Com­ment son rosé de Pro­vence a conquis la pla­nète

Entre son château d’Es­clans et ses achats de rai­sin, il vend près de 7 mil­lions de bou­teilles de rosé aux États-Unis. Et il va lui en man­quer !

La Revue du Vin de France - - ACTUALITÉS - Be­noist Sim­mat

Jeu­di 1er mars 2018, il neige à Pa­ris. Pour­tant, tel un ogre du bu­si­ness, Sa­cha Lichine, 58 ans, pré­sente à la presse sa gamme de ro­sés pour la sai­son. Lieu sym­bo­lique : L’Ami Louis, dans le IIIe ar­ron­dis­se­ment, la table ca­naille des stars de Hol­ly­wood et des dieux du CAC 40.

L’in­di­vi­du est lui-même de­ve­nu une star : tous les res­tau­ra­teurs des spots chics de la pla­nète (Saint-Barth, Mia­mi, Ba­li, Saint-Tro­pez…) connaissent do­ré­na­vant sa gamme ultra-pre­mium de ro­sés. Sa cu­vée Whis­pe­ring An­gel, son “en­trée de gamme”, est de­ve­nue la marque de rosé de Pro­vence numéro un aux États-Unis avec en­vi­ron 3,7 mil­lions de fla­cons ven­dus. Gar­rus, son rosé d’ex­cep­tion, est tout sim­ple­ment pré­sen­té comme le « rosé le plus cher du

monde », à près de 90 € la bou­teille. Et à ce prix-là, Mia­mi en raf­fole.

Pur pro­jet mar­ke­ting ? Pas moins que le cham­pagne .« Mon secret, c’ est de co­pier les re­cettes com­mer­cial es des Cham­pe­nois, comme si­monW­hispe ring Ange l était du Moë­tetm on G arr us du Dom Pé­ri gnon, vous voyez ?», ex­plique le ma­lin per­son­nage.

Cô­té bu­si­ness, le suc­cès est là :« Je vais pro­duire cette an­née 6,4 mil­lions de bou­teilles et il me manque 500000 cols pour ré­pondre à la de­mande » , se dé­sole-t-il, sou­rire en coin. Mais il pré­vient :« Comme les Cham­pe­nois, je vais ar­rê­ter de don­ner mes chiffres de ventes ». Rien de mieux pour en­tre­te­nir le buzz. Et pro­fi­ter d’un ali­gne­ment de pla­nètes ré­com­pen­sant ceux qui s’ acharnent .« Les dé­but sont été com­pli­qués. Nous ne ven­dions pas nos ré­coltes et, comme c’ est dur osé, à l’ ex­cep­tion de G arr us qui peut se gar­der, nous je­tions tout », ra­conte son dis­cret as­so­cié, le fi­nan­cier corse Her­vé Vin­ci­guer­ra.

Oui, mais Sa­cha Lichine, comme il aime à le ra­con­ter, a adop­té la “mé­thode Es­tée Lau­der” : vi­si­ter en per­sonne, va­li­sette de dé­gus­ta­tion à la main, chaque lieu qui compte… dans le monde. Il a même ar­pen­té les pistes de Ver­bier ou de Cour­che­vel pour vendre son rosé aux riches fê­tards hi­ver­naux. Comme quoi un peu de neige ne lui fait pas peur.

La cu­vée Whis­pe­ring An­gel de Sa­cha Lichine est de­ve­nue la marque fran­çaise lea­der aux États-Unis.

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