Chro­no­mé­tré pour être in­non­cen­té

La Ruche - - FAITS DIVERS -

Dé­but no­vembre, le jeune homme sus­pec­té d’avoir in­cen­dié le ga­rage Peu­geot, à Co­hade, se­ra chro­no­mé­tré pour prou­ver son in­no­cence lors de la re­cons­ti­tu­tion des faits.

C’est un jo­li coup de Re­naud Por­te­joie. L’avo­cat du jeune sa­peur­pom­pier vo­lon­taire sus­pec­té d’avoir in­cen­dié le ga­rage Peu­geot à Co­hade, en avril der­nier, a for­mu­lé, jeu­di 21 sept e m b re, u n e d e m a n d e in­at­ten­due au pré­sident du tri­bu­nal cor­rec­tion­nel du Puy­en­Ve­lay.

Le con­seil cler­mon­tois a de­man­dé à ce que son client de 21 ans, re­tourne sur les lieux pour pro­cé­der à une re­cons­ti­tu­tion des faits. Car Me Por­te­joie en a l’in­time convic­tion, le jeune ga­ra­giste (dont le contrat chez Peu­geot a été sus­pen­du en at­ten­dant le ju­ge­ment) mis en cause dans cette af­faire est in­noc e n t . E n c o re f a u t ­i l le prou­ver.

Pour ce­la, l’avo­cat pro­pose de chro­no­mé­trer le Deux voi­tures se trou­vant dans le hall d’ex­po­si­tion avaient été in­cen­diées. Les flammes avaient en­dom­ma­gé au moins cinq autres vé­hi­cules.

pré­ve­nu dont la Peu­geot 205 au­rait été fil­mée en­trant sur la zone de Co­hade à 23 h 47 pour la quit­ter à 23 h 52, le 27 avril 2017. S’il ne par­vient pas à « en­jam­ber le por­tail, à for­cer une porte, à al­lu­mer deux feux à des en­droits

dia­mé­tra­le­ment op­po­sés dans le hall d’ex­po­si­tion, à tra­ver­ser l’ate­lier et le bureau de la comp­ta­bi­li­té, à lon­ger les ar­moires dans le noir pour ac­cé­der à un bureau fer­mé à clé et y al­lu­mer un troi­sième feu, le tout en quatre mi­nutes et

qua­rante se­condes, alors la mise en ac­cu­sa­tion s’ef­fondre » , pré­vient Re­naud Por­te­joie.

Cette nuit­là, le jeune bri­va­dois se trou­vait bien sur le sec­teur. Mais il as­sure ne pas être l’in­cen­diaire. Il était sur la route quand il a aper­çu les flammes. Le pom­pier vo­lon­taire se se­rait pré­ci­pi­té vers le ga­rage pour prê­ter main­forte aux sol­dats du feu, sans avoir été en­ga­gé sur l’in­ter­ven­tion par le centre de se­cours. « Je re­con­nais que c’est trou­blant, mais c’est la vé­ri­té, se dé­fend­il. J’aime mon tra­vail et je m’en­tends très bien avec tout le monde. Je n’ai pas in­té­gré la ca­serne des pom­piers pour être py­ro­mane », ga­ran­tit­il.

Mais pour le re­pré­sen­tant du par­quet, sa pré­sence in­ex­pli­quée sur les lieux, con­ju­guée à des dé­cla­ra­tions par­fois éva­sives consti­tue « un fais­ceau d’in­dices prou­vant sa culpa­bi­li­té ». Es­ti­mant la de­ mande de l’avo­cat « intéressante » , Sa­rah Plo­quin ne s’est pas op­po­sée à la re­cons­ti­tu­tion des faits.

Me Sou­lier, ve­nu lui aus­si sol­li­ci­ter un ren­voi du dos­sier à la de­mande de son confrère Me La­croix, l’avo­cat de la vic­time, n’a fait au­cune objection.

Le pré­sident a ac­cep­té la de­mande de sup­plé­ment d’in­for­ma­tion de Me Por­te­joie. Il es­père qu’elle per­met­tra d’éclair­cir quelques élé­ments et no­tam­ment le mo­dèle de la voi­ture fil­mée sur la zone de Co­hade cette nuit­là. Pour l’heure, compte te­nu de la piètre qua­li­té des images, la vi­déo ne per­met­trait pas d’af­fir­mer qu’il s’agis­sait bien d’une Peu­geot 205 comme celle du pré­ve­nu.

La re­cons­ti­tu­tion des faits au­ra lieu le jeu­di 2 n ov e m b re, e n f i n d e jour­née. Les nou­veaux élé­ments se­ront por­tés à la connais­sance des ma­gis­trats à l’au­dience du 6 no­vembre.

« Je n’ai pas in­té­gré la ca­serne pour être py­ro­mane »

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