LA TOUR BLANCHE Un sau­ternes de haute école, pro­prié­té du peuple !

La Revue du Vin de France - - MAGAZINE - Re­por­tage de Pierre Ca­sa­mayor, pho­tos de Fran­çois Poin­cet

Pre­mier cru clas­sé de Sau­ternes et pro­prié­té du Con­seil ré­gio­nal d’Aqui­taine, ce ly­cée vi­ti­cole en­seigne l’art exi­geant du grand vin de Sau­ternes.

Heu­reux les élèves de l’École de vi­ti­cul­ture de La Tour Blanche, eux qui font leur édu­ca­tion au sein d’un cru clas­sé de Sau­ternes ! Leur bien­fai­teur, Da­niel If­fla, sur­nom­mé Osi­ris, lé­gua le cru en 1907 à l’État, à condi­tion que ce­lui-ci y ins­talle une école de vi­ti­cul­ture po­pu­laire et gra­tuite.

Le do­maine de La Tour Blanche fut fon­dé dans le der­nier quart du XVIIIe siècle par mon­sieur de La­tour Blanche, écuyer-conseiller au par­le­ment de Bor­deaux. Sui­vit Fré­dé­ric Focke, un Al­le­mand dont la lé­gende dit qu’il fut à l’ori­gine de la dé­cou­verte des bien­faits du bo­try­tis, puis ce se­ra Pierre Pé­che­rie, pen­dant la Ré­vo­lu­tion. Le cru est clas­sé en 1855, il se­ra le pre­mier de la liste des Pre­miers crus clas­sés, der­rière Yquem, clas­sé Cru ex­cep­tion­nel. Après mes­sieurs Maître et Mer­mann, Da­niel If­fla prend les rênes en 1876, jus­qu’à son der­nier geste de gé­né­ro­si­té. Le cru est dé­sor­mais gé­ré par le Con­seil ré­gio­nal d’Aqui­taine, la men­tion “Pro­prié­té de l’État” sur l’éti­quette a dis­pa­ru. Cer­tains ont-ils ju­gé cette si­tua­tion pro­vo­cante à l’heure de la loi Évin ?

Au coeur de Bommes

Le cru est si­tué à Bommes, avec 40 hec­tares plan­tés sur un mo­de­lé de croupes ac­cen­tué. Les ex­po­si­tions sont va­riées. Des nappes phréa­tiques per­chées piègent de l’eau, un drai­nage est né­ces­saire. Les sols gra­ve­leux, sa­bleux, sa­blo-gra­ve­leux, avec des ar­giles pures sont as­sis sur un sous-sol ar­gi­leux, puis sur un socle cal­caire, un gage de ré­serve hy­drique et l’un des fac­teurs fa­vo­rables au dé­ve­lop­pe­ment du bo­try­tis.

Un autre facteur est de na­ture mi­cro­cli­ma­tique, avec les brouillards in­duits par le Ci­ron. Cette ri­vière char­rie des eaux froides qui viennent se confron­ter à celles plus chaudes de la Ga­ronne, le choc ther­mique en­gendre des brumes qui ne se dis­sipent qu’avec la cha­leur du mi­lieu de jour­née. Le cham­pi­gnon trouve ici des condi­tions de dé­ve­lop­pe­ment mé­na­gé : crois­sance le

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