offre des par­fums de pomme au four

La Revue du Vin de France - - DÉGUSTATION -

Sur les terres gra­ve­leuses de la rive gauche du Tarn, Alain Ro­tier est le maître in­con­tes­té des doux ba­sés sur le cé­page loin-de-l’oeil, ty­pi­que­ment gailla­cois. La cu­vée Re­nais­sance illustre, avec une grande ré­gu­la­ri­té, un pro­fil am­bi­tieux et ori­gi­nal qui jus­ti­fie la men­tion Ven­danges tar­dives que les vins li­quo­reux de l’ap­pel­la­tion Gaillac peuvent re­ven­di­quer de­puis 2011. Le 2010 (15,5/20) offre une per­son­na­li­té très bo­try­ti­sée, une large sa­veur de pomme au four et d’épices, une sua­vi­té sphé­rique nette mais en­core trop lisse. Le 1997 (16,5/20) dé­montre avec ta­lent la va­leur de cette cu­vée, sa ré­gu­la­ri­té et sur­tout sa te­nue dans le temps. Le nez est en­core jeune, très fruité (prune, poire, et même lit­chi !), sans notes ran­cio­tées ; la bouche est ten­due par de beaux amers, éti­rée sur le sa­fran et l’an­gé­lique. Il faut sou­li­gner la ré­gu­la­ri­té re­mar­quable de cette cu­vée et son prix ac­ces­sible. De­puis son pre­mier mil­lé­sime, 1988, le li­quo­reux in­ven­té à par­tir du cé­page on­denc par Robert Pla­geoles a chan­gé de pro­fil. Très riche en li­queur, peu al­coo­li­sé (9,5°), le 2010 ex­prime une per­son­na­li­té forte, dé­jà at­ta­chante mais de­vant en­core s’af­fi­ner, ser­vie par une net­te­té aro­ma­tique re­mar­quable, qui na­vigue entre pomme au four, fruits confits et cas­so­nade.

LE TAN­DEM GAILLA­COIS. Alain Ro­tier (à g.) tra­vaille la vigne et son beau-frère, Fran­cis Marre, élève le vin. Bou­teilles : N.C., apo­gée : 2015-2030,

col­lec­tion pri­vée

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