La pé­nu­rie de beurre épargne la Haute-Loire

La Ruche - - LA UNE - LY­DIA BERTHOMIEU & MA­THILDE FONTÈS

Alors qu’une pé­nu­rie de beurre touche ac­tuel­le­ment les su­per­mar­chés fran­çais, force est de consta­ter que le Bri­va­dois et plus lar­ge­ment le dé­par­te­ment sont re­la­ti­ve­ment épar­gnés.

« Oui, on a du beurre en rayon. Pas dans les quan­ti­tés ha­bi­tuelles, c’est vrai, mais on en a. Le pro­blème, c’est que les gens font du stock, par peur de man­quer, donc les pla­quettes partent vite… » Au ma­ga­sin Car­re­four Mar­ket de Br ioude, c’est donc l’ex­cès de pré­cau­tion des clients qui vide les rayons. Certes, de­puis quelques jours, la France manque de beurre. Mais la Hau­teLoire semble tout de même re­la­ti­ve­ment épar­gnée par cette pé­nu­rie.

« Les be­soins en beurre font que les prix aug­mentent, pour les pro­fes­sion­nels, ad­met le pré­fet, Yves

Rous­set. Mais je n’ai pas connais­sance d’une pé­nu­rie de beurre en Hau­teLoire ».

Et ef­fec­ti­ve­ment, dans la ma­jor ité des en­seignes bri­va­doises, force est de

consta­ter que le beurre ne manque pas. À Ca­si­no, « il en reste un peu, même s’il y a des rayons vides. » Chez Al­di et Liddl, les ra yo n s f ra i s s o n t b i e n acha­lan­dés. Même son de

cloche, à la bio­coop Bri­va­bio et chez les cré­miers du centre­ville. « J’ai du beurre ! Le prix au­quel je l’achète a dou­blé mais j’ai du beurre ! », té­moigne la gé­rante de Perle de fro­ma­ ges. Seule en­seigne obli­gée de s’ex­cu­ser au­près de ses clients, In­ter­mar­ché à Co­hade. « De­puis la se­maine der­nière, nous n’en avons plus. Il nous reste du beurre à tar­ti­ner, du beurre li­quide, de la mar­ga­rine… Mais plus de pla­quette de beurre. »

Lun­di, à l’oc­ca­sion d’une table ronde sur l’ave­nir de la fi­lière lait, or­ga­ni­sée à Chas­sagnes ( voir ci­des­sous), Yannick Fia­lip, pré­sident de la FDSEA de Haute­Loire, a évo­qué le s u j e t . « I l ma n q u e d e beurre car on est dans un contexte où ce pro­duit n’est plus mau­vais pour la san­té, une plus grande par­tie du monde en consomme comme en Asie et après deux ans de crise du lait il y a moins de pro­duc­teurs. Alors le marc­hé a flam­bé. En deux ans, le prix de la tonne a été mul­ti­plié pra­ti­que­ment par trois, de 2.500 € à 7.000 €. Ce­la crée des ten­sions sur le marc­hé. Les in­dus­triels, bou­lan­gers et pâ­tis­siers o n t é t é d’ a c c o rd p o u r ache­ter plus cher, mais pas la grande dis­tri­bu­tion. Mais il faut pen­ser à plus long terme. Du­rant vingt ans ce pro­duit a été dé­va­lo­ri­sé et on a pro­duit du lait moins gras. Re­voir ce sché­ma va prendre au moins dix ans. »

« Le prix au­quel je l’achète a dou­blé mais j’ai du beurre ! »

(PHOTO D’ILLUSTRATION PAS­CAL PROUST)

Le pré­fet « n’a pas connais­sance d’une pé­nue­rie de beurre en Haute-Loire ».

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.