L’an­cien di­rec­teur du Syn­di­cat de ges­tion des eaux du Bri­va­dois tire sa ré­vé­rence

La Ruche - - LA UNE - GÉ­RAL­DINE GAR­CIA ge­ral­dine.gar­cia@cen­tre­france.com

Après 38 ans de car­rière au Syn­di­cat de ges­tion des eaux du Bri­va­dois (SGEB) dont 15 à sa di­rec­tion, Gas­ton Farget s’offre une re­traite bien mé­ri­tée, à 65 ans. Re­tour sur un par­cours, au gré du des­tin.

« J’avais hor­reur des maths, des chiffres et de la comp­ta­bi­li­té » . Gas­ton Farget vou­lait être no­taire. Ou non. Peut­être plu­tôt avo­cat, « pour dé­fendre les gens » , in­siste­t­il. Tout, pour­vu que les maths ne fassent pas par­tie du pro­gramme. En 1973, après son bac et tou­jours aus­si in­dé­cis, il s’ins­crit à l’école de no­ta­riat. Mais aban­donne ra­pi­de­ment. « Je me console au­jourd’hui en pen­sant que mon fils, Sté­phane, a réus­si là où moi j’ai échoué. Il est de­ve­nu no­taire. »

Un par­cours fait d’op­por­tu­ni­tés

L’ a n n é e s u i v a n t e, e n 1974, Gas­ton Farget en­tame alors des études de droit. Mais là en­core, c’est la dés­illu­sion… Il n’ob­tien­dra ja­mais le pré­cieux cé­same. Ce­pen­dant pas de quoi déses­pé­rer : « C’était une autre époque » , un temps où les di­plômes n’avaient peut­être pas au­tant d’im­por­tance qu’au­jourd’hui. « Avant de pos­tu­ler au poste d’agent de bu­reau au Syn­di­cat des eaux, on m’a pro­po­sé une place de di­rec­teur de banque. Que j’ai re­fu­sé. Je ne me voyais pas por­ter la cra­vate. Hors de ques­tion ! La seule que j’ai mise, c’était le jour de mon ma­riage avec Odette. »

Pen­sif, Gas­ton Farget confie : « Ma vraie vo­ca­tion, c’était de de­ve­nir édu­ca­teur spé­cia­li­sé. » Al­truiste. Tour­né vers son pro­chain. Il aime cette idée d’ai­der les per­sonnes en dif­fi­cul­té. Une voie qu’il n’au­ra fi­na­le­ment ja­mais pr ise. Mais il n’a au­cun re­gret. « Ma vie

s’est faite au­tour d’op­por­tu­ni­tés… »

Ori­gi­naire de Saint­Pau­lien, Gas­ton Farget a tout de même tra­vaillé au­près des ado­les­cents du­rant cinq ans. Il était maître d’in­ter­nat. « J’ai été pion au ly­cée Roche Ar­naud au Puy­en­Ve­lay et aux col­lège et ly­cée de Re­tour­nac. J’ai beau­coup ai­mé ces an­nées au­près des jeunes. J’en ai d’ailleurs re­trou­vé

beau­coup par la suite. »

Puis, en 1979, il tombe sur l’an­nonce d’un poste d’ad­joint ad­mi­nis­tra­tif au Syn­di­cat de ges­tion des eaux du Bri­va­dois. « J’ai pos­tu­lé et j’ai été pris. J’ai com­men­cé au bas de l’échelle et j’ai évo­lué en in­terne par la suite. » En 1982, il de­vient res­pon­sable ad­mi­nis­tra­tif. En 2002, il est nom­mé di­rec­teur.

Une as­cen­sion pro­gres­si­

ve que lui voit comme un avan­tage. « Ça m’a per­mis d’être un di­rec­teur ac­ces­sible et dis­po­nible ».

Di­rec­teur et donc ges­tion­naire, Gas­ton Farget a alors dû re­fou­ler sa pho­bie des chiffres. Mais son poste im­por­tant, ne lui a ja­mais fait ou­blier les gens, son pays, ses va­leurs… « Ma plus grande sa­tis­fac­tion, c’est d’avoir re­cru­té des jeunes du ter­ri­toire, des étu­diants du ly­cée de Bon­ne­font, qui se­ront ame­nés à res­ter ici. » Des jeunes qui as­surent au Syn­di­cat des eaux une cer­taine pé­ren­ni­té.

Mais le poste de di­rec­teur n’était évi­dem­ment pas suf­fi­sant. Gas­ton Farge ta été élu maire de Saint­Laurent­Cha­breuges en 2014. « La vie pu­blique me pas­sionne. Je suis un grand dé­fen­seur des ser­vi­ ces pu­blics et des fonc­tion­naires. »

Une re­traite ac­tive

« Ma ma­man était par­tie à la re­traite à l’ âge de 65 ans. C’était un peu de­ve­nu mon chal­lenge, à moi aus­si. » Dé­fi re­le­vé pour Gas­ton Farget. « Il était temps d’ar­rê­ter et de lais­ser la main. Un nou­veau di­rec­teur, c’est aus­si un nou­vel élan, un nou­veau souffle, qui peut être bé­né­fique pour le Syn­di­cat. » Si son suc­ces­seur, Syl­vain Pas­tor, ori­gi­naire du Gard, ne connaît pas le ter­ri­toire, ni ses élus, « il peut ce­pen­dant comp­ter sur moi pour re­ce­voir mes con­seils et bons tuyaux. »

À 65 ans, c’est une page qui se tourne pour Gas­ton Farget. Il en ouvre en re­vanche une nou­velle. Celle d’une re­traite très ac­tive : « Le Syn­di­cat de ges­tion des eaux du Bri­va­dois entre dans une pé­riode dé­ci­sive. J’ai­me­rai gar­der un oeil sur ses pro­jets jus­qu’aux échéances de 2020. » Tout en conci­liant ses cas­quettes de maire et de conseiller com­mu­nau­taire, comme il le fait de­puis trois ans. « Heu­reu­se­ment, c’est as­sez simple de s’oc­cu­per d’une com­mune comme Saint­Laurent­Cha­breuges. Il n’y a pas d’école, pas de ci­me­tière, pas d’église… »

En dé­fi­ni­tive, il n’y a au­cune frus­tra­tion dans le re­gard de Gas­ton Farget. Il est fier de sa car­rière : « Je suis par­ti du bas et je suis ar­ri­vé en haut, alors je n’ai au­cun re­gret. Ce que j’ai fait est fait. Ce que je n’ai pas fait n’est pas fait. De toute fa­çon main­te­nant c’est cuit ! » Son fa­bu­leux des­tin en a dé­ci­dé ain­si.

Son chal­lenge ? Par­tir à la re­traite à 65 ans

Gas­ton Farget, ici dans son bu­reau de maire, ar­ro­se­ra sa re­traite ce ven­dre­di 27 oc­tobre.

En 2015, Gas­ton Farget re­ce­vait la mé­daille d’hon­neur ré­gio­nale, dé­par­te­men­tale et com­mu­nale éche­lon or, des mains du sous-pré­fet de Brioude Her­vé Gé­rin, pour ses 35 ans de car­rière au Syn­di­cat de ges­tion des eaux du Bri­va­dois.

Anne-So­phie Farget, une de ses deux filles est la di­rec­trice de la mé­dia­thèque de Brioude.

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