LA MO­SELLE FRAN­ÇAISE

La Revue du Vin de France - - DÉGUSTATION -

Un vent frais souff le sur les co­teaux de Mo­selle, pro­pul­sant sur le de­vant de la scène des blancs et des rouges ori­gi­naux, prompts à s’at­ta­bler pour ra­vir nos papilles !

Une dé­gus­ta­tion de

S’éta­geant le long de la ri­vière, les 65 ha de vignes de la jeune ap­pel­la­tion Mo­selle jouent la dis­cré­tion. L’es­sen­tiel du vi­gnoble se concentre au­tour de Metz, égrai­né sur les 46 km de la toute neuve route des vins. Sur ces terres ar­gi­lo-cal­caires ca­mou­flées dans les re­plis de l’urbanisation, on trouve une ma­jo­ri­té de blancs (75 %), mais c’est aus­si dans ce sec­teur que naissent les plus beaux pi­nots noirs, les plus cor­sés et les plus “bour­gui­gnons” dans l’âme. Il faut en­suite prendre la route vers le Nord et sor­tir de l’ag­glo­mé­ra­tion mes­sine pour par­ve­nir, aux confins du Luxem­bourg et de l’Al­le­magne, au coeur du gran­diose panorama mo­sel­lan : des vignes dé­grin­go­lant des co­teaux, ali­gnées au cor­deau face aux berges de la ri­vière.

Ce sont es­sen­tiel­le­ment des rangs d’auxer­rois, le cé­page-roi de l’ap­pel­la­tion, mais éga­le­ment du pi­not gris et du pi­not noir, et dans une moindre me­sure du ries­ling et du mül­ler-thur­gau, des va­rié­tés se­con­daires qui donnent pour­tant une ca­rac­té­ris­tique bien par­ti­cu­lière aux vins. Ils sont soit is­sus d’as­sem­blage (50 % d’auxer­rois mi­ni­mum), soit en mo­no­cé­page. Les blancs af­fichent ain­si de belles aci­di­tés, des pro­fils ten­dus, ci­se­lés, qui se rap­prochent da­van­tage de l’es­prit mo­sel­lan (al­le­mand ou luxem­bour­geois) que de la veine al­sa­cienne à la­quelle ils sont sou­vent as­so­ciés, à tort.

En 1984, ne sub­sis­taient plus que 3 ha de vignes… Le re­nou­veau date de vingt-cinq ans, quand quelques vi­gne­rons au­da­cieux se sont mis en tête de re­prendre ce vi­gnoble à l’aban­don. En deux dé­cen­nies, 50 ha ont été re­plan­tés. Et en 2010, le sec­teur était re­con­nu par l’Inao comme ap­pel­la­tion d’ori­gine pro­té­gée.

Le pro­chain ob­jec­tif est am­bi­tieux : at­teindre 100 ha en production dans quinze ans. La pres­sion fon­cière et le mor­cel­le­ment du vi­gnoble rendent les choses ar­dues. Son écla­te­ment sur trois zones – le pays mes­sin, les trois-fron­tières et le pays du Saul­nois au­tour de Vic-sur-Seille – ne fa­ci­lite pas la donne. Mais ce vi­gnoble est ex­cep­tion­nel à plus d’un titre : sa si­tua­tion cli­ma­tique d’abord (le vi­gnoble ras­semble à la fois des in­fluences rhé­nanes avec des vignes hautes au­tour de Sierck-les-Bains et bour­gui­gnonnes avec les vignes basses), son en­cé­pa­ge­ment en­suite, avec la pré­sence du mül­ler-thur­gau. Des spé­ci­fi­ci­tés dou­blées d’une gas­tro­no­mie et d’une ri­chesse cultu­relle qui rendent ce bout de France aus­si at­ta­chant qu’al­lé­chant. Cou­rez-y ! La dé­gus­ta­tion des 50 échan­tillons des mil­lé­simes 2014 à 2010 s’est te­nue le 13 oc­tobre 2015 au res­tau­rant La Vigne d’Adam à Plap­pe­ville.

AU FIL DE L’HIS­TO­RIQUE MO­SELLE. 65 hec­tares de vignes ont été re­con­nus AOP en 2010.

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