Les com­mer­çants aux pe­tits soins pour leurs clients

La Ruche - - LA UNE - GÉ­RAL­DINE SEL­LÈS

Le pe­tit com­merce, ja­dis ju­gé « has been », a pour­tant bien des atouts qui le rendent ir­rem­pla­çable. La preuve en neuf points.

Ja­dis ju­gé « has been », le com­merce de proxi­mi­té fait son re­tour sur le de­vant de la scène. Re­vue de ses points forts avec ceux qui en parlent le mieux : les com­mer­çants.

Pa r ce qu e l’ h u m a i n , ça compte. « Quand on rentre dans un pe­tit ma­ga­sin, c’est qu’on a en­vie d’autre chose, d’une consi­dé­ra­tion en tant que per­sonne, de ne pas être qu’une carte ban­caire » , sou­rit Lau­rence Bou­riol de la bou­tique de vê­te­ments In­so­lite. Et là­des­sus, les com­mer­çants de Brioude, en sont convain­cus, ils ont une lon­gueur d’avance sur beau­coup d’en­seignes im­per­son­nelles. Leurs clients, ils les connaissent, les re­con­naissent, s’adaptent à eux. Qui dit mieux ?

Le ser­vice, un atout ir­rem­pla­çable. « Nous, on chou­choute nos clients, confirme le ch a u s s e u r Je an ­ Da­niel Chas­tel. S’il faut les li­vrer, on les livre. L’an­née der­nière, j’ai même ap­por­té une paire de chaus­sures à une cliente qui était hos­pi­ta­li­sée ! »

Un sa­voir- faire ir­rem­pla­çable. « Il y a chez les ar­ti­sans une spé­ci­fi­ci­té qu’on ne re­trouve pas ailleurs », in­sistent Jacques et Syl­vie Le­grand. Et pour goû­ter aux pro­duits de fa­bri­ca­tion mai­son, is­sus de re­cettes ori­gi­nales et de dé­ cen­nies de sa­voir­faire, les clients viennent par­fois de loin. Car ces pro­duits uniques, ar­ti­sa­naux, sont à mille lieues de la stan­dar­di­sa­tion pro­po­sée dans la grande dis­tri­bu­tion.

Parce que rien ne rem­place le conseil per­son­na­li­sé. Dans u n pe t i t co m m e rc e, l e ven­deur connaît sa clien­tèle sur le bout des doigts. Il peut lui of­frir des conseils per­son­na­li­sés. « Je guide les clients en fonc­tion de leurs goûts, je leur fais dé­cou­vrir des livres aux­quelles ils n’avaient pas pen­sé » , in­dique Jo­ce­lyne Al­lard, de la li­brai­rie Ali­néa.

Au­rore Fau­gère du ma­ga­sin de lin­ge­rie Oze, elle, pro­pose des « fit­ting lin­ge­rie » , c’est­à­dire des conseils sur la forme ou le style de sous­vê­te­ments adap­tés à cha­cune. Un re­gard ex­té­rieur et pro­fes­sion­nel que n’of­fri­ra ja­mais au­cun site In­ter­net…

Parce qu’ils offrent des ser­vices pré­cieux. Dans sa mai­son de la presse ou­verte sept jours sur sept, Marc Ar­did offre tout un pa­nel de ser vices, de la pho­to­co­pie à l’im­pres­sion de pho­to, en pas­sant par le pe­sage de lettres. Des ser­vices qui « ont ten­dance à dis­pa­raître » et qu’on est pour­tant bien content de trou­ver le jour où.

Parce qu’on peut avoir de bonnes sur­prises. « Il ne faut pas que les gens s’ar­rêtent à la vi­trine, en se disant : “c’est cher”. On n’a pas que des pro­duits haut de gamme, on pro­pose aus­si en rayon des choses à des prix at­trac­tifs » , ana­lyse Au­rore Fau­gère. Son conseil : oser pous­ser la porte et dé­cou­vrir la ri­chesse des com­merces lo­caux.

Parce que ce n’est pas for­cé­ment plus cher que sur In­ter­net. « Les gens s’ima­ginent sou­vent qu’ils vont trou­ver moins cher sur In­ter­net. Il y a quelques an­nées, c’était peut­être vrai, mais ce n’est plus le cas » , té­moigne Au­rore Fau­gère. À pro­duit com­pa­rable, prix égal, donc.

Pour pré­ser­ver les em­plois lo­caux. En fai­sant ses em­plettes sur son lieu de vie, et non sur In­ter net ou dans les grands centres com­mer­ciaux ur­bains, on pro­tège le tis­su éco­no­mique. Ce­la per­met de main­te­nir l’em­ploi dans notre sec­teur, avant qu’on fi­nisse tous en ville, lance Ni­co­las Du­tour, le res­pon­sable d’In­ter­spor t, qui em­ploie neuf per­sonnes. Si un jour il n’y a plus d’em­ploi, on va tous fi­nir à Cler­mont… »

Parce qu’il y a tout à Brioude. « À Brioude, il y a tout, le tout c’est de pous­ser la porte », s’ex­clame Au­ré­lien Pic, du ma­ga­sin d’élec­tro­mé­na­ger Pro & Cie. Bien sou­vent, les Br iva­dois ignorent que les com­merces lo­caux pour­raient ré­pondre à leur de­mande, si seule­ment ils osaient en­trer se ren­sei­gner. « C’est pour ce­la qu’il y a la Jour­née du com­merce de proxi­mi­té », conclut Au­ré­lien Pic.

Neuf com­mer­çants, neuf bonnes rai­sons de ne plus al­ler cher­cher loin ce que l’on a à por­tée de main.

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