« Il n’y a que des grandes scènes »

La Ruche - - Brioude - PRO­POS RE­CUEILLIS PAR GÉ­RAL­DINE GAR­CIA

L’hu­mo­riste vos­gien Claude Va­no­ny se­ra en spec­tacle sur la scène de la Halle aux grains ce di­manche 11 no­vembre à 15 heures, in­vi­té par le Co­mi­té des fêtes.

■ « Je suis dé­jà ve­nu deux fois à Brioude, il y a quelques an­nées, mais je ne pour­rais pas vous dire quand exac­te­ment. J’ai un ca­len­drier bien rem­pli ! »

Cha­peau de feutre, che­mise blanche, gi­let en peau de vache, bre­telles et sa­bots de bois… Il a tout du pay­san vos­gien, même l’ac­cent. Il vient ain­si faire rire Brioude pour la troi­sième fois. Et à l’image de l’ar­tiste, le pu­blic est loin de se las­ser… Ren­contre avec un hu­mo­riste in­fa­ti­gable.

Vous connais­sez Brioude ?

J’y suis ve­nu deux fois, mais je n’ai ja­mais eu le temps de vi­si­ter la ville. En re­vanche, je connais bien la chaîne des puys. J’ai une fille qui vit près de Cler­mont­Fer­rand. Je lui rends vi­site de temps en temps. Moi qui aime les sports de na­ture, en Au­vergne, je suis ser­vi !

Vous faites beau­coup de sport ?

J’étais prof de gym avant. J’en­sei­gnais la voile et le ski dans une base de plein air. Alors je fais en­core pas mal de sport, du vé­lo, de l’es­ca­lade… Des sports de na­ture. Je n’aime pas les sports où il y a des règles et des ar­bitres pour les faire ap­pli­quer. En es­ca­lade, o u e n v o i l e, q u a n d o n tombe ou qu’on des­sale… On est les seuls res­pon­sables. La faute n’ap­par­tient à per­sonne sauf à toi.

Vous qui avez fait l’Olym­pia, vous ap­pré­ciez au­tant les pe­tites scènes que les grandes ?

Il n’y a pas de pe­tites scènes, il n’y a que des grandes scènes. À par­tir du mo­ment ou le ri­deau s’ouvre et que le pu­blic est pré­sent, le but est de faire rire, que l’on soit à Pa­ris ou ailleurs.

Et le pu­blic, il y a une dif­fé­rence entre ce­lui des villes et des champs ?

Un j o u r , o n m’ a d i t qu’une femme de 95 ans était sor­tie de chez elle pour voir mon spec­tacle alors que per­sonne ne la voyait ja­mais nulle part. Où qu’on soit, on re­çoit des rires et de la sym­pa­thie, et c’est ça qui me plaît.

En 63 ans de scène, c’est tou­jours le même plai­sir ? La re­traite, ce n’est vi­si­ble­ment pas pour tout de suite…

Le mot « re­traite » ne fait pas par­tie de mon vo­ca­bu­laire ! On ne lasse pas de la scène, on s’y amuse. On y prend le même plai­sir que le pu­blic. Le jour où je n’au­rais plus en­vie, j’ar­rê­te­rai… Mais ce qui est bien, c’est qu’avec le co­mique, on ne peut pas tri­cher. Il n’y a que deux choses qui pour­raient me faire ar­rê­ter : d’abord, si on ne veut plus de moi. Puis, la san­té. Mais quelque chose de grave. Parce q u e p o u r mon d e r n i e r spec­tacle, j’ai cru que je ne pour­rais pas mon­ter sur scène à cause d’une ex­tinc­tion de voix. Mais une pi­qûre plus tard grâce à l’in­fir­mière, j’étais sur scène.

De quoi vous riez dans votre spec­tacle ?

De tout ! Mais sans ja­mais au­cune vul­ga­ri­té. J’ai eu le prix Fer­nand­Ray­naud en 1988, qui ré­com­pense les hu­mo­ristes de la même veine que lui et j’y tiens ! Je fais tou­jours at­ten­tion de ne pas cho­quer.

Au­jourd’hui je fais des sketches sur les ra­dars, les té­lé­phones por­tables… J’aime com­pa­rer le pas­sé et le pré­sent. Rap­pe­ler qu’à l’époque de mes pa­rents, les gens fai­saient leurs be­soins dans des pots de chambre et ne se la­vaient qu’à la fon­taine à l’éponge deux fois par se­maine, alors qu’au­jourd’hui nous avons la douche et la chasse d’eau.

De temps en temps, mon hu­mour passe aus­si lé­gè­re­ment en des­sous de la cein­ture, mais tou­jours avec beau­coup de dé­li­ca­tesse et de sous­en­ten­dus… Puis, je ne m’at­taque à per­sonne, sauf à moi même. Mon spec­tacle est vrai­ment pour tous les pu­blics !

L’in­fa­ti­guable hu­mo­riste Claude Va­no­ny, 83 ans dont 63 ans de scène.

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