Des pistes pour va­lo­ri­ser la fi­lière « lait » du dé­par­te­ment

La Ruche - - LE FAIT DE LA SEMAINE - LY­DIA BERTHOMIEU

En vi­site à Chas­sagnes, le pré­fet de Haute-Loire, Yves Rous­set, et une tren­taine d’ac­teurs de l’ali­men­ta­tion ont dé­cor­ti­qué la fi­lière lai­tière du dé­par­te­ment.

Dans le cadre des États généraux de l’ali­men­ta­tion, une tren­taine d’ac­teurs lo­caux (*) du « lait » se sont re­trou­vés, lun­di après­mi­di, à Chas­sagnes, lors d’une table ronde, pour évo­quer l’ave­nir de cette fi­lière.

Dans ce dé­par­te­ment, qui pro­duit chaque an­née 440 mil­lions de litres de lait, la va­lo­ri­sa­tion de cette pro­duc­tion est es­sen­tielle pour pros­pé­rer, no­tam­ment par la conver­sion au bio.

Pour l’illus­trer, Mi­kael Va­cher, en Gaec avec ses pa­rents, a pré­sen­té son ex­ploi­ta­tion, en re­con­ver­sion de­puis mai 2016.

Avec 80 vaches lai­tières, il pense pro­duire au­tour de 400.000 litres de lait par

an, en bio. « J’avais plus peur avant de me lan­cer. Fi­na­le­ment, il n’y a pas eu beau­coup de chan­ge­ments » , pré­cise­t­il. Le plus im­por­tant concer­nant les cultures, no­tam­ment pour la ro­ta­tion des

pro­duc­tions sur les par­celles. « Nous pas­sons au bio sur­tout pour le prix. » Ac­tuel­le­ment, la tonne de lait est à 330 € en agri­cul­ture conven­tion­nelle, contre 430 en bio. « Il fau­drait que la tonne soit à 380 en

agri­cul­ture conven­tion­nelle et 450 en bio » , in­siste Yannick Fia­lip, pré­sident de la FDSEA de Hau­teLoire. « Le bio, c’est plus cher, mais notre ob­jec­tif, c’est d’avoir un prix juste. »

D’ailleurs, en Haute­Loire, « ce n’est pas le marc­hé mais les pro­duc­teurs qui manquent », ajoute Ré­gine Ten­dille, ré­fé­rente bio à la Chambre d’Agri­cul­ture.

Pour les re­pré­sen­tants de l’UFC Que Choi­sir de Haute­Loire, le dé­par­te­ment est fa­vo­rable au bio, avec un pa­nier à 155 €, contre 161 € au ni­veau na­tio­nal. C’est ce que montre une étude réa­li­sée en sep­tembre.

Pour as­su­rer la pé­ren­ni­té de la fi­lière en Haute­Loire, d’autres pistes ont été évo­quées, comme la for­ma­tion des étu­diants ou le dé­ve­lop­pe­ment de la trans­for­ma­tion du lait en pro­duits AOP.

Le pré­fet, Yves Rous­set, a pré­ci­sé : « On peut s’ap­puyer sur les marques Haute­Loire ou Au­vergne pour pros­pé­rer s’il n’y a pas le bio. Mais aus­si sur des fi­lières courtes », comme la res­tau­ra­tion hors foyer, la grande dis­tri­bu­tion ou la vente di­recte.

Dans le dé­par­te­ment, l’im­por­ta­tion consti­tue aus­si une so­lu­tion, en France et à l’in­ter­na­tio­nal.

En­fin, la né­ces­si­té d’amé­lio­rer la com­mu­ni­ca­tion a fait l’una­ni­mi­té. De la part des ins­ti­tu­tions mais aus­si des agr icul­teurs, à l’image de Mme Va­cher, qui ac­cueille en­vi­ron 2.000 per­sonnes sur l’ex­ploi­ta­tion chaque an­née pour « trans­mettre une belle image de notre mé­tier. »

« Le bio c’est plus cher, mais notre ob­jec­tif, c’est d’avoir un prix juste ! »

(*) Consom­ma­teurs, trans­for­ma­teurs, col­lec­teurs, pro­duc­teurs, grande dis­tri­bu­tion et élus

Le pré­fet Yves Rous­set et une tren­taine de per­sonnes étaient à Chas­sagnes.

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