« On ne sait pas comment on va faire lun­di »

La Ruche - - Le fait de la Semaine - (*) Di­rec­tion ré­gio­nale des en­tre­prises, de la concur­rence, de la consom­ma­tion, du tra­vail et de l’em­ploi.

La dé­ci­sion du mi­nis­tère du Tra­vail de ge­ler cer­tains em­plois ai­dés a fait l’ef­fet d’un coup de ton­nerre. Dans les écoles, les as­so­cia­tions, l’in­quié­tude règne.

« On n’avait ja­mais vu ça ! Une ren­trée, ça s’an­ti­cipe ! » Gé­rard Bon­jean, le maire d’Azé­rat, ne dé­co­lère pas. Le jour de la ren­trée ap­proche à grand pas et il ne sait tou­jours pas comment il va faire pour les élèves de l’école du vil­lage. La per­sonne qui oc­cupe le poste d’as­sis­tante ma­ter­nelle, em­bau­chée en contrat ai­dé, de­vait voir ce der­nier re­nou­ve­lé. « Le mar­di, on vous dit qu’il n’y a pas de pro­blème et le jeu­di, on vous dit qu’il n’y a plus rien. » Le maire a to­ta­le­ment été pr is de court par ce gel des contrats ai­dés, qu’il s’agisse d’une pre­mière si­gna­ture Sans contrats ai­dés, cer­tains maires ne savent pas comment as­su­rer la can­tine ou le pé­ri­sco­laire. ou d’un re­nou­vel­le­ment.

« J’ai vu cer­tains de mes col­lègues, ils sont comme moi : dans l’ex­pec­ta­tive. Le pro­blème, c’est qu’on ne sait rien… » Et les élus ne trouvent pas de ré­ponse dans les ad­mi­nis­tra­tions.

À Saint­Il­pize aus­si, la nou­velle a été connue à la der­nière mi­nute. Le contrat CAE du can­ti­nier de l’école est an­nu­lé. Pour­tant, la per­sonne avait été choi­sie, cer­taines for­ma­tions dé­jà pla­ni­fiées. « Ce n’est pas un drame, ex­plique Pierre Hé­no, le maire. Ce qui a été plus dra­ma­tique, c’est toutes ces com­pli­ca­tions pour em­bau­ cher la per­sonne. Je suis d’ac­cord sur le fait que les contrats ai­dés ne soient pas la pa­na­cée pour les pe­tites com­munes. Ils sont cen­sés être un pied à l’étrier, mais dans les faits, ça ne se passe pas tou­jours comme ça. »

Évi­dem­ment, Gé­rard Bon­jean n’est pas la seule per­sonne dans ce cas. Suite aux an­nonces faites par Mur iel Pé­ni­caud, mi­nistre du Tra­vail, d’un pro­bable coup de frein à cer­tains contrats ai­dés, beau­coup d’ac­teurs lo­caux (col­lec­ti­vi­tés, as­so­cia­tions, pe­tites en­tre­prises) s’in­quiètent de voir ces dis­po­si­tifs d’aide à l’em­bauche dis­pa­raître. Ces em­plois consti­tuent sou­vent une aide in­dis­pen­sable.

Les ser­vices du Dé­par­te­ment se re­trouvent dans le même désar­roi que les élus lo­caux. « Je suis dans l’ex­pec­ta­tive la plus com­plète, ré­agit Thier­ry Dey­ries, char­gé de l’in­ser­tion et de l’ac­tion so­ciale au Con­seil dé­par­te­men­tal. Je suis aus­si dans la gêne car le se­cond se­mestre a dé­jà com­men­cé il y a deux mois, et nous n’avons tou­jours au­cune idée de ce qu’il va se pas­ser. »

« On ne peut pas dire que les contrats ai­dés ne fonc­tionnent pas, s’in­digne­t­il. Peut­être que ce ne sont pas 100 % des per­sonnes qui re­trouvent un em­ploi stable dans le sec­teur mar­chand, mais ce n’est pas non plus 0,5 %. »

25 contrats dé­blo­qués en dé­but de se­maine

De­puis lun­di, la nou­velle est tom­bée : 25 contrats ai­dés ( des CAE, contrat d’ac­com­pa­gne­ment dans l’em­ploi pour le sec­teur non mar­chand) de­vraient être dé­blo­qués pour le dé­par­te­ment. Mais per­sonne ne sait en­core comment ils se­ront ré­par­tis, ni si ce­la suf­fi­ra.

« Fin juillet, 1.005 contrats ai­dés avaient été si­gnés pour le dé­par­te­ment, dé­taille An­ge­lo Maf­fione, res­pon­sable de l’uni­té ter­ri­to­riale de Haute­Loire à la Di­reccte (*). Tant que nous n’avons pas le conte­nu de l a c i rc ul a i re d e l’État, nous avons pris la dé­ci­sion de stop­per les p re sc r i p t i o n s d e co n ­ trats », à quelques ex­cep­tions près. Sous ré­serve, il éva­lue une ten­dance d’oc­troi à la baisse de 30 %. Reste à sa­voir qui en fe­ra les frais.

(PHO­TO D’ILLUS­TRA­TION F. LHERPINIERE)

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