Pierre de Vey­rac, de l’agri­cul­ture à la prê­trise

La Ruche - - LA UNE - GÉ­RAL­DINE GAR­CIA

Di­manche ma­tin, c’est un nou­veau vi­sage qui cé­lé­brait la messe de la SaintJu­lien dans la ba­si­lique, et pour cause, le père Pierre de Vey­rac vient tout juste d’être mis­sion­né comme prêtre à Brioude.

Avant ce­lui de Dieu, c’est à l’ap­pel de la terre que Pierre de Vey­rac, le nou­veau prêtre de Brioude, vou­lait ré­pondre… À 18 ans, il dé­croche son bac S, comme beau­coup de ly­céens du même âge, et com­mence des études d’in­gé­nieur en agri­cul­ture à Beau­vais, en Pi­car­die, où il avait pos­tu­lé. « Je ne sais pas si j’étais bon élève, mais en tout cas as­sez pour dé­cro­cher mon di­plôme. À terme, je vou­lais m’ins­tal­ler comme agri­cul­teur, à l’image de mon père à Ver­ge­zac. » Pierre de Vey­rac avait une vie d’étu­diant nor­male, riche en ren­contres et en ami­tiés : « J’ai bien pro­fi­té de ces an­nées d’études et j’ai d’ailleurs conser­vé beau­coup d’amis de cette époque, un peu par­tout à tra­vers la France. »

D’agri­cul­teur à prêtre

Alors, comment passe­ton d’une vo­ca­tion d’agri­cul­teur à celle de prêtre ? « J’ai re­çu un “ap­pel de Dieu” dé­jà en­fant, mais je n’étais pas prêt, alors j’ai pré­fé­ré le mettre de cô­té toutes ces an­nées et étu­dier, tra­vailler. J’ai même tra­vaillé dans une banque en al­ter­nance, dans le cadre de mes études d’in­gé­nieur. »

Mais de Pierre de Vey­rac, la re­li­gion n’était ja­mais bien loin. « À Beau­vais, je vi­vais dans les quar­tiers chauds, ça m’a sen­si­bi­li­sé à cer­taines choses. Je louais aus­si un lo­ge­ment au cu­ré avec deux autres ca­ma­rades », sou­ligne­t­il. Bien qu’en­fant, puis étu­diant, la re­li­gion a tou­jours fait par­tie de la vie du jeune homme. « Mais à l’époque, je pen­sais que le bon­heur se trou­vait dans l’ar­gent et la réus­site. Toutes ces ex­pé­riences, ces ren­contres, m’ont fi­na­le­ment en­sei­gné que je pou­vais être heu­reux au­tre­ment… »

En 2005, à seule­ment 23 ans, c’est la ré­vé­la­tion. « Dieu avait mis du dé­sir dans mon coeur de­puis long­temps » . Un an­cien ap­pel, au­quel Pierre de Vey­rac avait en­fin dé­ci­dé de ré­pondre… De­puis, il a fait bien du che­min. En 2001, il est or­don­né diacre à la ca­thé­drale du Puy­en-Ve­lay, puis prêtre le 1er juillet 2012, tou­jours au Puy­en­Ve­lay. Di­manche der­nier, il a cé­lé­bré sa pre­mière messe à Brioude, sa nou­velle pa­roisse. Et en ci­té Saint­Ju­lien, le vi­sage du père Pierre de Vey­rac, n’est pas to­ta­le­ment in­con­nu. En ef­fet, le jeune prêtre, lors­qu’il était sé­mi­na­riste à Lyon, ve­nait ré­gu­liè­re­ment à Brioude du­rant les week­ends et va­cances sco­laires « pour dé­cou­vrir la pa­roisse et être avec les prêtres » . « Cette pre­mière messe à Brioude en temps que prêtre, c’était très fort. Comme un re­tour aux sources. Lors du pot après la messe, une jeune fille est ve­nue me voir. À l’épo­ que, elle n’avait pas 10 ans et je la re­trouve au­jourd’hui jeune fille ! »

Au­jourd’hui, Pierre de Vey­rac n’a au­cun re­gret et aime sa mis­sion de prêtre plus que ja­mais. « Elle me comble de joie. Ce que j’aime, c’est la di­ver­si­té, la ri­chesse des gens et les si­tua­tions que je ren­contre. Un jour, c’est un couple qui s’ap­prête à re­ce­voir le sa­cre­ment du ma­riage. Un autre, c’est l’ac­com­pa­gne­ment d’une fa­mille dans le deuil. Ou en­core l’en­sei­gne­ment du ca­té­chisme au­près des en­fants. Notre mis­sion est d’une grande ri­chesse. Une vie où la rou­tine n’existe pas. »

« C’est une vie où la rou­tine n’existe pas »

Pour Pierre de Vey­rac, être prêtre c’ est donc avant tout de l’écoute, de la pa­tience et du par­tage. « C’est per­mettre à d’autres de ren­con­trer Jé­sus. Et sou­vent, ce sont les gens eux­mêmes qui font gran­dir ma foi, par les ex­pé­riences qu’ils tra­versent. Par­fois de belles ex­pé­riences, d’autres fois des épreuves… J’ap­pré­hen­dais de de­voir ac­com­pa­gner les fa­milles dans le deuil. Mais jus­qu’à pré­sent, tout s’est tou­jours bien pas­sé. J’étais heu­reux d’avoir été là, tout sim­ple­ment. »

Al­truiste. Voi­là cer­tai­ne­ment la prin­ci­pale qua­li­té de ce nou­veau prêtre bri­va­dois, qui au sein de la pa­roisse de Brioude au­ra la mis­sion par­ti­cu­lière « d’ac­com­pa­gner la jeu­nesse ». Quoi de plus lo­gique fi­na­le­ment pour un si jeune prêtre ?

Le père Pierre de Vey­rac lors de sa pre­mière messe en tant que prêtre en la ba­si­lique de Brioude et pas des moindres puis­qu’il s’agis­sait de la messe de la Saint-Ju­lien, di­manche der­nier.

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