En manque d’eau po­table

La Ruche - - FAITS DIVERS -

L’au­tomne est sec et les nappes phréa­tiques se vident. Les li­vrai­sons d’eau po­table vers les ré­ser­voirs sont dé­sor­mais quo­ti­diennes sur la zone de Saint-Ma­ry-le-Plain et Mo­lèdes. La Mar­ge­ride est im­pac­tée, mais moins sé­vè­re­ment.

Ce­la n’a échap­pé à personne. Ces der­niers mois, le manque in­ha­bi­tuel de pré­ci­pi­ta­tions est criant. Le ni­veau des cours d’eau, très bas sur cer­taines com­munes, est dit en étiage sé­vère. Mais ce n’est là que la par­tie vi­sible de l’ice­berg. Les nappes phréa­tiques souffrent, elles aus­si, d’un abais­se­ment ex­cep­tion­nel. Et si les usa­gers, en tour­nant le ro­bi­net, ne per­çoivent pas im­mé­dia­te­ment cette ca­rence en eau, c’est le fruit d’une or­ga­ni­sa­tion mise en place de­puis le 17 oc­tobre.

« Nous sommes en rup­ture d’ali­men­ta­tion, constate Sé­bas­tien Ve­drines, di­rec­teur du syn­di­cat des eaux de la Gran­geoune. Nous n’avions pas connu pa­reille si­tua­tion de­puis 2011, et avant ça, en Les ca­mions as­surent plu­sieurs ro­ta­tions quo­ti­diennes jus­qu’au réservoir d’eau po­table.

2003 » . Pr in­ci­pa­le­ment tou­chés, les sec­teurs de Saint­Ma­ry­le­Plain et une par­tie de Bon­nac, soit en­vi­ron 200 ha­bi­tants, re­çoivent un ap­pro­vi­sion­ne­ment i n d i re c t e n e a u . In d i re c t c a r l e s 3 0 m3 jour­na­liers sont dé­ver­sés dans le réservoir du châ­teau d’eau. Le pré­cieux li­quide est cap­té, « sur le ré­seau ac­tuel­le­ment ex­cé­den­taire de Mas­siac », in­dique le res­pon­sable du syn­di­cat. Le trans­por t quo­ti­dien de l’eau par ca­

mion­ci­terne, d’une ca­pa­ci­té de 15 m3 (125 € la ro­ta­tion), né­ces­site une at­ten­tion sa­ni­taire par­ti­cu­lière. Les ré­per­cus­sions de la sé­che­resse at­teignent éga­le­ment les com­munes de Lau­rie et Mo­lèdes, où là aus­si, une li­vrai­son q u o t i d i e n n e d e 1 0 m3 d’eau po­table est as­su­rée de­puis le 17 oc­tobre. La Mar­ge­ride, en étiage sé­vère, n’ e s t p a s é p a rg n é e mais dis­pose de res­sources suf­fi­santes pour re­vendre de l’eau aux com­mu­ nes voi­sines plus for­te­ment im­pac­tées. « On ar­rive à gé­rer, ex­plique Ju­lien Blas­quez du syn­di­cat d e l a Ma r g e r i d e n o rd , mais les ni­veaux ont ten­dance à bais­ser au fil des ans ».

Les au­to­ri­tés avaient an­ti­ci­pé le phé­no­mène. Dès le 24 août, un ar­rê­té pré­fec­to­ral li­mi­tait la consom­ma­tion d’eau pour l’ar­ro­sage des po­ta­gers et ter­rains de sport. Les agri­cul­teurs sont sou­mis à des contraintes si­mi­laires. Concrè­te­ment, il s’agit de faire la chasse au gas­pillage. La di­rec­tive pre­nant fin le 30 sep­tembre, les maires ont pour­sui­vi l’obli­ga­tion de res­treindre ces usages par des ar­rê­tés mu­ni­ci­paux.

Tous ont dé­sor­mais les yeux le­vés vers le ciel, at­ten­dant la for­ma­tion de nuages an­non­cia­teurs de pluie. Car il y a un temps de la­tence. Les nappes phréa­tiques ne vont pas se « re­char­ger » en un jour. « On peut te­nir as­sez long­temps, es­time Sé­bas­tien Ve d r i n e s , e n v i r o n u n mois ».

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