Pé­ri­sco­laire, une fac­ture plus sa­lée

La Ruche - - Brioude - DÉBORAH LAYRIS

À peine la ren­trée pas­sée, voi­là que la hausse des ta­rifs de l’ac­cueil pé­ri­sco­laire fait grin­cer des dents cer­tains pa­rents. La com­mu­nau­té de com­munes in­ter­ro­gée s’ex­plique par une « vo­lon­té par­ta­gée de jus­tice so­ciale ».

« Ce n’est pas une sur­prise, la dé­li­bé­ra­tion du con­seil com­mu­nau­taire d’aug­men­ter les ta­rifs pé­ri­sco­laires date d’avril der­nier. Les pa­rents ont pu en prendre connais­sance par le biais de la presse, des pan­neaux d’in­for­ma­tion si­tué au siège de la com­mu­nau­té de com­munes et dans les écoles. Nous leur avons éga­le­ment en­voyé avec leur der­nière fac­ture, en juillet der­nier, un cour­rier leur ex­pli­quant tous les chan­ge­ments ap­pli­cables à la ren­trée de sep­tembre ». Guillaume Tronc h è re, co o rd on n a t e u r en­fance jeu­nesse en charge des ser­vices jeunes de la com­mu­nau­té de com­munes Br ioude Sud Au­vergne, rap­pelle ain­si aux pa­rents in­ter­lo­qués par l’aug­men­ta­tion bru­tale du ta­rif de l’ac­cueil de loi­sirs pé­ri­sco­laire qu’ils en étaient aver­tis.

Une aug­men­ta­tion née de deux constats. Les ta­rifs jus­qu’ici éche­lon­nés

sur trois tranches ne cor­res­pon­daient pas aux ca­pa­ci­tés réelles contri­bu­tiv e s de s mé n a g e s . Un couple avec deux en­fants pr é s e n t a n t u n re ve n u men­suel net de 1.800 € ( après im­pôts) payait le même prix qu’un couple avec deux en­fants gagnant 3 . 0 0 0 € d e re ve n u ne t ( après impôt). L’ob­jec­tif

était donc d’ar­ri­ver à une meilleure équi­té contri­bu­tive.

Autre fait, les ta­rifs pro­po­sés par la com­mu­nau­té de com­mune n’étaient pas e n ad é q u a t i o n a ve c le temps pas­sé dans le centre d’ac­cueil. « Ceux qui ap­par­te­naient à la tranche la plus haute payaient 1,40 € par se­maine. 1,40 €

pour 8 heures d’ac­cueil alors que c’est le prix que coûte une heure en crèche ou en gar­de­rie » , fait re­mar­quer Guillaume Tron­chère.

Un e ma ni è re d e re n ­ flouer l es caisses ? Le co­or­don­na­teur en­fance jeu­nesse in­siste sur le fait que ce­ci n’a pas été le mo­teur de cette dé­ci­sion.

« L’ac­cueil pér is­co­laire coûte très cher à la com­mu­nau­té de com­munes. 450.000 € par an, fi­nan­cés à hau­teur de 5 % seule­ment par les pa­rents qui ont re­cours à ce ser­vice. C’est en tout 70 ani­ma­teurs qua­li­fiés ou en cours de qua­li­fi­ca­tion pour 900 élèves ac­cueillis de ma­nière ré­gu­lière sur les 1.350 sco­la­ri­sés sur tout le Bri­va­dois. Si l’ob­jec­tif avait été de rap­por­ter de l’ar­gent, il au­rait fal­lu mul­ti­plier par dix le coup de la pres­ta­tion. Et à au­cun mo­ment ce­la n’a été l’in­ten­tion de la com­mis­sion du con­seil com­mu­nau­taire qui s’est pen­chée sur le su­jet en dé­but d’an­née ».

En­fin pour jus­ti­fier la lé­gi­ti­mi­té de cette dé­ci­sion, Guillaume Tron­chère in­siste sur le fait que « sur le Br iva­dois chaque école dis­pose d’un centre d’ac­cueil pé­ri­sco­laire dé­cla­ré au­près de la co­hé­sion so­ciale et qu’une po­li­tique édu­ca­tive avec un pro­gramme de qua­li­té est mise en place sur chaque site. Nous pro­po­sons un temps d’éveil le ma­tin et des ac­ti­vi­tés le soir. Nous sommes loin de la simple gar­de­rie avec un ani­ma­teur pour sur­veiller 50 en­fants en­train de jouer au foot dans la cour. C’est un ser vice de qua­li­té que nous de­vons et que nous pro­po­sons aux fa­milles ».

Une aug­men­ta­tion des ta­rifs an­non­cée

(PHO­TO : PAS­CALE POUJOL)

900 élèves sont ac­cueillis de ma­nière ré­gu­lière en ac­cueil pé­ri­sco­laire sur les 1.350 sco­la­ri­sés du Bri­va­dois.

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