PRIEU­RÉ SAINT JEAN DE BÉ­BIAN

La Revue du Vin de France - - DÉGUSTATION -

Lan­gue­doc Pé­ze­nas (cu­vée créée en 1978). Quand, en 1975, Alain Roux re­prend le vi­gnoble fa­mi­lial, avec l’am­bi­tion de pro­duire un grand vin, il im­pose un en­cé­pa­ge­ment as­so­ciant les cé­pages rho­da­niens et pro­ven­çaux (gre­nache, sy­rah et mour­vèdre) aux ca­ri­gnan et cin­sault dé­jà pré­sents in si­tu. C’est ce mo­dèle qui do­mine au­jourd’hui en Lan­gue­doc. Le do­maine est re­pris en 1994 par Chan­tal Le­cou­ty et JeanC­laude Le­brun qui, tout en pour­sui­vant l’oeuvre pion­nière d’Alain Roux, ont es­sayé de “ci­vi­li­ser” le vin (égrap­page, éle­vage en fûts), puis de­puis 2008 par la fa­mille Pum­pyans­ky, qui a consi­dé­ra­ble­ment in­ves­ti. Si Bé­bian a connu des hé­si­ta­tions sty­lis­tiques, les der­niers mil­lé­simes trans­crivent l’ori­gi­na­li­té et la di­ver­si­té géo­lo­gique du ter­roir de Pé­ze­nas. Le Bé­bian d’Alain Roux re­gar­dait beau­coup vers Châ­teau­neuf-du­Pape, y com­pris dans la vi­ni­fi­ca­tion (ven­danges non éra­flées) et dans l’éle­vage (foudres). C’est ma­ni­feste dans le 1993, com­plexe et so­laire, aux ta­nins ro­cailleux, dé­sor­mais un peu dés­unis, mais d’une très belle am­pleur aro­ma­tique : cuir, gar­rigue men­tho­lée et fruits à l’eau-de-vie. As­sem­blage de 45 % de sy­rah, 30 % de gre­nache et 25 % de mour­vèdre, éle­vage en bar­riques bour­gui­gnonnes et de­mi-muids. Le fruit fu­mé, épi­cé et bal­sa­mique reste ca­dré par l’éle­vage sans être do­mi­né par le bois. La ma­tière se montre com­plète, jeune, de belle al­longe, d’un équi­libre se­rein et d’une ap­pré­ciable trans­pa­rence d’ex­pres­sion. 26 € ;

Co­or­don­nées des pro­duc­teurs page 86 pro­fil ré­so­lu­ment mé­di­ter­ra­néen : beau­coup de plai­sir et une te­nue re­mar­quable à trente ans d’âge. 75 % de ca­ber­net-sau­vi­gnon. Fi­nesse aro­ma­tique in­dé­niable, des fruits noirs re­le­vés d’une touche vé­gé­tale et pi­men­tée (pa­pri­ka, ai­guille de pin). La ma­tière joue la fraî­cheur, en ten­sion, po­sée sur un grain fin et ser­ré. Une in­ter­pré­ta­tion fi­dèle à la ligne dé­fi­nie de­puis plus de trente ans, pri­vi­lé­giant la per­cep­tion tan­nique aux dé­pens de la su­cro­si­té, de l’en­ro­bage. 35 € ; la ron­deur dans le mi­lieu de bouche. Il est re­le­vé par une ten­sion acide et une sub­tile amer­tume fi­nale. On dé­passe lar­ge­ment le faire-va­loir des crus­ta­cés. D’ex­pé­rience, cette cu­vée se dé­ve­loppe très agréa­ble­ment sur deux ou trois ans. 6€ ;

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