Leurs grands mil­lé­simes sont bou­le­ver­sants

La Revue du Vin de France - - DÉGUSTATION -

S’il n’en reste qu’un, ce se­ra lui ! Fi­dèle à la pro­duc­tion de grands li­quo­reux, alors que de nom­breux com­pa­gnons de route de la ré­sur­gence des grands layons ont vi­ré leur cu­ti vers des vins secs, Phi­lippe Des­le­vaux pro­duit presque chaque an­née une cu­vée SGN très riche, ver­té­brée par une vé­gé­ta­li­té confite. Cer­tains rares mil­lé­simes per­mettent d’al­ler en­core plus loin. La cu­vée An­tho­lo­gie de Grains Nobles 2010 (18/20) ex­plore des ri­vages au­da­cieux dans la concen­tra­tion bo­try­ti­sée, avec un fruit qui évoque la ge­lée de cy­no­rho­don, re­joi­gnant le monde mi­né­ral au tra­vers de notes de gra­phite et de terre pul­vé­ru­lente ; grande te­nue et grande fi­nesse. La cu­vée Car­bo­ni­fe­ra 1997 (17,5/20) dé­ve­loppe la même idée d’un fruit trans­fi­gu­ré par le bo­try­tis. Il y a des fas­ci­nantes notes de tourbe et de coing dans cette li­queur im­po­sante (450 g de sucre ré­si­duel) qui dé­ploie une fi­nesse et une ten­sion consi­dé­rables. Et pour clore ce voyage aro­ma­tique, la fi­nale re­vient sur une per­cep­tion mi­né­rale. grande cu­vée de Monbazillac est une pure mus­ca­delle ! Bien lui en a pris, l’ex­plo­sion aro­ma­tique de fleur d’oran­ger est in­ou­bliable, la sé­duc­tion cré­meuse du corps to­tale. Peut-être fau­dra-t-il pro­fi­ter de cette fraî­cheur sur la jeu­nesse du fruit. large, mais d’une belle pré­ci­sion aro­ma­tique.

Monbazillac Cu­vée des Monstres 2009

Monbazillac Cu­vée des Monstres 1996 LES RÉ­SIS­TANTS. La mode n’a pas d’emprise sur Ca­the­rine et Phi­lippe Des­le­vaux, ils res­tent des croisés

du li­quo­reux !

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