Il de­vient vi­gne­ron pour vendre ses fûts

Ins­tal­lé en Es­pagne de­puis dix ans, le ton­ne­lier Tho­mas Mous­sié a dé­ci­dé de pro­duire son vin à To­ro pour dé­mon­trer… la qua­li­té de ses bar­riques !

La Revue du Vin de France - - EN PRIMEUR - Phi­lippe Mau­range

Il fa­bri­quait des ton­neaux, il fait main­te­nant du vin pour dé­mon­trer la qua­li­té de ses bar­riques ! Tho­mas Mous­sié, un Bor­de­lais de 43 ans ins­tal­lé outre-Py­ré­nées de­puis 2006, suit un iti­né­raire dé­ci­dé­ment par­ti­cu­lier.

« J’élève mes vins dans des bar­riques 100 % neuves du­rant 25 mois, ex­plique-t-il, en pous­sant à l’ex­trême l’éle­vage pour dé­mon­trer qu’avec des bois bien sé­lec­tion­nés et bien sé­chés, on res­pecte l’élé­gance du fruit sans ja­mais le mas­quer ». Sau­ve­gar­der la chair et le fruit du vin mal­gré l’éle­vage, voi­là en ef­fet le rêve de tout vi­ni­fi­ca­teur.

Pé­trus à l’en­vers !

Dé­ci­dé­ment pas à court d’idées, Tho­mas Mous­sié a bap­ti­sé sa so­cié­té Sur­tep. Sur­tep ? C’est Pé­trus à l’en­vers, il suf­fi­sait d’y pen­ser. L’en­tre­prise pro­duit 1 500 bar­riques par an (chiffre d’af­faires : 1 mil­lion d’eu­ros). Au­tant dire une mi­cro­ton­nel­le­rie face aux géants du sec­teur, mais Mous­sié vise 4 000 uni­tés/an.

Et ça marche : ses bar­riques, muids, de­mi-muids et foudres sont dé­jà ré­fé­ren­cés au do­maine Ma­can, en Rioja (pro­prié­té de Pa­blo Al­va­rez, Ben­ja­min et Ariane de Roth­schild), au Mas Doix en Ca­ta­logne, mais aus­si aux États-Unis chez Tim Mon­da­vi (Conti­nuum).

Tho­mas Mous­sié fait dé­jà dé­gus­ter deux mil­lé­simes : 2011 et 2012. Des vins es­pa­gnols is­sus de par­celles de vieilles vignes de 94 ans de cé­page tin­to fi­no ré­col­té à To­ro.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.