MON­SIEUR JAMÉCONTENT

La Ruche - - AVANT TOUTE CHOSE -

ODE À LA FO­RÊT. « La fo­rêt, c’est en­core un peu du pa­ra­dis per­du. Dieu n’a pas vou­lu que le pre­mier jar­din fût ef­fa­cé par le pre­mier pé­ché ». Mon grand­père n’était pas vrai­ment croyant, mais il ado­rait ci­ter Mar­cel Ay­mé. Une ma­nière pour lui d’im­pres­sion­ner sa « douce », comme il l’ap­pe­lait, mais aus­si de té­moi­gner de toute son ad­mi­ra­tion pour son havre de paix. C’est lui qui tout pe­tit m’a don­né le goût des sous­bois. Je l’ac­com­pa­gnais à la chasse et pour ra­mas­ser des cham­pi­gnons. Et quand ve­nait le re­pas do­mi­ni­cal c’était di­ges­tion obli­ga­toire sur les sen­tiers ar­bo­rés de Vieille­Brioude, Cha­niat ou de Cham­pa­gnac­le­Vieux ! « Tu au­ras sou­vent l’im­pres­sion ici d’être seul au monde, me di­sait­il, mais sou­viens­toi que ce n’est pas le cas. Un jour chas­seur, un jour cueilleur, un jour mar­cheur, veille sur les autres comme tu ai­me­rais que l’on veille sur toi ». Il avait rai­son mon grand­père. Peu im­portent les rai­sons qui nous poussent à nous y re­trou­ver le sa­me­di ou le di­manche après­mi­di nous sommes tous des amou­reux de la ca­no­pée, alors si on pou­vait un peu y mettre du nôtre et es­sayer de co­exis­ter, je suis sûr il se­rait fier pé­pé !

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